La baisse de l'activité dans les services préfigure une récession en Europe

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La contraction du secteur des services dans l'ensemble de la zone euro s'est accentuée le mois dernier, la crise de la dette asséchant les nouveaux contrats et pesant lourdement sur le moral des chefs d'entreprise.

Selon les résultats définitifs de l'enquête Markit d'octobre, l'indice PMI pour les services dans l'ensemble de la zone euro est revenu à 46,4 contre 48,8 en septembre. Il affiche ainsi son plus bas niveau depuis juillet 2009.

Une première estimation, il y a deux semaines, l'avait donné à 47,2. La baisse enregistrée entre cette estimation "flash" et le résultat définitif est la plus importante enregistrée depuis novembre 2008, lorsque l'Europe plongeait dans la récession après la faillite de Lehman Brothers.

L'enquête Markit, réalisée auprès des directeurs d'achat du secteur des services en Europe, suggère ainsi que le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro pourrait se contracter au quatrième trimestre.

France : nette contraction de l'activité en octobre

L'activité dans le secteur des services en France a nettement reculé en octobre, conséquence du repli des "nouvelles affaires", montrent vendredi les résultats définitifs de l'enquête mensuelle Markit auprès des directeurs d'achats. L'indice PMI sectoriel est revenu à 44,6 contre 51,5 en septembre et passe ainsi sous le niveau de 50 qui distingue croissance de contraction. Une première estimation, il y a deux semaines, l'avait donné à 46.

L'enquête montre également un tassement de l'activité dans les nouvelles affaires, l'indice sectoriel s'établissant à 45,2 le mois dernier contre 51,6 en septembre. L'indice PMI composite recule de son côté à 45,6 contre 50,2 en septembre.

"Pour la première fois depuis juillet 2009, l'activité du secteur privé français se contracte, marquant la fin de la reprise en octobre. Affaiblie par la plus forte baisse des nouvelles commandes depuis vingt-neuf mois, la production manufacturière continue de diminuer", constate Jack Kennedy, économiste senior de Markit. "Parallèlement, la baisse de la demande de services et l'impact de la crise de la dette entraînent une forte contraction de l'activité de ce secteur. Le recul de la confiance des prestataires de services (...) illustre particulièrement le climat de grande incertitude régnant actuellement dans l'économie française", ajoute-t-il.

Allemagne : croissance maintenue mais ralentie

L'activité des entreprises de services en Allemagne a renoué de justesse avec la croissance en octobre, confortant le scénario d'une décélération de la croissance de la première économie d'Europe. L'indice PMI des services est remonté à 50,6 contre 49,7 en septembre et une première estimation à 52,1. Le chiffre de septembre était passé sous le seuil de 50 séparant expansion et contraction pour la première fois depuis juillet 2009.

Italie : l'activité au plus bas depuis 2009

La contraction de l'activité des services en Italie s'est poursuivie en octobre pour le cinquième mois consécutif, atteignant son rythme le plus élevé depuis plus de deux ans. L'indice PMI Markit/ADACI du secteur a chuté à 43,9 contre 45,8 en septembre, confirmant le scénario d'un ralentissement rapide et prononcé de la troisième économie de la zone euro. Les économistes prévoyaient en moyenne un indice de 45,0.

Espagne : la contraction s'accélère en octobre

L'activité du secteur espagnol des services s'est contractée plus qu'attendu le mois dernier, tombant à son plus bas niveau depuis juillet 2009. L'indice PMI du secteur est revenu à 41,8 alors que le consensus des estimations d'économistes le donnait à 44,0 après 44,8 en septembre.  Il est désormais pour le quatrième mois consécutif sous la barre de 50 séparant croissance et contraction de l'activité, ce qui suggère que l'ensemble du produit intérieur brut (PIB) espagnol pourrait se contracter au quatrième trimestre. A 40,2 en octobre, la composante des nouvelles composantes est au plus bas depuis mai 2009.

Grande-Bretagne : recul plus fort qu'attendu

L'activité dans les services a progressé à un rythme inférieur aux attentes en octobre, en dépit des baisses de prix consenties par de nombreuses entreprises soucieuses de conserver leur clientèle. L'indice Markit/CIPS des directeurs d'achats est ressorti le mois dernier à 51,3 contre 52,9 le mois précédent, alors que les analystes tablaient sur un recul à 52,0. Un indice au-dessus de 50 signifie que le secteur reste en zone de croissance. Sous les 50, l'indice dénote une contraction.

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Commentaires
a écrit le 04/11/2011 à 18:00 :
Si M Draghi, nouveau président de la BCE, a baissé les taux d'intérêts ce n'est pas pour rien. Il savait ce qu'ils faisait et de plus la décision a été prise à l'unanimité. C'est donc qu'il y avait urgence, même les allemands ont voté pour.
a écrit le 04/11/2011 à 10:37 :
la photo qui illusre l'article est un peu décalée : une usine alors que le titre de l'article fait référence aux services. Plus le poids des services dans l'économie est important plus l'impact de la crise est élévé ce que démontre l'exemple de la GB qui a le plus détruit son industrie au profit des services alors que l'Allemagne qui a su miantenir son industrie résiste pour l'instant mieux. Pour la France la situation est intermédiaire mais nous allons malheureusement plus vers la voie GB quela moie allemende. Le climat actuel de catastrophisme est le meilleur myen pour favoriser l'attentisme des consommateurs. ce phénomène est amplifié par les échéances politques.Il y a en France un forte demande de changement et l'échéance de mai 2012 va faire que beaucoup vont attendre.

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