Les émergents investissent de plus en plus dans les pays occidentaux

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La Navigation Tower de Qatargas, symbole de la puissance nouvelle des entreprises des pays émergents - Copyright Reuters
La Navigation Tower de Qatargas, symbole de la puissance nouvelle des entreprises des pays émergents - Copyright Reuters
Selon un rapport du cabinet d'études Price Waterhouse Cooper (PWC), le flux des investissements des pays émergents dans les économies développées tend à augmenter mais ce n'est pas réciproque. Explications.

 Les entreprises des pays émergents s'imposent de plus en plus comme des grands acteurs de l'économie mondiale. C'est la tendance qui ressort d'une étude réalisée par Price Waterhouse Cooper (PWC). Entre 2008 et 2012, l'étude qui repose sur l'analyse des fusions-acquisitions entre d'un côté les BRIC et les pays du Golfe et de l'autre les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Australie, le Japon et le Canada, relève que 161 milliards de dollars ont été investis par les émergents dans ces économies matures, contre 151 milliards de dollars en sens inverse.

« On constate que les transactions issues d'investissements en provenance des émergents vers les pays matures augmentent à la fois en volume et en valeur », note Nicolas Granier, avocat associé spécialiste des fusions acquisitions avec les émergents chez Landwell et associés. « Il y a un penchant des entreprises chinoises à regarder de plus en plus à l'étranger. La Chine est ainsi devenue le premier investisseur en Allemagne », selon le spécialiste.

Une tendance qui reflète les effets de la mondialisation

Selon l'étude de PWC, cette tendance s'explique par les nouveaux objectifs des sociétés, publiques et privées, des émergents. Devenues des championnes régionales, ces entreprises vont désormais chercher des nouveaux leviers de croissance dans les économies matures, c'est-à-dire là où se trouvent le pouvoir d'achat et le savoir-faire encore parfois manquants dans les pays émergents.

Pour les entreprises émergentes qui souhaitent s'implanter sur un marché européen, par exemple, l'acquisition permet de mettre la main sur un réseau de distribution établi. Acquérir une part de capital dans une entreprise disposant d'un portefeuille de brevet important permet aussi d'avoir un ?il sur des technologies et savoir-faire qui nécessiteraient autrement plusieurs années de recherche et développement. En somme, en acquérant des sociétés dans les pays matures, les entreprises des pays émergents étudiés par PWC cherchent à accélérer leur développement à l'international et jouer d'égal à égal avec les entreprises occidentales.

« C'est le reflet de la modification du centre de gravité à laquelle nous assistons », commente Nicolas Granier. Les émergents comptaient déjà des acteurs puissants au niveau local. Ayant fini par atteindre la taille critique, ils se sont logiquement lancé à l'international. « Cette étude ne dit pas que ce sont les pays matures qui ont reculé, mais montre simplement une montée des émergents », précise le spécialiste. « Ce que ne montre pas cette étude, c'est la forte augmentation sur la même période des rapports émergents vers émergents », ajoute-t-il, précisant qu'ils sont particulièrement importants entre l'Inde et l'Afrique ou le Maroc et le Brésil par exemple.

Peu importe la couleur, « tous les acteurs deviennent globaux »

La France est la grande absente de cette étude de PWC. Selon Nicolas Granier, cela vient du fait que la tendance ne se matérialise pas encore de manière significative dans l'Hexagone. Même si « cela commence un peu avec la Chine et de manière plus visible avec le Qatar », tempère-t-il.

Pour l'avocat, cette étude montre que « tous les acteurs, émergents ou émergés, deviennent globaux », si bien que peu importe, selon lui la nationalité officielle des sociétés. « Une entreprise française dans laquelle une société qatarie a investi est-elle encore une société française ?», conclut-il sous la forme d'une question.

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Commentaires
a écrit le 14/03/2013 à 11:46 :
Ils investissent d'autant plus facilement que contrairement aux investisseurs français ils sont quasi exonérés d'impôts voir on des aides à l'investissent... Encore la logique de l'état stratège qui favorise des fonds étrangers, tout en surtaxant les acteurs du financement français. Au final il est plus intéressant pour une boite d'investissement française de créer une société de droit étranger pour investir en France que de le faire directement... ubuesque!!!
a écrit le 13/03/2013 à 21:43 :
Et le gros avantage, c'est qu'ils trouvent sur place des gens qui parlent leur langue :-)
a écrit le 13/03/2013 à 17:35 :
Une fois de plus, la France est la grande absente de l'étude PWC. Je ne suis pas surpris car Il faudrait être complètement neuneu pour investir en France actuellement avec les charges, les prélèvements hallucinants, les contraintes administratives paralysantes dignes de l'ex URSS, d'où un manque total de compétitivité. Ces investisseurs ont du bon sens,eux....!
a écrit le 13/03/2013 à 17:07 :
Ca montre que si la France doit prendre modèle sur l'Allemagne, c'est en terme d'attractivité et d'innovations technologique ou industriel, choses qu'elle est en train de perdre à cause du manque de renouvellement des PME !
Réponse de le 13/03/2013 à 17:54 :
"innovations technologiques et industrielles, mais pour quoi faire? tomber dans le carcan administratif et fiscal ? qui veut d'une pme dans ce pays, pour être rincé par l'administration et les "partenaires sociaux"? merci bien.
Réponse de le 13/03/2013 à 19:09 :
Zeph
+ 100000
a écrit le 13/03/2013 à 17:03 :
l'orthographe "tant" à disparaître?...est ce parce qu'il faut lire entre les lignes , tant il semble évident dès que l'on sort de l'Hexagone que l' épicentre des affaires se situe désormais en Asie ?
a écrit le 13/03/2013 à 17:01 :
En investissant en Europe les émergeants ne cherchent ils pas à acquérir les brevets que détiennent les entreprises pour ensuite aller les exploiter à moindre couts dans leurs pays d'origine ....ce qui revient à penser que nous pouvons nous faire piller notre savoir faire .
Réponse de le 13/03/2013 à 18:02 :
"savoir faire"? mais que reste t'il dans ce pays, à part des dettes et la collecte fiscale ? rien.
Réponse de le 14/03/2013 à 9:57 :
aussi. comme nos groupes qui rachètent des PME, ou des concurrents possédants des technologies prometteuses, , , ou qui font fabriquer las bas des produits high-tech revendus ici , cf apple, ...Ou encore qui délocalisent une partie de leur R&D là bas, ou y achètent des start-up las, notamment en inde...Ce genre de mouvement de croissance externe est naturel, c?est juste le sens qui changent. Et le fait qu'ils achètent de BRICS à BRICS", là ou les seul acquéreurs étaient auparavant occidentaux. ces relais de croissance là sont désormais perdus...

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