L'Europe s'invite dans la campagne législative espagnole

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Quel que soit le vainqueur de l'élection de dimanche prochain, il devra faire preuve d'une grande habileté pour gérer l'inévitable plan de rigueur. La chute de Berlusconi et Papandréou a servi de leçon...

La campagne pour les élections législatives espagnoles lancée le 4 novembre dernier était centrée sur l'emploi, la relance de l'économie et l'austérité à venir, avouée ou pas. Mais, les démissions de Silvio Berlusconi en Italie et de Georges Papandréou en Grèce, conséquences de la crise de la dette souveraine, ont imposé l'Union européenne (UE) et la zone euro comme "trending topics" de la campagne. L'Espagne est en effet l'éternelle "suivante sur la liste" des pays "sauvés" par l'UE, après la Grèce, l'Irlande et le Portugal. Si l'Italie est au centre des inquiétudes actuelles, il est acquis que, pour les marchés, l'Espagne court le même risque, même si la perspective d'un changement de gouvernement le 20 novembre lui est favorable. La prime de risque sur l'obligataire espagnol a grimpé à 424 points de base la semaine dernière, mais reste bien en deçà des plus de 700 atteints par l'Italie.

Dans ce contexte, la Commission européenne a demandé à l'Espagne "plus de mesures correctives" pour parvenir à un déficit de 6  en 2011. Les candidats des deux principales formations en lice, le parti socialiste (PSOE) et le Parti Populaire (PP, conservateur), ont accueilli différemment ces nouvelles exigences. Le socialiste Alfredo Pérez Rubalcaba s'est érigé en défenseur des intérêts de l'Espagne face à l'UE. Il a ainsi promis de se rendre à Bruxelles pour "se battre et convaincre, pas pour recevoir des ordres". Rubalcaba a par ailleurs critiqué le rôle de l'Allemagne dans la crise : "ou nous convainquons l'Allemagne que cette crise est aussi la sienne, ou cela va très mal se passer pour nous", a-t-il déclaré en meeting la semaine dernière. Le socialiste exprime ainsi les craintes qui commencent à sourdre d'une mainmise européenne sur la politique espagnole, à l'instar de l'Italie et de la Grèce. Même le candidat du PP, Mariano Rajoy, d'ordinaire plus complaisant avec l'UE, a déclaré en meeting que l'époque à venir est celle "des bons gouvernants élus par les citoyens" et non celle des technocrates, allusion aux profils de Mario Monti et de Lukas Papademos.

Néanmoins, le leader conservateur, promis à une large victoire dimanche, s'est engagé à prendre les mesures nécessaires pour que l'Espagne se maintienne "dans l'euro, en première division". Partisan de l'austérité, il lui faudra mettre en place les mesures nécessaires pour réduire le déficit public à 4,4% du PIB en 2012 et à 3% en 2013, objectifs que l'Espagne n'atteindra pas, selon la Commission. Mariano Rajoy mise essentiellement sur le levier de politiques internes pour y parvenir.

Approche européenne

A l'inverse, Alfredo Rubalcaba a développé une approche plus européenne du problème. Il plaide pour un report de deux ans des objectifs de déficit fixés par l'UE, afin d'éviter de tuer dans l'oeuf le moindre embryon de croissance, répétant que la rigueur doit être contrebalancée par des politiques de relance via l'investissement public. Le socialiste cherche ainsi à capter les voix des électeurs indécis alors que, d'après un sondage diffusé par le quotidien El País, le PSOE accuse un retard de plus de 14,5 points sur le PP. Ce dernier obtiendrait la majorité absolue avec 82 sièges de plus que le parti rival. Le PSOE pâtit du taux de chômage de 21,5% et des coupes sociales, considérées comme l'héritage du gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero, auquel appartenait Alfredo Rubalcaba jusqu'à juillet dernier. Des partis minoritaires, comme Unión Progreso y Democracia, au centre, ou, Izquierda Unida, à gauche, pourraient bénéficier de cette désaffection.

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Commentaires
a écrit le 20/11/2011 à 6:11 :
Un putsch n'est plus nécessaire aujourd'hui pour imposer à un peuple un gouvernement qui n'est démocratique que par son nom.
Les médias étant contrôlées presque entièrement par le capital, puisque elles ne pourraient survivre sans l'apport publicitaire qu'elle reçoivent de celui-ci, font subir au peuple un lavage de cerveau savamment dosé et très efficace.
Un quotidien qui se permettrait de défendre des idées qui ne conviennent pas au Capital n'aurais guère de chances de survivre, les revenus de la publicité sont devenus indispensables pour les média, par là l'autocensure et le manque de critique et d'objectivité des médias.
a écrit le 18/11/2011 à 10:54 :
El País est aussi objectif que nos radios et télés, c?est la Pravda du PSOE. Les spéculateurs vont se déchaîner avant que Zapatero et ses pieds nickelés soient balayés car ils tentent par tous les moyens les plus vicieux de fausser le jugement des électeurs. Tous les jours, des dizaines de cas de prévarications et corruptions des édiles du PSOE sont révélés par la Justice espagnole. Jusqu?au numéro deux Jose Blanco pris sur le fait d?avoir accepté de l?argent pour graisser les rouages en faveur de sociétés. Attendez vous à ce que beaucoup de choses changent dont la liberté des médias.

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