L'Espagne, à nouveau dégradée, refuse l'idée d'une décote de sa dette

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L'hypothèse d'un "haircut " sur la dette souveraine afin de calculer les besoins en capital des banques inquiète les politiques et le secteur bancaire.

Après Fitch et Standard & Poor's, l'agence de notation Moody's a baissé mardi soir la note de l'Espagne de deux échelons, la faisant passer de Aa2 à A1. C'est la troisième dégradation pour le pays en moins de deux semaines. Prévisions de croissance faible (+ 1% en 2012 selon Moody's), perspectives économiques internationales révisées à la baisse et déficit des comptes publics, notamment à cause des finances des régions, justifient, entre autres, cette dégradation. Moody's estime que le déficit sera de 6,5 % cette année, contre les 6 % prévus par le gouvernement, et de 5,2% en 2012, contre 4,4% prévus.

Toutefois, l'agence met surtout l'accent sur l'absence de solution crédible à la crise de la zone euro. Moody's juge en effet que les besoins élevés de financement de l'Espagne, et ses difficultés pour accéder aux marchés, le taux à 10 ans se rapproche des 6%, la rendent vulnérable. Mardi, le Trésor a néanmoins capté 4,6 milliards d'euros à un taux à peine supérieur à celui d'un mois auparavant.

Avertissement de Moody's

"Ce faisant, Moody's lance un avertissement à l'UE avant le Conseil européen de dimanche, afin qu'elle résolve rapidement la crise", considère Soledad Pellón, analyste chez IG Markets. La réunion doit aborder la recapitalisation du secteur bancaire. Parmi les hypothèses de travail de l'Autorité Bancaire Européenne (EBA) pour calculer les besoins en capital des banques, figurerait la possibilité d'une décote fictive de la dette souveraine espagnole qui, d'après la presse du pays, pourrait être de 5% à 20%.

Cette hypothèse de travail a éveillé les inquiétudes, non seulement du secteur bancaire, mais aussi de la classe politique. Mariano Rajoy, leader de droite et favori des élections du 20 novembre, a appelé mardi José Luis Zapatero à défendre la dette espagnole. Le même jour, le président de la banque Santander, Emilio Botín, critiquait l'idée d'une recapitalisation sans distinction des banques européennes sans régler auparavant le problème de la dette souveraine. Mercredi, le quotidien économique "Expansión" titrait en une : "Une décote de la dette publique serait un drame".

"Le problème principal de l'économie espagnole réside dans la contraction du crédit. Tout ce qui affecte négativement les banques est donc une mauvaise nouvelle pour l'économie", explique Valentín Pich, président du Conseil général des économistes. Un communiqué de la Confédération des Caisses d'Épargne (CECA) soulignait d'ailleurs mercredi que ce changement des "règles du jeu" suppose "une grave menace pour la capacité de reprise de l'économie, spécialement des familles et des PME, pouvant retarder la sortie de crise".

La CECA ajoute que "l'état des finances publiques espagnoles ne justifie pas l'application de "haircuts" de la dette publique. Ainsi, tant les prévisions de déficit public que le ratio de dette sur le PIB montrent clairement la force supérieure de notre économie par rapport aux pays" qui ont reçu l'aide de l'UE.

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Commentaires
a écrit le 19/11/2011 à 16:53 :
la peur doit changer de camps !! si un pays est seul en faillite parmi tous les autres pays prospères, c'est pas bon pour lui ... mais si beaucoup de pays sont en faillite , si ils acceptent de le reconnaitre et qu'ils décident de coopérer , par exemple en organisant une faillite coordonnée, alors ils peuvent être maître de la situation en ruinant les créanciers et en nationalisant et dépeçant les créanciers situés sur leur territoire. et tant pis pour les caisses de retraite américaines et canadiennes ..
a écrit le 18/11/2011 à 14:57 :
Jacques Chirac etait contre l'entre dans l'Europe de l'Espagne et Portugal ...

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