L'Iran désemparé face au printemps arabe
Kenza Daldoul
Kenza Daldoul
L'Iran s'invite dans le printemps arabe. Mardi 9 juillet, un officiel iranien s'est rendu en Egypte pour la première fois depuis la chute du président Hosni Moubarak. Alaeddin Boroujerdi, chef de la commission parlementaire des Affaires Etrangères, s'est entretenu avec des officiels égyptiens et avec Nabil al-Arabi, secrétaire général de la Ligue arabe.
Cette visite annonce une reprise possible des relations diplomatiques entre le Caire et Téhéran, suspendues en 1980 suite aux accords israélo-égyptiens de Camp David. "Alors que les relations entre l'Egypte et l'Iran - les deux nations les plus vieilles et plus peuplées de la région - iront en s'améliorant, la compétition risque de s'intensifier entre elles", écrit Karim Sadjadpour, expert à la Fondation Carnegie pour la paix internationale.
L'influence du Caire sur les pays arabes avait connu un déclin majeur dès la fin des années 1960, laissant le champ libre à l'Iran pour s'imposer comme puissance régionale. Mais la révolution égyptienne pourrait modifier cet équilibre si le pays parvient à instaurer "un modèle démocratique combinant tolérance politique, prospérité économique et une diplomatie compétente", d'après Karim Sadjadpour.
En effet, selon lui, l'Iran a perdu la bataille idéologique face aux valeurs clamées par les peuples du printemps arabe. Les soulèvements populaires ont mis en lumière la péremption de l'idéologie révolutionnaire iranienne fondée sur un anti-occidentalisme accru et un contrôle strict de la société. Et la nature séculaire des révoltes est un coup porté à l'essence même du modèle iranien. D'autant plus que les clivages religieux entre l'Iran chiite et les pays arabes sunnites avaient déjà bloqué l'exportation d'un régime clérical.
L'Etat iranien s'isole face aux bouleversements du printemps arabe, comme le reflète ses choix de politique régionale.
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Lors de sa visite au Caire, le responsable iranien a réitéré le soutien de son pays au régime de Bachar al-Assad, un de ses alliés les plus proches. Cette prise de position contraste avec la condamnation de la répression en Syrie par plusieurs pays voisins. En effet, l'Arabie saoudite, le Koweït et Bahreïn, qui ont rappelé leurs ambassadeurs cette semaine, se sont joints à la dénonciation des violences en Syrie. Cela intervient dans un contexte déjà tendu entre l'Iran et le royaume wahhabite qui cherche à affaiblir son principal concurrent régional.
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Reste à voir si l'Iran saura tenir compte des leçons des révoltes arabes, avant que celles-ci n'y fassent des émules.
Kenza Daldoul
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