L'Irak annule des contrats d'armement colossaux avec la Russie

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L'Irak, dont les forces armées manquent cruellement d'équipements, a annulé des contrats géants d'armement à hauteur de 4,2 milliards de dollars avec la Russie, sur fond de soupçons de corruption.

Le contrat d'armement passé en l'Irak et la Russie a été annulé, accusé de possible corruption. Ces contrats, dévoilés le mois dernier lors d'une visite du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki à Moscou, auraient permis à la Russie de devenir le deuxième fournisseur d'armes de l'Irak derrière les Etats-Unis.

Pour l'heure le gouvernement irakien n'a pas souhaité révéler l'identité des personnes faisant l'objet d'une enquête, ni dire si l'Irak comptait renégocier les contrats passés avec Moscou. Il s'agissait notamment de 30 hélicoptères Mi-28 et de 42 systèmes de missiles sol-air Pantsir-S1. Bagdad aurait également souhaité acquérir un certain nombre de MiG-29, des avions de chasse et d'autres hélicoptères.

Au cours de sa tournée européenne, le Premier ministre irakien avait aussi acquis auprès de la République tchèque 28 avions subsoniques d'entraînement L-159 en version biplace pour environ un milliard de dollars.

L'annulation des contrats fait vaciller l'espoir russe de renouer des liens étroits avec l'Irak, son ancien allié de l'époque soviétique, perdus avec la chute du régime de Saddam Hussein en 2003.

Moscou est à la recherche de nouvelles alliances régionales alors que son seul allié arabe, le président syrien Bachar al-Assad, est aujourd'hui menacé par une révolte populaire devenue conflit armé.

A cela s'ajoute la nouvelle perte financière sèche que la Russie doit accuser, après avoir encaissé un manque-à-gagner de quatre milliards de dollars entraîné l'an dernier par le changement de régime soutenu par les Occidentaux en Libye, tandis que Moscou coopérait avec le régime de Mouammar Kadhafi.

La décision de Bagdad risque aussi de retarder encore un peu plus le réarmement des forces armées irakiennes. Elles manquent cruellement de matériel pour protéger les frontières du pays depuis le départ des troupes américaines en décembre dernier et dépendent des livraisons en armes de Washington, premier fournisseur de Bagdad en la matière.

Ces dernières semaines, le gouvernement irakien a d'ailleurs pressé à plusieurs reprises son allié américain d'accélérer ses livraisons d'armes, notamment un lot d'avions de combat F-16.

"Le pilier de notre armement est américain, mais si nous devons nous fournir auprès d'autres pays, nous le faisons", indiquait l'adjoint au conseiller à la sécurité nationale, Safa Hussein, le mois dernier. "Les programmes américains se sont avérés un peu lents. Nous ne pouvons pas continuer à accuser de telles déficiences dans notre équipement militaire. Les Américains le comprennent".

 

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a écrit le 11/11/2012 à 7:25 :
Il est clair, dans cette confusion générale autour de ces importants contrats irako-russes, que le gouvernement irakien manoeuvre en vue d'élargir sa marge de manoeuvre vis à vis de ses partenaires régionaux et internationaux. Ce ne sont pas les raisons et les prétextes qui manqueraient pour annuler ce mégacontrat avec Moscou, et la corruption en serait la dernière de ces raisons... (lire à ce sujet l'analyse "Irak -Russie : Bagdad tempère son ouverture sur Moscou : réévaluation des contrats d'armement", sur www.mestrategicperspectives.com)
a écrit le 10/11/2012 à 16:04 :
Sur fonds de corruption, ou parce que les Américains ont exigé qu'on achète chex eux ??? :-) Non, mais des fois, ils voudraient pas que les Ricains reviennent pour leur mettre une deuxième fois la pâtée :-)

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