La conférence de Durban entre dans sa semaine décisive

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Les États-Unis et l'Inde risquent de compromettre un accord sur la prolongation du protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de CO2. La Chine se montre plus conciliante.

La conférence de Durban sur le climat entre sans sa phase décisive. Cette semaine, plus de 130 ministres et quelques chefs d'État auront cinq jours pour tenter de faire avancer les négociations. L'Europe veut maintenir en vie le protocole de Kyoto qui se termine en 2 012. « Mais, si nous sommes seuls à nous engager sur une deuxième période du protocole de Kyoto qui fixe des objectifs contraignants en matière de baisse des émissions de gaz à effet de serre, ça n'a aucun sens », lance Serge Lepeltier, ambassadeur français en charge des négociations sur le changement climatique. L'Union européenne ne représente que 11 % du total des émissions globales de CO2. Alors, précise le diplomate, « il faut que nous arrivions à convaincre les pays les plus pollueurs, les pays émergents notamment ».

Mais la Chine, l'Inde ou les États-Unis sont-ils prêts à suivre ? « On sent depuis des semaines que la Chine pourrait bien changer d'avis et s'engager », espère Serge Lepeltier. Mais la rigidité des États-Unis ou de l'Inde reste très forte, notent les observateurs. Le ralliement de la Chine pourrait cependant bien changer la donne. Si le premier émetteur mondial, devant les États-Unis, accepte de prolonger le protocole de Kyoto, beaucoup rêvent de voir un accord se dessiner. Pour l'instant, le Canada, la Russie et le Japon ont assuré qu'ils ne s'engageraient pas si Pékin et Washington ne le font pas. Peu de certitudes, donc et beaucoup d'inquiétudes. « Tout est possible pour le moment, mais nous devons faire très attention à ne pas avoir un accord sans avancée majeure », prévient le négociateur français.

Alors, l'Europe veut tenter le tout pour le tout et exige une feuille de route. Celle-ci doit établir les principes et un calendrier vers un nouveau traité qui, vers 2020, fixerait des objectifs contraignants à tous les pays. Mais là aussi, l'Inde a réagi vivement. « Notre objectif dans ces négociations ne doit pas être de lancer un nouveau processus pour un nouveau traité », a assuré le chef de la délégation indienne, Jayant Mauskar. Et la responsable des Nations unies sur le climat, Christiana Figueres, a confié : « Oui, le processus est lent, ce qui frustre beaucoup de gens. »

De la semaine à venir, on attend beaucoup aussi quant à la mise en oeuvre du fonds vert. Celui-ci doit permettre de débloquer d'ici à 2020, 100 milliards de dollars par an pour lutter contre le changement climatique et venir en aide aux pays les plus vulnérables. Mais là aussi, les États-Unis et l'Arabie Saoudite ont soulevé des objections sur les moyens de rendre ce fonds opérationnel. À l'arrivée, ce ne sera que l'année prochaine, notamment pendant les négociations du G20, que les leaders mondiaux discuteront précisément de son financement. En attendant, dans le cadre de financements rapides de 2010 à 2012, la France contribue à sa mise en place à hauteur de 425 millions d'euros par an.

Prix fort pour l'Afrique

Pour autant, les représentants des pays les plus touchés par les impacts du changement climatiques veulent encore y croire. « Nous devons rester extrêmement soudés dans le groupe africain », confie Tosi Mpanu Mpanu, le négociateur en chef des pays africains. « Nous subissons déjà les conséquences du réchauffement climatique et nous allons continuer à payer le prix fort. Alors, j'aimerais dire à tous les pays développés, ceux qui nous ont montré la voie du développement, de la démocratie et des droits de l'homme, qu'il faut maintenant qu'ils nous montrent aussi qu'ils peuvent se comporter de manière responsable sur la question climatique », a plaidé le négociateur congolais.

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a écrit le 10/12/2011 à 9:32 :
Économisons l'énergie et gaspillons des milliers de tonnes de kérosène pour ne rien décider. Évidemment, il y a surtout le kérosène, mais n'oublions pas toutes les autres sortes d'énergie dépensées inutilement pour ces réunions stériles.
a écrit le 05/12/2011 à 10:24 :
Les sommets sur l'environnement se suivent et se resemblent par leur inefficacité. Jamais l'émission de CO2 n'a été aussi importante qu'en 2010 et nul doute que 2011 sera encore une année de tous les records. Pourquoi ? il y a un double effet ou si l'on préfère, une double action. D'une part, la démographie galope dans certains pays et l'on s'achemine vers un nouveau doublement de la population de la planète d'ici une cinquantaine d'années. Ce qui veut dire jusqu'à preuve du contraire que l'émission de CO2 va doubler pour ce premier effet en 50 ans avec une progression de 2% par an. Ensuite, les pays émergents aspirent à plus de confort et à manger de la viande, ce qui va créer un deuxième effet qui peut être estimé au minimum à 5% de progression par an pour l'ensemble de la planète. (Les croissances des pays émergents étant supérieures à 5%). La progression résultante des émissions de CO2 sera donc au minimum de 7% par an. A cela, il faut retrancher les efforts de réduction qui se situent entre 2 et 3%, ce qui fera au final une progression prévisible de 3 à 4% pour 2011 et 2012. Le réchauffement n'est pas prêt de s'arrêter si l'on ne régule pas la démographie.
Réponse de le 05/12/2011 à 11:26 :
Cela n'a aucune importance car le CO2 n'est pas le responsable primordial du RC. Depuis 1998 la température n'augmente pas ce qui est en totale contradiction avec les modèles informatiques alors que le taux de CO2 ne cesse de croître. D'ailleurs les modèles devraient sérieusement se remettre en question, car leur signature prouvant le RC dû au CO2, le fameux "hot spot" n'a jamais été mis en évidence par les mesures expérimentales des satellites et des ballons sondes. Que les médias français arrêtent de nous bassiner avec le CO2!
Réponse de le 10/12/2011 à 11:49 :
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Réponse de le 10/12/2011 à 11:51 :
vous confondez météo (court terme, env. 10 ans) et climat (long terme) ; ce n'est pas en regardant les températures ces dernières années que l'on peut tirer des conclusions ....

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