L'austérité comme seule réponse au défi de la dette souveraine

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L'Europe a-t-elle raison de choisir d'accélérer la rigueur budgétaire pour soigner la crise de la dette souveraine ? Cette réponse, imposée par Bruxelles et Berlin, est contestée par beaucoup d'économistes.

Vu l'explosion des déficits publics, l'idée que la consolidation budgétaire fait partie de la réponse à la crise s'est facilement imposée. En 2009 et 2010, les États de la zone euro ont dû en moyenne s'endetter à hauteur de 6 % de leur PIB pour financer l'excès des dépenses sur leurs recettes. « Ce n'est pas une politique soutenable », a maintes fois répété le commissaire en charge des affaires monétaires. L'emballement de la crise de l'euro semble lui donner raison.

Sous l'impulsion d'Olli Rehn, l'ensemble de la zone euro s'est engagé depuis 2010 sur la voie d'une consolidation générale des finances publiques avec, en ligne de mire, des déficits autour de 3 % du PIB en 2013 et un rythme impératif de réduction du stock de dettes. Signe que la gouvernance économique européenne est déjà une réalité, cela s'est fait d'une façon relativement coordonnée et selon les lignes arrêtées en concertation avec Bruxelles.

Le commissaire finlandais, chargé de veiller au respect des critères de Maastricht et pressenti par certains pour devenir une sorte de ministre des Finances de l'Eurozone, a embrassé la doctrine Trichet. Une doctrine dont la lettre du président de la Banque centrale européenne au Premier ministre italien, datée du 5 août, offre un bon résumé : réduction des déficits « principalement via des coupes dans les dépenses », « révision des règles d'embauche et de licenciement », « réforme du système de négociation collective », resserrement des critères d'attribution des retraites.

Mercredi matin, à Bruxelles, les négociateurs parlaient d'annexer aux conclusions du sommet la lettre d'intention italienne où Silvio Berlusconi détaille son programme de réformes. Cette symbiose politique entre la Commission européenne et la BCE répond à une logique institutionnelle et politique.

Les « réformes structurelles » sont également au centre de l'« examen annuel de croissance », autrement dit le programme politique proposé par la Commission en janvier 2011 et sur la base de laquelle les pays de la zone euro sont censés arrêter leurs propres orientations budgétaires et de réforme.

Un peu de relance

Cette offre politique, parce qu'elle semble en ligne avec les critères de Maastricht, satisfait la demande allemande de rigueur et d'austérité. En conséquence, la réponse européenne à la crise reste pour l'instant essentiellement une politique d'austérité et de désengagement public. Or, ces choix sont contestés. Les économistes, comme Paul Krugman, voient dans cette austérité coordonnée la recette de la prochaine récession. Les États-Unis plaident, jusqu'à présent en vain, pour un peu de relance.

Surtout, même les plus fédéralistes qui voient dans la crise une occasion de progresser vers l'union politique, s'interrogent à la fois sur le bien-fondé et sur la légitimité de cette politique. « L'examen annuel de croissance équivaut à une déclaration de politique générale. Normalement, c'est quelque chose qui se vote », explique l'eurodéputé belge Philippe Lamberts (Verts). « Aujourd'hui, dans beaucoup de pays, les engagements pris vis-à-vis de la Commission européenne, au nom de la gouvernance économique, ne jouissent pas d'une base de légitimité forte », ajoute-t-il. Sauf en Allemagne et aux Pays-Bas, les Parlements ne sont que très indirectement associés à ces choix. Si la Commission devait devenir, après une éventuelle réforme des traités, le véritable gouvernement économique de l'Europe, comme certains le proposent, la question de son contrôle démocratique sera plus que jamais posée.

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Commentaires
a écrit le 06/11/2011 à 15:00 :
Qu'es ce a dire la grande distribution ceci, cela ! Les consommateurs veulent les prix les plus bas possible et l'europe n'y est pour rien ! Ils sont des dizaines de millions ,vous etes peu nombreux et en plus consommateurs vous memes qui choisissez, on le sait ,les prix les plus bas quand vous achetez et hurlez que les autres n'achetent pas vos produits qui sont plus cher que les autres !!!A vomir.............
a écrit le 06/11/2011 à 10:17 :
L'euro fort a détruit notre industrie,la rigueur détruira notre consommation.Quand il n'y aura plus rien a détruire,les financiers iront voir ailleurs.Et nous ,nous ferons un retour dans le temps ,disons vers le moyen age...
Réponse de le 06/11/2011 à 10:58 :
L'Euro n'est pas seul respnsable.
Les conditions de travail jugées inacceptables par une fraction des salariés,invite à la délocalisation.
Il existe aussi une absence de contrôle des changes,d'autorisation de licences,de gel des prix envers la Gde Distri,laquelle maltraite ses fournisseurs etc ,etc,donc l'Euro c'est Peanut's
a écrit le 06/11/2011 à 9:04 :
le volet relance est forcément envisagé mais la rigueur est un passage obligé. c'est valable pour tout budget quel qu'il soit ,et raison de plus quand il s'agit de celui de la France.dans tous les cas de figures , il faut lutter contre l'endettement qui est le cancer de tous les pays européens.
a écrit le 05/11/2011 à 19:40 :
On a les hommes politiques que l'on mérite. Rien n'oblige à les conserver.
a écrit le 27/10/2011 à 13:43 :
Sans l'Europe, Chine = 0 et US = 0 ---> L'Europe : 1ere ---->Arroser copieusement de dettes (papier obligataire US et bientôt Chinois, c'est le même) via la BCE / Grandes Banques + Mal noter la machine à crédit des Etats et faire bouillir lentement + Faire jouer risque du système bancaire (les pauvres) ........ et on obtient ? UNE EUROPE MALADE AU LIT POUR 20 ANS ET QUI BANQUE A TAUX PLEINS..... pour permettre aux autres de se refaire une santé avant de passer A TABLE ET DE NOUS BOULOTTER TOUS CRUS....... à quand la T.Eiffel à Carlyle (la meilleure vue de ses +35.000 m² d'appartements Haussmann, merci Olivier S.) ? Le Grand Palais à Wallmart ? Mais qui donc peut fiche en l'air tout ca ? Nous ? En se rappelant que tout le système tient pas la dématérialisation de la monnaie ? .....
a écrit le 27/10/2011 à 13:04 :
L'austérité à perpet, c'est beau l'avenir!
a écrit le 27/10/2011 à 13:04 :
http://www.gao.gov/new.items/d11696.pdf - j'aimerai qu'on m'explique pourquoi nos états (publics) continuent de couvrir nos banques (privées) quand celles-ci utilisent les fonds (prêts à taux 0%) reçus de la Fed depuis 2007 (Deutsche Bank $354 billion, BNP Paribas $175 billion ...) pour faire joujou sur les marchés (certains US) et défiscaliser les gains (champagne !) et se déclarer en risque crédit au pied de la BCE (façon clodos) pour le reste. A coté de cela, les banques n'ont jamais un seul euros de patrimoine réel dans la balance et vont nous expliquer que les caisses de retraites sont vides et la sécu déficitaire ! SOIT la politique adapte l'économie au besoin des citoyens, SOIT les citoyens crèvent ... Ach ! Un Nouvel Ordre Mondial ???
a écrit le 27/10/2011 à 10:22 :
S'il est vrai qu'il soit nécessaire de faire une cure d'amaigrissement il nous faut en même temps investir dans l'avenir.
Alors, ok, il faut serrer les boulons sur le budget fonctionnement mais il est nécessaire d'emprunter sur du long terme pour l'investissement créateur de richesses.
Nous ne parlons souvent que des économies à faire par l'Etat... alors que les économies doivent commencer au niveau des collectivités locales ou règnent la démagogie et les distributions gratuites...(communes, intercommunalités, conseils généraux, conseils régionaux et tous les syndicats satellites que l'on trouvent ici et la ...
a écrit le 27/10/2011 à 8:54 :
Que les commissaires européens donnent l'exemple de l'austérité en réduisant leur train de vie, salaire et indemnités.
a écrit le 27/10/2011 à 5:03 :
L'austérité comme seule réponse à la crise européenne c'est bonjour les dégâts. Le chômage va exploser avec son cortège de victimes et de malheureux. Mais de toute façon il n'y a pas de solution miracle. C'est échec et mat.

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