Etats-Unis : "les cicatrices de la récession sont encore visibles" (Lagarde)

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Le FMI assure que la Banque centrale américaine (Fed), qui se réunit mardi et mercredi à Washington pour fixer son cap, doit faire face à de nombreuses zones d'incertitude liées notamment à l'état réel du marché du travail.
Le FMI assure que la Banque centrale américaine (Fed), qui se réunit mardi et mercredi à Washington pour fixer son cap, doit faire face à de "nombreuses zones d'incertitude" liées notamment à l'état réel du marché du travail. (Crédits : reuters.com)
Le FMI a sabré sa prévision de croissance aux Etats-Unis pour 2014 en notant les faiblesses du marché du travail et en appelant la Banque centrale à différer la remontée de ses taux directeurs.

"Les cicatrices de la récession sont encore visibles". Voici ce qu'a déclaré lundi la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse à Washington.

Et pour cause. Dans son rapport annuel sur le pays, le Fonds se montre frileux quant aux perspectives économiques du pays. Il prend acte de l'actuel "rebond significatif" de la première économie mondiale, mais il juge qu'il ne suffira pas à compenser la "perte d'élan" du premier trimestre où l'activité s'est contractée pour la première fois depuis trois ans, freinée par l'hiver rigoureux.

Baisse des prévisions de croissance

En conséquence, le produit intérieur brut américain ne devrait progresser que de 2% cette année - contre 2,8% prévus en avril - marquant une quasi-stagnation par rapport aux 1,9% enregistrés en 2013, estime le FMI qui maintient en revanche sa prévision pour 2015 (3%).

Plus préoccupant, le Fonds a également abaissé ses prévisions de croissance sur le plus long terme à 2%, en nette baisse par rapport aux 3% observés en moyenne entre 1948 et 2007.

Aussi, face à ce potentiel de croissance déclinant, le Fonds appelle-t-il les Etats-Unis à investir massivement (infrastructures, éducation...), mais surtout à remédier aux faiblesses de son marché du travail, dont l'amélioration progressive ne serait qu'un trompe-l'oeil.

50 millions d'Américains touchés par la pauvreté

"La création d'emplois a été dynamique mais l'état du marché du travail est plus dégradé que ce que suggèrent les chiffres du chômage" qui déclinent lentement (6,3% en mai) depuis leur pic de la récession, assure le rapport, qui pointe notamment le nombre élevé de chômeurs de longue durée.

Selon le FMI, un retour à un marché de l'emploi "robuste" est pourtant requis pour permettre au pays de lutter contre la pauvreté qui touche, selon l'institution, près de 50 millions d'Américains.

Augmenter le salaire minimum

Certes, "une seule mesure ne permettra pas de s'attaquer à toutes ces questions", a admis Christine Lagarde. Mais un premier pas pourrait être accompli en augmentant le salaire minimum fédéral, bloqué à son niveau actuel depuis cinq ans, plaide le FMI en relevant qu'il est "l'un des plus bas" au sein du monde industrialisé, relativement au salaire médian.

Ce faisant, l'institution prend parti dans un débat lancinant aux Etats-Unis: l'administration Obama veut porter le salaire minimum fédéral de 7,25 à 10,10 dollars de l'heure mais se heurte à l'opposition farouche de l'opposition républicaine et des milieux d'affaires.

Aux législateurs de décider du montant

Le FMI prend toutefois soin de ne pas recommander un montant précis. "Est-ce que c'est 10,10 dollars? C'est clairement aux législateurs de décider", a éludé Christine Lagarde, ajoutant que toute hausse serait "utile" d'un point de vue économique.

Se penchant sur la politique monétaire, le FMI assure que la Banque centrale américaine (Fed), qui se réunit mardi et mercredi à Washington pour fixer son cap, doit faire face à de "nombreuses zones d'incertitude" liées notamment à l'état réel du marché du travail.

Le moment est crucial pour la Fed: son programme de rachats d'actifs est en voie d'extinction et devrait s'achever à la fin de l'année, ouvrant la voie à une remontée des taux directeurs qui sont maintenus proches de zéro depuis fin 2008 pour soutenir l'activité.

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Commentaires
a écrit le 17/06/2014 à 19:41 :
Il est clair que dans la mesure ou ils nous l'ont mis bien profond, la cicatrice va mettre du temps à se refermer.
a écrit le 17/06/2014 à 9:35 :
amusant la recette du FMI..... qui enclint les usa a augmenter le salaire minimum, et l'europe du sud à baisser les salaires.........

ça fait boule de christal..... à tout le moins
a écrit le 17/06/2014 à 9:04 :
En 2012, l'agence de notation chinoise Dagong abaissait la note de la dette publique américaine de "AAA" à "AA" et puis l'abaissait à nouveau à "A+". L'agence américaine Standard & Poor's en faisait de même, toutefois, en jugeant les mesures prises par les autorités américaines pour diminuer le déficit public du pays comme insuffisantes, la note était revue à la baisse à "A-1+". La dette actuelle s'élève à 30 millions de milliards (une paille !) et les américains ne savent plus où aller chercher de l'argent (amender les banques françaises, par ex, en est une excellente solution). Les détenteurs de la dette publique des États-Unis sont soit nationaux, soit étrangers (foreign holders). Parmi les détenteurs étrangers, la Chine supplante le Japon comme principal détenteur de titres de dette publique des États-Unis, une moindre partie allant aux pays exportateurs de pétrole (y compris la Russie !) et le Royaume-Uni.

Si les EUA étaient un pays européen dans la zone euro, ils se trouveraient déjà en récession à moyen terme et, par conséquent, il doperait la croissance de toute la zone. Mais en tant que maître du monde (une position qui leur a été attribuée par les autres pays plutôt qu'à leurs vraies ressources) les Etats-Unis règnent, ingèrent et dépensent à leur petit plaisir comme si rien n'y était. L'Union Européenne se trouve déjà sur ce très mauvais chemin et tant que les économies resteront coincées dans leur souveraineté, notre avenir s'annoncera encore plus incertain.
Réponse de le 17/06/2014 à 11:09 :
30 millions de milliard !!! Vous faites erreur....Plutôt quelques milliers de milliard, à remettre en perspective avec le PIB américain de 16500 Md de dollars par an, ce qui reste toutefois beaucoup....

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