Une nouvelle vague de sanctions contre l'Iran semble imminente

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L'Iran pourrait se voir imposer des sanctions économiques beaucoup dures à la suite d'un rapport accusateur de l'Agence internationale de l'énergie atomique sur son programme nucléaire.

Le programme nucléaire de l'Iran risque coûter de plus en plus cher à son économie. La menace de nouvelles sanctions se profilent à l'horizon contre Téhéran à la suite de la publication du rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui a exprimé pour la première fois de "sérieuses inquiétudes"» sur une possible dimension militaire » du programme nucléaire iranien. En d'autres termes, le régime de Téhéran est accusé à demi-mot d'avoir menti depuis des années en assurant ne pas vouloir se doter de l'arme nucléaire.

En Israël, que le président iranien Mahmoud Ahmedinejad affirme vouloir " effacer de la carte", ce rapport a été accueilli avec soulagement. "L'AEIA s'est enfin décidée à reconnaître officiellement ce qui nous disons depuis des années", affirme un proche de Benjamin Netanyahu. Mais l'heure n'est pas au triomphalisme. Le Premier ministre a adopté un profil bas. "Il ne faut pas qu'Israël donne l'impression de mener la bataille, mieux vaut que ce rôle soit assumé par les Américains et les Européens", ajoute ce responsable.

Cette discrétion contraste avec le débat médiatique alimenté par des fuites, qui a agité Israël ces derniers jours sur le thème : Faut-il attaquer les installations nucléaires iraniennes ?Cette campagne visait à intimider Téhéran et surtout à faire pression sur la communauté internationale pour qu'elle se décide à prendre des sanctions "paralysantes" contre l'Iran. Selon les responsables israéliens ces mesures devraient se traduire par un boycottage total de la Banque centrale iranienne ainsi que des achats de brut.

Paris et Londres ont publié mercredi soir un communiqué commun appelant à des sanctions "nouvelles et fortes", alors que Washington envisageait une "pression supplémentaire" sur l'Iran.

De telles "punitions" mettraient l'économie iranienne à genoux et pourraient à terme favoriser un soulèvement populaire contre le régime.

Reste à savoir si le monde est prêt à prendre ce pari. Alain Juppé a prôné mercredi des "sanctions dures" et "sans précédent" contre Téhéran et préconisé une saisine du Conseil de sécurité de l'ONU.

Mais la Russie et la Chine ne veulent pas pousser un important partenaire commercial à la faillite.

"D'après nos premières évaluations, il n'existe pas sur le fond de nouvelles informations", a déclaré le ministère des Affaires étrangères russe mercredi à propos du rapport de l'AIEA, qualifiant l'opus de très politique.

Ehud Barak, le ministre israélien de la Défense ,a lui même admis éprouver de "sérieux doutes sur la capacité de la communauté internationale à constituer une coalition cohérente". Seule certitude en tout cas : l'Iran n'a jusqu'à présent jamais cédé, malgré quatre séries de sanctions imposées ces dernières années par l'ONU.

Selon Ehud Barak, pour le moment une attaque contre l'Iran n'est pas d'actualité, mais cette option "reste sur la table", au cas où les sanctions resteraient sans effet.

 

FOCUS : LES ETATS-UNIS ET ISRAEL PRETS A LEVER LES SANCTIONS CONTRE LA PALESTINE

Le Congrès américain et, dans son sillage, Israël sont prêts à renoncer à l'arme des sanctions sur le front palestinien. La Chambre des Représentants vient de débloquer une aide de près de 200 millions de dollars gelée en août pour "punir " les efforts de Mahmoud Abbas en vue de l'intégration d'un Etat palestinien à l'ONU.

Ehud Barak, le ministre israélien de la Défense et l'état-major de l'armée pressent Benjamin Netanyahu de suivre l'exemple. Le Premier ministre a refusé "à titre provisoire ", début novembre,  de verser les recettes douanières et de TVA prélevées sur les produits importés destinés aux Palestiniens qui transitent par les ports israéliens. Dans ce cas, il s'agissait de sanctionner l'intégration des Palestiniens au sein de l'UNESCO.

Sans ces fonds d'un montant de 50 millions de dollars par mois, l'Autorité palestinienne ne pourra plus régler la paye des 150.000 fonctionnaires dont quelque 30.000 membres de la police. Or ces forces de l'ordre constituent la meilleure défense possible contre toute tentatives des islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza, d'étendre leur pouvoir en Cisjordanie. Autre argument de taille: pousser l'Autorité palestinienne à la faillite va à l'encontre du projet de « paix économique »de Benjamin Netanyahu qui consiste à favoriser une élévation du niveau de vie des habitants de Cisjordanie. Sur le terrain, cette tactique a commencé à donner des résultats avec une croissance de plus de 7% cette année. 

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