La souveraineté alimentaire au centre du message des anti-G20
Youness Bousenna, avec AFP
Youness Bousenna, avec AFP
Réunis à Nice pour un "contre-G20" faisant écho au sommet de Cannes, les "altermondialistes" veulent remettre au centre des débats la question alimentaire, occultée selon eux par la crise de l?euro. Mardi, certains se sont ainsi jetés à l?eau sur une plage de la ville pour défendre la souveraineté alimentaire des pays du Sud et dénoncer la frilosité des dirigeants économiques mondiaux.
Parmi les baigneurs, Jean-Paul Sornay, président de l?association altermondialiste Peuples solidaires, estime que "chaque pays du Sud devrait avoir une réserve alimentaire nationale". Pour Antoine Bouhey, chargé des questions de souveraineté alimentaire à Peuples solidaires, "le G20 n?a rien fait" depuis la crise alimentaire d?il y a deux ans, alors même que Nicolas Sarkozy s?était placé aux avant-postes de la lutte contre la spéculation sur les matières premières agricoles.
Ce dernier avance même que "les Etats-Unis sont en train de bloquer toute mention dans la déclaration finale du G20" de Cannes du projet, évoqué lors d?un G20 agricole en juin, de constitution de réserves d?urgence en Afrique de l?Ouest. Ainsi, Jean-Paul Sornay pense que les débats sur la question alimentaire devraient avoir lieu sous l?égide de l?ONU, et non dans l?enceinte d?un G20 qui manque de transparence.
La notion de souveraineté alimentaire, forgée au moment des indépendances en Afrique, avait été reprise à l?occasion d?un sommet de la FAO, en 1996, par le mouvement paysan international Via Campesina comme "un droit international qui laisse la possibilité aux pays ou aux groupes de pays de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations".
Youness Bousenna, avec AFP
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