La croissance thaïlandaise a chuté après les inondations

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Le centre économique de Bangkok reste épargné par la montée des eaux qui ravage le nord du pays, mais la progression du PIB a été revue à la baisse, de 4,1 % à 2,8 %.

Le centre-ville de Bangkok va-t-il être épargné par les eaux ? La crue du fleuve Chao Phraya, qui traverse la ville, rencontre les grandes marées du golfe de Thaïlande, 20 km plus au sud, ce qui fait craindre pour les défenses anti-inondations de cette mégapole de 12 millions d'habitants.

C'est le danger que redoutent les autorités, la capitale de la Thaïlande comptant à elle seule pour 40 % du PIB du pays. Car outre un bilan humain déjà élevé - près de 400 morts et 2 millions d'habitants affectés -, les inondations, provoquées par d'exceptionnelles pluies de mousson qui ravagent le nord du pays et la périphérie de Bangkok depuis la mi-juillet, ont des conséquences sur l'activité du pays. La banque centrale de Thaïlande a révisé à la baisse sa perspective de croissance pour 2011, de 4,1 % à 2,8 %, tout en avertissant qu'elle pourrait à nouveau refaire ses calculs au cours de novembre, le niveau des eaux étant loin de refluer.

De son côté, l'université de la chambre de commerce thaïlandaise estime que le coût des dégâts s'élève d'ores et déjà à 250 milliards de baths (10,5 milliards d'euros). Dans la région de Bangkok, près de 10.000 entreprises de toutes tailles, représentant quelque 660.000 emplois, ont dû suspendre leurs activités, en particulier les constructeurs automobiles japonais (lire ci-contre).

Premier exportateur mondial de riz et deuxième économie de l'Asie du Sud-Est, le royaume pourrait voir sa récolte - qui a débuté en octobre - réduite d'un quart, passant de 25 millions de tonnes à 19 millions de tonnes. L'ensemble des exportations - cruciales, car elles représentent 60 % du PIB - devrait d'ailleurs être pénalisé, avec une chute de 13 % au quatrième trimestre, sur un an. Selon la banque centrale de Thaïlande, elles ne devraient progresser en 2012 que de 7,9 %, loin des 10,4 % initialement prévus par l'institution.

Le tourisme, autre secteur clé, car grand pourvoyeur de devises, devrait pâtir de la montée des eaux. Le ministre du Tourisme thaïlandais a annoncé que le nombre de visiteurs cette année ne devrait pas dépasser le seuil symbolique de 19 millions, estimant de 500.000 à 1 million, ceux qui se sont détournés de la destination. Point noir, l'aéroport qui dessert les lignes intérieures est fermé depuis le 25 octobre, limitant la poursuite des voyages vers le sud du pays et ses plages appréciées des touristes.

Nombreuses critiques

Cette calamité naturelle constitue un test difficile pour le Premier ministre, Yingluck Shinawatra, élue il y a à peine trois mois. Cette novice en politique, qui a bénéficié de la popularité de son frère Thaksin Shinawatra, l'ex-Premier ministre renversé par un coup d'État en septembre 2006, doit déjà faire face à de nombreuses critiques sur la lenteur du gouvernement à mettre en place les secours et un plan d'aide face à l'ampleur des désastres. Dans son programme, Yingluck Shinawatra avait intégré nombre de mesures à caractère social mais d'un coût élevé pour le budget de l'État comme la subvention du riz, l'augmentation des salaires des employés du service public ou la dotation d'ordinateurs personnels pour les écoliers. Elles risquent d'être reportées à des jours meilleurs. Par ailleurs, la promesse de fixer à 10 dollars (7,2 euros) le salaire minimum journalier va être aussi un test au regard d'une population dont une partie aura perdu tous ses biens dans la catastrophe naturelle.

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Commentaires
a écrit le 03/11/2011 à 6:33 :
Il est étonnant de voir que la devise Thailandaise ne se déprécie absolument pas par rapport au dollar us ou à l'euro : les thais trafiquent encore leurs comptes
a écrit le 02/11/2011 à 13:32 :
Avec une catastrophe naturelle sans précédent, ils restent à 7% de croissance. Nous sans aucune catastrophe naturelle on fera moins de 1 %.
Donc courage avec nos problèmes de comptabilité, de corruption et autre, mais aucune excuse majeure...

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