La levée de bouclier mondiale contre l'Argentine profite au Chili

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Santiago du Chili. Copyright AFP
Santiago du Chili. Copyright AFP
Le Chili devrait profiter de la mise sur le banc de touche de son voisin pour intégrer le G20 et attirer les investisseurs refroidis par l''expropriation de l'entreprise espagnole Repsol.

Le malheur des uns ferait-il le bonheur des autres ? Depuis l?annonce de l?expropriation musclée de la compagnie pétrolière espagnole Repsol, l?Argentine à été mise au banc de la communauté internationale. Accusée de « dérive protectionniste », Buenos Aires subit les foudres de l?Espagne et de l?Union européenne, qui prévoient de porter le différend devant l?arbitrage international  et menace de diverses sanctions économiques et politiques.

Le Chili au G20 ?


Parmi les châtiments envisagés figure l?exclusion du G20 du pays dirigée par Cristina Kirchner. Une option relayée par le Washington Post et le Wall Street Journal, qui ont appelé à remplacer l?Argentine par son voisin chilien au sein de l?organisation internationale. « Un bon moyen pour les pays développés d?envoyer un message à Buenos Aires serait d?exclure l?Argentine du G20 » assène le WSJ. Pour le Washington Post, « le Chili, qui a surpassé de loin l?Argentine en termes de développement politique et économique, serait le remplaçant idéal ». Seul pays d?Amérique latine membre de l?OCDE, le Chili profiterait de la disgrâce de Buenos Aires pour entrer définitivement dans la cour des grands. Le voisin de l?Argentine a d?ailleurs d?ores et déjà entamé des négociations en ce sens, a confirmé le Ministre de l?économie, Pablo Longueria.

Bon élève


C?est également auprès des investisseurs étrangers que le Chili fait aujourd?hui figure de bon élève. « Environ 1200 entreprises espagnoles opèrent au Chili » a déclaré le Ministre espagnol des affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo dans une interview au quotidien chilien El Mercurio. Le représentant du premier investisseur étranger en Argentine a également assuré que « l?Espagne désire participer [?] aux projets qui vont se développer au Chili [?] dans domaines stratégiques comme les infrastructures, l?ingénierie civile, les transports, le secteur énergétique, etc. »
En 2011, les investissements directs étrangers au Chili ont représenté 17,5 milliards de dollars, soit une hausse de 16,1% par rapport à l?année 2010. Avec une croissance moyenne de 4,9 % entre 2011 et 2015, le Chili devrait également faire partie des 15 économies les plus dynamiques du monde, selon une étude d?Ernst & Young.

Craintes de contagion


Mais les peurs de voir le cas Repsol impacter l?économie de la région restent présentes. Le vice-président exécutif du comité gouvernemental des investisseurs étrangers, Matías Mori, a déclaré que deux scénarios pourraient résulter de la situation. Le premier inciterait les entreprises étrangères à se tourner vers les pays comme le Chili « aux politiques plus stables en matière d?investissement ». L?autre verrait l?Amérique latine entière mise sur la liste noire des investisseurs.

 

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a écrit le 27/04/2012 à 19:03 :
levée de bouclier mondial? vous voulez dire "occidental"
a écrit le 27/04/2012 à 16:32 :
L'Argentine a repris une entreprise emblematique et pétrolière qu'ils avaient vendu car celle-ci n'investissait plus dans ll'exploration-production parce que l'Etat Argentin n"avait plus d'argent entre 1999 et 2001. Bien contents de la vendre aux espagnols de Repsol (la famille Kirchner détenait 1 ou 2 % de YPF) qui eux ont investi dans cette entreprise. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 15 milliards d'euros d'investissements sur 10 ans et autour de 9 à 10 milliards d'euros de bénéfices dont plus de la moitié réinvestis dans le pays !!!
Malgré les demandes du gouvernement central et des provinces pour que Repsol augmente les investissements, cela ne s'est pas fait ou mieux dit pas encore fait car jusqu'à la fin 2011 l'essentiel des puits étaient des puits existants depuis des dizaines d'années et donc en fin de vie. Fin 2011, REPSOL YPF trouve un gisement de gaz de schiste énorme, le 3ème en taille après le Canada et le Venezuela. C'est à partir de ce moment là que les relations entre le gouvernement argentin et les provinces dd'un côté et les espagnols de l'autre se sont détériorés. Les espagnols pensant qu'ils allaient réinvestir massivement pour développer ce champ immense ( appelé Vaca Muerta : la vache morte) mais les argentins ont compris qu'en nationalisant ils allaient retrouver une indépendance énergétique dans quelques années et donc redevenir exportateur de pétrole et donc recevoir beaucoup de dollars afin de continuer la politique démagogique de madame Kirchner. C'est précisément de là que provient le souci = appât du gain et volonté de se maintenir au pouvoir. Mais c'est oublier qu'il faut des compétences très poussées en gaz de schiste que les argentins n'ont pas ils sont donc assis sur un tas d'or inexploitable pour le moment.....
a écrit le 27/04/2012 à 12:21 :
C'est plutôt pas mal que qu'un pays dise non à ceux qui font les crises et décident en quels lieux elles doivent se produire. L'argentine ne marche pas si mal que cela depuis qu'elle n'a plus accès aux "marchés" et qu'elle a dévalué sa monnaie en début de siècle. Vu que son regain de croissance est basé sur le petrole ou le gaz, il est assez logique qu'elle cherche à maitriser ses resources! Sur quelle base démocratique Wall street devrait imposer sa loi à un pays souverain? La puissance de l'argent?
Réponse de le 27/04/2012 à 14:01 :
La démocratie veut-elle dire que le Peuple accepte des règles (implantation d'entreprises étrangères sur son sol) puis les change à sa guise (expropriation au prix du marché ou à faible prix ?) en faisant subir aux autres les conséquences de cette volte-face (les investisseurs étrangers sont au moins pénalisés par l'obligation de trouver brutalement un débouché ailleurs) ?
Réponse de le 27/04/2012 à 14:20 :
@maîtresdumonde

Et si vous étiez à la tête d'une entreprise peut être renoncerez vous à investir dans un pays qui ne respecte pas le droit de propriété et qui pourrait vous prendre demain ce que vous avez investit aujourd'hui.

Certes, l'Argentine a le droit de nationaliser ses ressources mais les investisseurs n'ont pas moins de légitimité à désormais se méfier de l'Argentine.
Réponse de le 01/05/2012 à 13:14 :
@maitresdumonde: Merci de s'informer sur la situation actuelle de l'Argentine en matiere de monnaie, avec un inflation de plus de 15%/an, cela represente le probleme majeur!
a écrit le 27/04/2012 à 11:31 :
Il faut attendre le sacre de Hollande pour voire si la France ne suivra pas le chemin de l'Argentine.
Réponse de le 27/04/2012 à 14:17 :
Vous dîtes n'importe quoi, il n'y a pas une seule nationalisation au programme de François Hollande.
Réponse de le 27/04/2012 à 16:27 :
Et pas une seule libéralisation, ni de fin des monopoles étatiques et syndicales, ces mafias ne veulent pas perdre leur pouvoir, et cela au détriment des citoyens, bien sur.

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