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ÉconomieInternational

La France n'en démord pas : le FESF doit se transformer en banque

latribune.fr avec Reuters

Publié le 23 octobre 2011 à 11:57 - Mis à jour le 23 octobre 2011 à 12:00

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La France n'a pas renoncé à convaincre l'Allemagne de transformer le fonds de soutien à l'euro en banque pour lui permettre d'accéder aux liquidités de la BCE et s'appuie pour cela sur des soutiens qui vont au-delà des cercles européens.

Alors que se profile le sommet du G20 de Cannes, début novembre, les Etats-Unis, les grands pays émergents et le Fonds monétaire international (FMI) poussent en coulisses pour que les pare-feux érigés par les Européens soient les plus solides possibles et impliquent l'institution de Francfort.

"Le problème n'est pas la Grèce, mais d'installer un pare-feu efficace pour éviter une contagion au reste de la zone euro", a résumé une source proche du G20, qui insiste sur les risque que font peser les tergiversations européennes sur la reprise mondiale.

"Pour cela, il faut la taille et la rapidité. Le problème avec un véhicule spécial est que ça prendra du temps à mettre en place et que sa taille ne suffira pas nécessairement. Seule la BCE dispose de la taille et de la rapidité d'action nécessaire", a ajouté cette source.

Paris peut également s'appuyer sur le soutien plus ou moins actif de pas moins de 14 pays sur 17 au sein de la zone euro, seuls les Pays-Bas et la Finlande serrant les rangs avec Berlin.

Les délégations italienne, espagnole ou belge sont particulièrement actives pour défendre la position française, indique-t-on de source européenne.

"Les Français ne veulent pas en démordre et insistent sur leur idée. Leur position n'a pas changé", a expliqué dimanche matin un diplomate d'un grand pays de la zone euro favorable aux positions défendues par Nicolas Sarkozy.

Une autre source a indiqué que si le ministre français de l'Economie, François Baroin, avait suggéré vendredi soir une flexibilité sur cette question, c'était avant tout pour ouvrir la porte à de possibles concessions mutuelles entre les différents aspects de la réponse à la crise sur lesquels planchent les Européens.

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Car si les Allemands s'opposent à la transformation du Fonds européen de stabilité financière (FESF) en banque et au fait de laisser la BCE devenir prêteur en dernier ressort en Europe, les Français refusent quant à eux d'entériner la décote de jusqu'à 60% que réclame Berlin sur les titres grecs.

BCE

Une inconnue demeure: la position de la Banque centrale européenne, une fois que Jean-Claude Trichet en aura quitté la présidence, le 31 octobre.

Le Français est hostile à cette double évolution du FESF et de l'institution de Francfort mais son successeur, l'Italien Mario Draghi, actuel gouverneur de la Banque d'Italie et jugé plus pragmatique, n'y serait pas forcément opposé.

"Il est plus que probable que l'Italie soit du côté de la France contre les positions plus dures défendues par l'Allemagne et les Pays-Bas", confirme-t-on au Trésor italien.

L'arrivée prochaine du "pragmatique" Jörg Asmussen au conseil de la BCE en remplacement du "faucon" Jürgen Stark comme représentant de l'Allemagne ainsi que celle possible d'un Français qui remplacerait numériquement Jean-Claude Trichet pourraient également infléchir la position du gardien de l'euro.

Dans le passé, la BCE avait pareillement tracé des "lignes rouges", comme son refus absolu de racheter des emprunts d'Etat sur les marchés ou d'envisager une décote de la dette grecque, pour se voir contrainte d'y renoncer sous la pression d'une aggravation de la crise.

Pour maximiser la puissance de tir du FESF, l'Allemagne et la BCE plaident pour un mécanisme d'assurance partielle des titres de dette souveraine des pays de la zone euro.

Une autre solution envisagée serait la création d'un véhicule spécial alimenté notamment par des fonds souverains étrangers et aux ressources duquel le Fonds européen aurait accès.

latribune.fr avec Reuters

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