Eclatement de la zone euro : les tabous tombent les uns après les autres

 |   |  537  mots
Copyright Reuters
La sortie d'un pays de la zone ou un défaut partiel sur les dettes souveraines ne sont plus des tabous.

Dans une des galeries du musée du Prado, à Madrid, on peut admirer une toile de Goya intitulée « Duel à coup de gourdins ». Elle représente deux hommes ne réalisant pas qu'ils vont être engloutis dans les sables mouvants tant ils sont occupés à leur combat. C'est une splendide et sombre métaphore - le tableau fait partie de la série des «peintures noires » de l'artiste espagnol - de ce qui est en train d'advenir à l'Europe. Car les disputes régulières qui divisent les membres des pays de l'euro pour régler l'interminable crise de l'euro créée par l'étincelle grecque en octobre 2009 a pris un tour réellement dangereux depuis le fameux sommet de Bruxelles censé régler définitivement les problèmes. Des tabous importants sont tombés.

Le premier est celui de la sortie d'un pays de la zone euro. C'est en effet l'alternative clairement signifié au Premier ministre grec par le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, après sa décision surprise d'organiser un référendum sur le plan de sauvetage. De facto, il est suggéré que la solidarité inhérente au projet de la zone euro tant martelée depuis le début de la crise pour justifier les différents plans aurait du plomb dans l'aile. Les marchés ne s'y sont pas trompés. « L'information ne sera pas perdue. Dans toute l'Europe, tous les trésoriers de banque ou d'entreprise, tous les gérants de portefeuille, tous les responsables de contrats commerciaux à long terme évaluent désormais le risque de change. », explique Maurice de Boisséson, chez Octo Finances, société d'investissement spécialisée dans les marchés de crédit. Cet avis n'est pas isolé dans l'ensemble du secteur financier européen.

Deuxième tabou qui a été levé : la décote sur la dette grecque est de nature à remettre en cause le principe qui semblait gravé dans le marbre, ou au moins dans la tête des responsables européens, de la sécurité absolue des obligations souveraines de la zone euro. Qu'est-ce qui empêche que le « hair cut » de 50 % proposé sur la dette grecque ne se reproduise demain pour le Portugal ou l'Italie. « On a ouvert une boîte de Pandore très dangereuse », s'inquiétait mercredi dans les colonnes du « Financial Times » le patron de Deutsche Bank Josef Ackermann.

Dernier tabou, l'affirmation de plus en plus affichée sans complexe dans les opinions publiques d'un doute croissant à l'égard de l'euro, alimentée il est vrai par la succession de sommets censés trouver une solution à la crise et qui ne débouche que sur une aggravation des problèmes, avec son cortège de plans de rigueurs de moins en moins supportés pour les uns et d'aide accrue de moins en moins acceptés pour les autres. Ainsi, la semaine dernière, quelque 57 % des Hollandais disaient préférer le retour au florin. Et mercredi, la fédération des exportateurs allemands assurait pouvoir « vivre sans l'euro ». C'est peut-être ce scepticisme montant qui est au final le plus dangereux pour la pérennité de la monnaie unique.

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/02/2012 à 5:07 :
Le problèmes de la Zone Euro sont en grande partie dus à l'entente franco-allemande.
Les clauses des traités ont étés dictées aux autres membres par l'axe franco-allemand et elles avantagent surtout les économies les plus fortes.
Ces accords permettent aux économies fortes de la Zone Euro de se développer aux dépens des économies moins fortes, celles-ci n'étant plus protégées ni par les dévaluations périodiques, courantes avant l'introduction de l'Euro, ni par des droits de douane.
Les bénéfices réalisés par les gros groupes industriels, surtout allemands et quelques français dans la Zone Euro ont été réinvestis en grande partie soit dans les pays nouveau venus dans l'UE et aux salaires très bas ou même dans des pays en dehors de l'UE. Ceci représente non seulement une fuite de capitaux pour l'UE mais aussi une concurrence déloyale à cause du dumping des salaires.
Dans l'intérêt de l'UE ces traités devraient être modifies de façon a protéger les économies des pays menacés ainsi de récession, le chômage des jeunes très élevé dans certains de ces pays provoque l'émigration des jeunes les plus qualifiés vers d'autres continents, ce qui affaibli leur économie d'avantage encore et à long terme. Les efforts déployés par l'Allemagne pour attirer ces jeunes chômeurs hautement qualifiés ont peu de succès, l'Allemagne n'étant pas et n'ayant jamais été un pays d'accueil par excellence. (exception faite de l'immigration de main d'oeuvre pour les besogne les plus ingrates, « Gastarbeiter »)
a écrit le 27/11/2011 à 12:17 :
L'euro est trop fort c'est vrai, mais ne pensez-vous pas plutôt que c'est le dollar ou la monnaie chinoise qui sont trop faible par rapport à leur réelle valeur ? L'euro était viable en 1999 jusqu'en 2002 quand il tournait autour de la parité. Depuis les américains ont su faire dévaluer leur monnaie. La seule solution à mon avis est de faire sortir l'Allemagne de l'Euro qui est la seule à profiter de la monnaie unique au lieu d'en faire sortir la Grèce. Mais attention on va payer le pétrole plus cher !
a écrit le 27/11/2011 à 10:43 :
Derrière les incantations de nos dirigeants, l'Europe n'existe pas : pas de politique de défense, fiscale commune. En revanche, au niveau des prix à la consommations, pour ceux qui se souviennent des prix en Francs, c'est l'escroquerie caractérisée. Il suffit de prendre pour exemple le café ou le carburant. Donc vivement la fin de cette arnaque. Les seuls qui pleureront seront les hauts fonctionnaires grassement payés de Bruxelles, et les euro députés...
a écrit le 26/11/2011 à 23:39 :
les brianniques voient leur livre dévaluée et une inflation des prix du fait de la hausse des matières premières ouille pour nous qui n'avons pas de pétrole !
a écrit le 26/11/2011 à 9:55 :
Ah l'Europe... Trois semaines pour encaisser un chèque d'un autre pays européen, demande incessante de documents français par l'administration française et italiens par l'administration italienne (selon le pays où tu te trouves - je parle de mon cas personnel), la moindre critique te vaut un "si tu n'aimes pas, tu peux rentrer chez toi", des barrières linguistiques et l'impossibilité de résonner en tant que groupe soudé et solidaire. Un échec aussi pour les citoyens auxquels on avait promis plus de souplesse, moins de tracasseries administratives, ... Rien de tout cela n'a été mis en oeuvre. Alors, revenir en arrière n'aurait rien de traumatisant bien au contraire
Réponse de le 26/11/2011 à 18:09 :
Résonner ou raisonner ?
Réponse de le 26/11/2011 à 18:10 :
Résonner ou raisonner ?
Réponse de le 27/11/2011 à 10:18 :
qu'importe la raison pourvue qu'on ait l'ivresse
a écrit le 25/11/2011 à 18:50 :
Depuis qu'on a l'euro, il y a appauvrissement des classes moyenne et populaire, toujours plus d'enrichissement des déjà riches, omnipotence des banques et des assureurs, spéculation dans l'immobilier , inégalités , services publics dégradés , cette europe n'a été faite que pour les plus riches ! nous n'en voulons plus ! ....
Réponse de le 26/11/2011 à 6:56 :
Tout ce que vous écrivez est exact. NOUS NE VOULONS PLUS DE CETTE EUROPE qui a coulée la France.
Réponse de le 26/11/2011 à 7:56 :
Je suis l'idée...
Réponse de le 27/11/2011 à 6:21 :
Quant à l'orthographe de Patriote, elle a coulé depuis longtemps!
Réponse de le 27/11/2011 à 10:23 :
@Manadal : Quand le COD est placé avant le verbe...C'est plutôt vous qui devriez réviser le Bescherelle.
Réponse de le 27/11/2011 à 10:31 :
@Manadal : Votre commentaire est sans intérêt. Passez votre CAPES si votre seule motivation est d'être prof d'orthographe ou apportez un commentaire en lien avec le sujet;
Réponse de le 27/11/2011 à 10:35 :
A Manadal. Mettez un espace avant votre point d'exclamation ; orthographiquement cela sera plus correct et donnera un sens à votre commentaire.
Réponse de le 27/11/2011 à 11:40 :
Manadal, il est désolant de constater qu'en l'absence d'argumentation, vous vous sentiez obligé d'en faire un mal à propos. Mais bon, heureusement que le ridicule ne tue pas.
Réponse de le 27/11/2011 à 11:40 :
Confondre le sujet et le COD ! Si vous voulez être un vrai patriote, essayez d'abord de ne pas faire injure à votre langue maternelle, arrêtez ensuite de soutenir des projets suicidaires pour votre pays (sortir de l'euro).
Réponse de le 27/11/2011 à 18:19 :
"Citoyen" : Désolé de vous décevoir. Le complément d'objet direct (COD) dépend d'un verbe transitif direct. Il lui est directement relié, sans préposition. Il répond à la question qui est-ce que ? qu'est que ? Lorsqu'il est possible de tourner la phrase à la voix passive, c'est le COD qui devient le sujet de la phrase passive.
Réponse de le 27/11/2011 à 18:49 :
Tout juste instit. Patriote avait raison. Ainsi, on peut dire à la voix passive : La France a été coulée par l'Europe

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :