Le PC chinois va coter en Bourse le "Quotidien du peuple"

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Copyright Reuters (Crédits : Bloomberg)
Les 485 millions d'internautes chinois intéressent le Parti communiste. Son organe de presse favori, qui "guide l'opinion publique" depuis 1948, va introduire son site web sur les marchés pour rester dans la course.

Selon ses propres mots, le site du Quotidien du peuple "est à la traîne" par rapport à ses rivaux : les portails Sina ou Sohu. C'est pourquoi il a besoin "d'accélérer sa restructuration " et  "de prendre des mesures pour rivaliser commercialement" avec ses concurrents, peut-on lire dans le prospectus publié par le quotidien, lundi 9 janvier, sur le site du régulateur boursier.

Le site fondé en 1997, et qui se présente comme "une plateforme de communication" espère ainsi lever dans les six mois 527 millions de yuan (65 millions d'euros) en vendant 25% de son capital.

Éditions internationales

Le site internet de l'agence de presse Xinhua, Xinhuanet, ainsi qu'une dizaine d'autres avaient annoncé eux aussi l'année dernière une prochaine cotation en Bourse dans le but de rester compétitifs dans le pays qui détient le plus grand nombre d'internautes au monde, soit 485 millions.

Depuis plusieurs années la presse chinoise, très largement subventionnée et déficitaire, est sous pression pour être rentable. Fin 2008, le gouvernement a débloqué 45 milliards de yuan (5 milliards d'euros) pour développer ses médias, les relooker et tenter de les faire vivre commercialement à côté de leurs concurrents étrangers ou privés.

Ainsi le site du Quotidien du Peuple a-t-il ouvert une antenne aux États-Unis en 2010. Il est désormais traduit en 16 langues et offre une information en temps réel. L'ensemble des médias chinois a connu la même transformation : développement de bureaux à l'étranger, des langues disponibles, et des éditions internationales. Le China Daily, quotidien en langue anglaise, est désormais disponible en Europe et aux États-Unis. Une édition Afrique est à l'étude. Et Xinhua tente de concurrencer l'AFP ou AP avec plus de 30 bureaux à l'étranger et 4.000 journalistes. Elle a aussi lancé une chaine, CNC, qui espère à terme devenir l'équivalent de CNN.

"Il y a eu une prise de conscience en 2008. Après la bousculade de la flamme olympique à Paris, la Chine a décidé de mieux communiquer et de se vendre", explique Renaud de Spens, spécialiste des médias chinois basé à Pékin.

Viabilité commerciale

Sur papier, l'expansion des médias chinois chez eux et à l'étranger a donc été spectaculaire. Cependant, comme le montre le trafic vers le site du Quotidien du Peuple, qui selon les mots du Président Hu Jintao "se veut l'avocat des croyances du Parti et guide l'opinion publique", les internautes peinent à être convaincus. D'autres témoignages au sein des médias chinois vont dans le même sens. Malgré une réelle sollicitation de la part du gouvernement pour être viable commercialement, la presse chinoise continue à être tributaire financièrement des différents ministères dont elle dépend.

Avec les fonds levés en Bourse, le site du Quotidien du Peuple espère développer ses services, sa technologie et améliorer le contenu éditorial. Même si la véritable solution, pour beaucoup d'experts, serait une plus grande liberté de ton. Une issue qui pour l'instant...'est pas à l'ordre du jour. Les rédacteurs en chef de Xinhua et du Quotidien du Peuple sont nommés par le conseil d'État directement. "Le ver est dans le fruit", admet Renaud de Spens.

 

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