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ÉconomieInternational

Sarkozy satisfait de l'accord sur la Grèce

latribune.fr avec Reuters

Publié le 27 octobre 2011 à 04:04 - Mis à jour le 27 octobre 2011 à 04:05

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Le nouveau plan pour la Grèce adopté jeudi représente un succès certain pour Nicolas Sarkozy même si la France a dû céder sur certains points importants à son grand partenaire allemand pour présenter un front commun à leurs partenaires. Ils étaient notamment en désaccord sur rôle de la Banque centrale européenne (BCE).

Nicolas Sarkozy juge que l'accord sur la Grèce est un succès français. Le président de la République a souligné le "caractère historique" des décisions prises lors du sommet européen de mercredi soir, en déclarant espérer qu'elles permettraient de "pacifier les marchés" et de permettre à la Grèce, avec une dette publique divisée par deux, de retrouver "le chemin d'une croissance normale". "Je crois que le résultat sera accueilli avec soulagement par le monde entier, qui attendait des décisions fortes", a précisé le chef de l'Etat qui expliquera sa position aux Français aux ce jeudi soir lors d'une interview télévisée.

Dans le détail, il s'est félicité qu'une faillite de la Grèce ait été évitée grâce à l'accord conclu avec les banques, qui ont accepté d'effacer 50% de la valeur de leurs titres de dette grecque alors que des voix s'étaient élevées, notamment en Allemagne, pour que le monde financier soit plus lourdement mis à contribution, si nécessaire sans son consentement.

"La France souhaitait éviter le drame qu'aurait représenté un défaut de la Grèce", a-t-il déclaré en traçant un parallèle avec la crise déclenchée par la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers en 2008.

Autre sujet de satisfaction, Nicolas Sarkozy n'a pas manqué de relever que le sommet avait validé la mise en place d'un gouvernement économique de la zone euro. Cette idée était couvée de longue date par la France mais était inenvisageable jusqu'à une période récente aux yeux de l'Allemagne, qui s'y est finalement ralliée sous la pression de la crise.

Les 17 se réuniront désormais en sommet au moins deux fois par an et éliront bientôt un président. Ils acceptent en outre d'engager une convergence de leurs politiques économiques et fiscales, certes à des conditions fixées par Berlin : ils sont invités ainsi à adopter avant la fin 2012 une "règle d'or" de bonne conduite de leurs finances publiques "si possible" dans un cadre constitutionnel.

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LE RÔLE DE LA BCE FAIT DÉBAT

Unis dans leur détermination à sauver l'euro, au point d'indisposer leurs partenaires qui vivent parfois mal leur "cavalier seul", les deux poids lourds de la zone euro ont encore des sujets de friction, qui tournent pour l'essentiel autour du rôle de la Banque centrale européenne (BCE).

Gardienne tatillonne de l'indépendance de l'institution de Francfort, l'Allemagne est hostile à tout ce qui pourrait apparaître comme des instructions à la BCE ou la faire sortir de son objectif numéro un qu'est la lutte contre l'inflation.

La chancelière Angela Merkel a imposé un veto très clair à une proposition française, pourtant soutenue par une grande majorité des pays de l'euro, visant à octroyer une licence bancaire au fonds d'urgence européen, le FESF, qui lui aurait permis d'avoir un accès illimité aux ressources de la BCE pour se refinancer.

Et elle s'est pareillement braquée quand Paris a tenté d'obtenir en échange dans le communiqué final un engagement de la banque centrale à continuer d'intervenir sur les marchés secondaires de la dette pour soutenir les cours des emprunts des pays en difficulté.

Mario Draghi, qui prend le 1er novembre la présidence de la BCE, est finalement intervenu de son propre chef pour donner les assurances souhaitées par Paris.

"La déclaration de (Mario) Draghi n'a pas été faite par hasard", relève-t-on côté français, en indiquant que Nicolas Sarkozy a parlé au téléphone cette semaine au successeur de Jean-Claude Trichet. "L'indépendance réclame la discussion" avec les responsables politiques, ajoute-t-on pour expliquer la nature des relations avec la BCE.

La France a dû enfin se rallier aux mécanismes envisagés pour démultiplier les moyens du FESF, afin d'enrayer tout risque de contagion de la crise grecque à d'autres pays, même si elle en souligne la complexité.

"A l'arrivée, il y a ce qu'on a toujours défendu à savoir que le 'firewall' ne sera un 'firewall' que s'il y a du capital, un effet de levier et donc d'une manière ou d'une autre une banque", fait-on valoir de sources françaises. Les déclarations de Mario Draghi au nom de la BCE complèteraient un tableau présenté comme finalement très proche des positions défendues initialement par la France.

latribune.fr avec Reuters

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