Journée test pour la dette italienne

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Rome doit procéder à une émission d'obligations à 5 ans ce lundi, alors que les marchés financiers accueillent un tout nouveau gouvernement.

Le vote par le Sénat italien des mesures d'austérité a constitué une véritable bouffée d'oxygène pour le marché de la dette transalpine vendredi dernier. Alors que le taux de l'emprunt d'État à 10 ans s'était hissé jusqu'à 7,48% mercredi - non loin de la zone rouge qui avait vu la Grèce, le Portugal ou l'Irlande accéder à l'aide internationale -, alors que le taux à 5 ans avait grimpé plus haut encore jusqu'à 7,83% vendredi matin, les rendements se sont très nettement détendus à la veille du week-end. Le taux à 10 ans est revenu jusqu'à 6,45%, soit 100 points de base de décrue. Encore à 552 points vendredi matin, l'écart de taux avec la référence de la zone euro, le bund allemand, s'est resserré. Mais ce "spread", baromètre de l'état de confiance des investisseurs, demeure à des niveaux élevés, de 457 points de base. Et certains s'inquiétaient déjà, vendredi soir, de savoir si ce mouvement de détente était durable. L'Italie a encore du chemin à faire et le gouvernement, qui doit se présenter aux marchés, a une lourde tâche.

Interventions de la BCE

Dès ce lundi, le Trésor italien doit procéder à une nouvelle émission obligataire à 5 ans (septembre 2016) et espère lever à cette occasion 3 milliards d'euros. Une véritable opération test. Lors de précédentes opérations similaires, à la mi-septembre et à la mi-octobre, le Trésor avait offert des taux de 5,6% et 5,32% respectivement. Nul doute que les intervenants surveilleront avec la plus grande attention l'issue de ce nouveau placement et l'appétit des investisseurs, maintenant que Berlusconi est parti. Jeudi, ces derniers étaient présents au rendez-vous. Mais à quel prix ! Rome avait dû consentir à un taux de 6,087 % pour emprunter à un an seulement. La précédente levée de capitaux sur les marchés obligataires, le 11 octobre dernier, s'était faite à un taux sans commune mesure : 3,57%. Une différence non négligeable, compte tenu des besoins de financement de l'Italie (estimés autour de 235 milliards d'euros en 2012).

Devant l'envolée des taux ces deux dernières semaines, la Banque centrale européenne sous la houlette de Mario Draghi a dû se résoudre à augmenter ses interventions sur le marché. La semaine du 31 octobre, ses rachats de titres de dette ont atteint les 9,52 milliards d'euros, portant à 183 milliards le montant de son programme de rachat depuis son lancement. Et ces derniers jours encore, les traders ont vu la main de la BCE. De son côté, Klaus Regling, le directeur général du Fonds européen de stabilité financière, qui avait estimé jeudi qu'"il ne restait plus beaucoup de temps à l'Italie pour rassurer les marchés", a annoncé des émissions à trois, six ou douze mois en décembre. De quoi lui permettre de réagir plus rapidement si besoin.

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