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ÉconomieInternational

Obama face au fiasco américain en Irak

Photo de Michel Cabirol

latribune.fr

Publié le 14 juin 2014 à 06:01 - Mis à jour le 14 juin 2014 à 17:16

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Malgré les nombreuses responsabilités américaines en Irak, Barack Obama a clairement spécifié qu'il n'était pas question pour lui d'envoyer des troupes au sol. Les Etats-Unis ont toutefois envoyé un porte-avions dans le Golfe.

Plus de dix ans après avoir déclenché la deuxième guerre du Golfe sous des prétextes mensongers, les Etats-Unis sont aujourd'hui confrontés à l'immense fiasco qu'ils ont créé en Irak. Une responsabilité dont Barack Obama veut semble-t-il s'exonérer. "Les Etats-Unis ne vont simplement pas s'engager dans une action militaire en l'absence de plan politique émanant des Irakiens qui nous fournira l'assurance qu'ils sont prêts à travailler ensemble", a expliqué le président américain. La veille, le président américain n'avait pas repoussé l'idée de procéder à des frappes aériennes.

Barack Obama a déclaré vendredi qu'il lui faudrait quelques jours pour évaluer les options à la disposition des Etats-Unis afin de venir en aide aux autorités irakiennes face à la progression des djihadistes sunnites de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Mais le temps joue contre l'attentisme face à la progression rapide des forces de l'EIIL et la déconfiture des troupes irakiennes pourtant formées, entraînées et équipées par les Américains. John McCain, adversaire malheureux de Barack Obama en 2008 a de son côté dit à Reuters que le temps de réflexion que s'accorde le président américain est un "luxe qu'on ne peut pas se permettre, les événements allant beaucoup trop vite".

Le porte-avions George H.W. Bush envoyé dans le Golfe

Pour autant, Barack Obama a clairement spécifié qu'il n'était pas question pour lui d'envoyer des troupes au sol. "Nous ne renverrons pas de troupes américains au combat en Irak, mais j'ai donné instruction à mon équipe de sécurité nationale de préparer une série d'autres options qui pourraient soutenir les forces irakiennes de sécurité et je les passerai en revue dans les jours à venir". C'est pourtant maintenant que la communauté internationale doit intervenir pour sauver un pays clé pour la stabilité de la région.

En attendant une décision de Barack Obama, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a ordonné l'envoi d'un porte-avions dans le Golfe au cas où une intervention militaire serait nécessaire en Irak, où les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant menacent Bagdad. "Cet ordre apportera au commandant en chef une souplesse supplémentaire si l'option militaire est nécessaire pour protéger les Américains et leurs intérêts en Irak", a expliqué le Pentagone dans un communiqué. Le porte-avions George H.W. Bush, qui se trouve actuellement dans le nord de la mer d'Oman, sera accompagné par le croiseur lance-missile Philippine Sea et le destroyer Truxtun, précise-t-il, ajoutant que le groupe aéro-naval arrivera à destination dans la journée.

Un problème régional

Vendredi, le président américain s'est contenté d'indiquer qu'il voulait examiner les rapports des services de renseignement sur la situation en Irak. Si les services de renseignement américains étaient informés des intentions de l'EIIL, pourquoi les Etats-Unis ont été aussi passifs ? "Nous voulons nous assurer d'avoir réuni tous les renseignements nécessaires de sorte que si j'ordonne d'éventuelles actions, celles-ci soient ciblées, précises et efficaces", a-t-il précisé. Barack Obama, qui aura des consultations avec des dirigeants étrangers tout au long du week-end, a par ailleurs redit que la menace des djihadistes de l'EIIL représentait un danger pour l'Irak mais aussi, potentiellement, pour les Etats-Unis.

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"C'est un problème régional et ce sera un problème de longue durée. Nous allons devoir combiner des opérations sélectives de notre armée afin de faire en sorte que nous pourchassions des terroristes qui pourraient nuire à nos soldats à l'étranger, voire éventuellement frapper sur notre territoire", a-t-il souligné. Attaqué sur le front intérieur par les républicains, coupables pourtant d'avoir déclenché la deuxième guerre du Golfe, Barack Obama a indiqué qu'il consulterait le Congrès.

Les Républicains ont la mémoire courte

Les républicains, qui sont majoritaires à la Chambre des représentants, ont critiqué l'incapacité du président démocrate à négocier un accord avec les autorités irakiennes qui aurait permis le maintien d'un nombre limité de soldats américains après le retrait de fin 2011. Ils ont aussi déploré l'inaction de Washington depuis le début de la semaine. "Que fait le président ? Il fait la sieste", a ainsi lancé jeudi John Boehner, le président de la Chambre des représentants.

"Ecoutez, les Etats-Unis ont versé beaucoup d'argent pour les forces irakiennes de sécurité", a répliqué Obama. Depuis 2011, Washington s'est engagé à débloquer 15 milliards de dollars d'équipements militaires pour le gouvernement irakien, dont une grande partie n'a cependant pas encore été livrée. Les principales critiques formulées à l'encontre de Barack Obama émanent souvent de ceux qui attaquaient déjà son inaction en Syrie, où il avait condamné la répression menée par le régime de Damas avant de renoncer aux frappes aériennes qu'il avait un temps menacé de lancer.

Le défi américain

Barack Obama doit désormais faire face à trois défis en Irak. Le premier est de prendre des mesures rapides pour stopper l'avancée des djihadistes sunnites de l'EIIL afin de les empêcher de s'emparer de l'Irak et d'en faire une base arrière d'où partiront des attaques vers l'extérieur qui pourraient cibler des intérêts américains. De telles mesures s'inscriraient dans la ligne définie le mois dernier par le président américain à l'académie militaire de West Point où il a expliqué que les Etats-Unis emploieraient la force lorsque leurs intérêts seront menacés.

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A moyen-terme, les Etats-Unis doivent également s'assurer que l'Irak ne replonge pas dans une guerre civile opposant chiites et sunnites. A plus long terme, il doit enfin convaincre les alliés de l'Irak se s'inscrire dans un processus visant à maintenir l'unité du pays et persuader le Congrès de voter en faveur d'un plan de 5 milliards de dollars pour financer la lutte contre le terrorisme.

latribune.fr

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