Les propositions de Merkel pour une gouvernance économique à l'allemande

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La chancelière propose ce lundi au Congrès de la CDU ses propositions de réforme de la zone euro. Transferts de souveraineté, règles d'or budgétaires et pouvoir de sanction sont sur la table.

Davantage d'intégration européenne pour venir à bout de la crise de la zone euro. C'est en substance ce que la chancelière Merkel va proposer ce lundi à son parti, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), lors de son congrès à Leipzig (ex-RDA). Angela Merkel prend ainsi au mot les dirigeants français, auxquels on associe traditionnellement outre-Rhin l'idée de « la gouvernance économique européenne ». Longtemps rétifs à cette idée, les chrétiens-démocrates allemands ont décidé, sans la nommer, de faire moult propositions pour la mettre sur pied. Malgré la crise européenne, les chrétiens-démocrates parviennent d'ailleurs à maintenir leur rang de premier parti allemand : la CDU et son parti frère bavarois la CSU sont crédités de 33 à 34 % des intentions de vote (sondages Emnid et Forschungsgruppe Wahlen/ZDF publiés la semaine dernière). Ses alliés du FDP arrivent péniblement à 4 %. La gauche est majoritaire mais divisée entre les sociaux-démocrates (SPD, 30 %), les écologistes (15 à 17 % ) et les néo-communistes (Die Linke, 7 à 8 %).

Motion en perspective

La chancelière va profiter de son regain de popularité pour pousser au congrès de son parti à Leipzig ses propositions sur l'Europe. D'après un sondage publié vendredi par la chaîne de télévision publique ZDF, 56 % des Allemands estiment qu'Angela Merkel a plutôt bien fait son travail durant la crise de l'euro. Un mois auparavant seuls 45 % étaient de cet avis. La direction de la CDU va faire voter par la base une solide motion sur l'Europe, resserrant le corset existant du Pacte de stabilité et autre « semestre européen ». « Il faut doter la gouvernance politique de l'euro d'un instrument pour interférer dans la souveraineté budgétaire d'un pays membre qui agit de façon permanente contre l'intérêt commun, à savoir d'un commissaire européen au budget », explique dans un entretien à « La Tribune », Andreas Schockenhoff, vice-président du puissant groupe parlementaire chrétien-démocrate (voir l'intégralité de l'entretien sur Latribune.fr). Dans sa motion, la CDU exige « l'introduction de règles d'or, sur le modèle allemand, dans tous les pays de l'euro » et veut aussi permettre à la Cour de justice européenne de veiller au respect du Pacte de stabilité européen et le cas échéant de sanctionner l'État membre récalcitrant. « L'époque durant laquelle l'endettement était une affaire nationale est révolue », résume la ministre Ursula von der Leyen, étoile montante de la CDU et potentiel successeur de la chancelière Merkel.

Mais pour ne pas paraître seulement des pères-la-rigueur de l'Europe, les chrétiens-démocrates, et en premier lieu le plus Européen d'entre eux, le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, osent quelques suggestions fédéralistes, notamment, comme stipulé dans la motion de la CDU, que « le président de la Commission européenne soit à l'avenir élu directement par les citoyens de l'Union européenne ». Le Conseil européen des ministres devrait même devenir la seconde Chambre du Parlement européen, à côté de l'hémicycle de Bruxelles et Strasbourg.

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Commentaires
a écrit le 14/11/2011 à 12:12 :
gouvernance economique cela signifie que le pays economiquement le plus fort imposera sa domination
a écrit le 13/11/2011 à 21:33 :
Donc on resume : Un controle des budgets nationaux pas une personne non elue, un pouvoir de sanction et l'election de Baroso au suffrage direct ( je rappelle que la commision europeenne n'a qu'un role de representation exterieure de l'union, avec aucun pouvoir executif propre )...

Magnifique Europe que l'on nous propose, moins de democratie et + de politique coercitive, ca donne envie.
Réponse de le 14/11/2011 à 11:40 :
Voir des états souverains différents et nombreux utilisant la même monnaie, est un contresens.
On vient d'en avoir la preuve avec la crise de L'Euro. Une gouvernance économique Européenne parait logique et de bon sens.
Ou alors les pays qui ne seraient pas d'accord devraient sortir de la Zone Euro.

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