Capitalisme : les thèses d'Adam Smith d’hier sont la cruelle réalité d’aujourd’hui

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(Crédits : DR)
[Replay ARTE] Du 7 octobre au 4 novembre, ARTE explore toutes les facettes de l’économie moderne : mainmise du capitalisme financier sur la production, évolution des modèles économiques, blanchiment d’argent, alternatives à la croissance… Les deux premiers épisodes de la série Capitalisme, nous entraînent dans une enquête captivante, au fil de cinq cents ans d'histoire, avec pour guides éclairants des anthropologues, des historiens et des économistes renommés, dont Robert Boyer ou Thomas Piketty.

D'où vient le capitalisme ? D'une évolution naturelle de nos sociétés ou de théories élaborées au fil des changements politiques et technologiques ? Pour y répondre, des villages de chasseurs amazoniens aux derniers communistes chinois, en passant par les traders de la City, la série Capitalisme nous entraîne à travers plus de 22 pays dans une enquête rigoureuse qui ne craint pas de renverser les vieilles idoles et de mettre à mal les idées reçues.

Plus d'une vingtaine d'intervenants de la pensée économique à la pointe de l'actualité nous éclairent pour ce voyage dans le monde de l'après-crise 2008, sur les traces des grands penseurs qui ont jalonné l'histoire du capitalisme.

Sur les traces d'un amiral chinois, des geôles d'esclaves au Ghana à la rencontre d'Indiens Maijunas, et d'une rive à l'autre de l'Atlantique, les théories d'hier nouent un dialogue fructueux avec l'actualité et les réalités contemporaines. Depuis les origines jusqu'à la mondialisation, la série décrypte les mécanismes d'un système qui détermine nos vies et survit malgré la crise.

Adam Smith : à l'origine du libre marché ?

Son livre, La richesse des nations, best-seller mal lu depuis plus de deux siècles, aurait posé les bases du libre marché, à la veille de la révolution industrielle.

Or, si Adam Smith, philosophe écossais du XVIIIe siècle, considéré comme le "père du capitalisme", croyait aux lois naturelles de l'économie et à l'inclination des hommes au commerce, le capitalisme ne résulte pas d'un concept, mais bien d'un processus historique, amorcé avec la découverte de l'Amérique, la colonisation et le commerce triangulaire.

Un Nouveau Monde où les Aztèques n'accordaient d'ailleurs aucune valeur matérielle à l'or. Considéré aujourd'hui comme une évidence, le capitalisme n'a, de fait, pas toujours existé...

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"La richesse des nations", nouvel évangile ?

Qui a vraiment lu La richesse des nations d'Adam Smith, devenu la bible du libéralisme ? Enfant de la révolution scientifique, son auteur y dénonce en effet la division du travail, ce pilier de l'économie de marché, estimant qu'elle abrutit les hommes.

De même, la notion de "main invisible" d'Adam Smith a été délibérément sortie de son contexte pour être exploitée à des fins politiques. En revanche, La théorie des sentiments moraux, son livre le plus important selon lui, a été totalement occulté.

Exemples à l'appui, ce deuxième épisode réexamine dans le texte les théories d'Adam Smith, observateur curieux de son époque et doté d'une foi inébranlable dans le progrès.

Mais il rappelle surtout ses préoccupations sociales, délibérément oubliées. Une traversée de l'histoire des idées et des sociétés au cours de laquelle on croise aussi le philosophe africain Anton Wilhelm Amo, esclave affranchi d'origine ghanéenne, qui avait étudié en Allemagne.

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Commentaires
a écrit le 20/10/2014 à 22:35 :
Il faut comprendre que le capitalisme est un vieux truc qui a posé plein de problèmes par le passé car contre nature. Le libéralisme est une idée plus évoluée (mais toujours imparfaite) qui intègre la notion d'égalité à celle de libre concurrence.
Les théories économiques sont toujours imparfaites et il ne faut surtout pas les appliquer à la lettre. C'est la raison pour laquelle, les économistes sont des philosophes mineurs car l'argent est un outil imparfait qui permet à certains de s'enrichir sans créer de valeur ajoutée. Et certains d'inventer une main invisible, un ordre naturel, une loi du plus fort qui n'existent pas ou autres idioties pour le justifier.
Merci à la tribune d'avoir été objectifs dans la description de cette émission très bien faite, contrairement aux autres journaux oriente économie type express ou chalenge qui ont montré par leurs commentaires déplacés sur cette émission qu'ils étaient des ignares prônant une théorie vaseuse d'un autre temps.
a écrit le 15/10/2014 à 16:02 :
Le capitalisme, comme son nom n'indique, se base sur la rentabilité du capital, donc de ses économies qu'on prête; donc en face il y a un emprunteur( nommé l'entrepreneur) donc de la dette donc un contrat. Ainsi le capitalisme est de l'investissement de l'épargne, le prêteur n'est pas entrepreneur, il n'est pas rentier non plus, car il risque de perdre son prêt.
on dit que l'entrepreneur se définit par celui qui prend en risques sur lui, des coûts fixes( l'emprunt) mais un revenu incertain( selon sa réussite ou son échec) il a donc aussi besoin d'un cadre légal stable et rassurant pour évaluer ses prévisions( vous en déduirez ainsi facilement ce que veulent et ont besoin les patrons).
Le capitaliste dans le temps, c'était typiquement l'éleveur de bétail qui cherchait à augmenter son cheptel( même dans la bible on en parle).
Mais le paysan louant sa terre et partageant le produit de ses récoltes avec le propriétaire, ce n'est pas du capitalisme, c'est de la rente, car la propriété ne peut pas être perdue. le libéralisme est ainsi capitaliste car il s'oppose à la rente. La banque moderne est typiquement un organisme à système pyramidal qui fonctionne le mieux qu'en capitalisme, elle doit prêter aux bons entrepreneurs qui en échange vont chercher à acquérir( acheter, voler, conquérir) ou produire des actifs réels( l'or, des terres, des produits à vendre, esclaves) pour éviter que la monnaie prêtée ne se déprécie trop rapidement si elle est en papier à cause du risque de faillite. Petit à petit, les gens ont délégué la prise de risque du choix de l'entrepreneur aux banques, et se sont contentés d'acheter des actions/obligations de ces banques( raisonnant en terme de rente) puis des pays( qui ont découvert le papier-monnaie), puis des grosses entreprises qui sont entrées en bourse.
Après il faut aussi comprendre que plus il y a de gens sur cette planète et plus il y a d'opportunités, et ainsi le capitalisme moderne, basé sur la dette, surfe sur la croissance démographique ininterrompue depuis la grande peste noire. C'est l'anticipation que demain il y aura toujours plus de demandes. Notre croissance démographique étant devenue mauvaise, alors la croissance du capitalisme axé sur le papier-monnaie est menacée, et donc on fait marcher les rotatives de papier-monnaie mais cela ne fait que déprécier plus vite la valeur de la monnaie, puisque la quantité d'actifs produits n'augmente plus. La capitalisme est une confiance dans l'avenir, on invente de nouveaux produits, on en découvre de nouveaux, l'humanité s'étend toujours plus, consomme toujours plus( accumulation de matériels), c'est aussi cela la croissance. Aux états-unis, le "american way of life" est ainsi basé sur l'interdiction de tout ce qui peut freiner la consommation. ce qu'on appelle aussi l'obsolescence programmée est basée sur la même chose, favoriser la consommation, pour favoriser la production( et ainsi l'emploi).
Bref, il nous faut des entrepreneurs, des gens intelligents et motivés, il nous faut aller coloniser dans l'espace, il nous faut développer le recyclage pour continuer à consommer plutôt que se restreindre( l'idéologie de la décroissance), tant qu'on s'étend le capitalisme tient sinon il se réduira vite à portion congrue, et alors l'innovation se réduira considérablement et le monde deviendra vite très terne.
Réponse de le 24/08/2016 à 20:46 :
En me "restreignant" comme vous dites, je me trouves dans une situation où travailler est facultatif et croyez moi, ma vie est loin d'être terne ! C'est une grave erreur d'identifier surconsommation et "éclate". Une fois que les besoins matériels sont assurés le bonheur est dans l'évolution spirituelle et il ne tient qu'à la volonté de l'intéressé. N'oubliez pas que nous sommes soumis à un matraquage publicitaire incessant couplé à la promotion d'une vie sociale violente avec "gagnants" et "perdants" qui ne crée que des perdants en détruisant les "situations" nécessaires au bonheur : confiance en l'autre, temps libre, espaces naturels préservés, eau propre, air pur, silence .
a écrit le 15/10/2014 à 15:00 :
La division du travail existait déjà au paléolithique moyen c'est à dire il y a environ 200.000 ans, les échanges aussi....mais pas l'accumulation de capital...puisque l'outillage était laissé à même le sol et que l'idolâtrie de l'or ou de l'argent n'existait pas encore...Il a fallu attendre l'avènement des métaux et des marchands puis celle des impérialismes - égyptien, assyrien, hittite, puis gréco-macédonien d'abord ou de ses cités puis perse, puis romain. Cette marchandisation et l'accumulation rendue possible par les métaux précieux, avait une contrepartie qui était la spoliation et l'esclavage, et aussi l'emballage « démocratique »de sociétés politiques dites modernes…voire érigées en Républiques.
Réponse de le 15/10/2014 à 15:17 :
Rien ne dit d'ailleurs que l'accumulation de capital s'effectuait de façon différente il 200.000 ans et que ce capital était tout simplement du capital humain, l'esclavage datant donc de bien avant Mathusalem.
a écrit le 15/10/2014 à 14:02 :
Bonjour,
Avez-vous réellement regardé ces documentaires car Adam Smith y est décrié et démenti. Ses concepts étant remis en cause par d'autres économistes comme Schumpeter qui lui décrit les effets néfaste de l'excès de concentration de capital dans un petit nombre de mains. Exactement ce qui se passe aujourd'hui. Adam Smith a occulté bon nombre de phénomènes de sociétés comme l'esclavage ou le colonialisme comme parade à l'épuisement ou au manque de ressource. En reprenant réellement ces éléments historique on s’aperçoit que ses thèses sont fausses et non valable dans le monde contemporain. Schumpeter est bien plus d'actualité mais aucun politique ne veux en entendre parler malgré les alarmes lancés par de nombreux économistes car il implique une remise en cause du statut quo qui impliquerait un changement des élites dirigeante ainsi que des élites de possédants. On ne fait que retarder l'inévitable. Les individus, les entreprises et les politiques ont une vie et une mort et l'évolution continue s'adaptant à la société en perpétuelle mouvement. LE plus important à ne pas perdre de vue reste le bien commun et le bien être ainsi que la liberté des citoyens. Le libéralisme est contre cela car il ne favorise pas le partage mais la concentration de richesse chez un petit nombre qui impose sa vision au politiciens.
a écrit le 15/10/2014 à 13:25 :
Pourquoi chercher une quelconque definition du capitalisme !Quand l'argent n'existait pas il existait l'accumulation de bien !A tout debut ces biens furent collectifs dans la tribu puis une accumulation individuelle se fit jour au benefice des plus forts ,des plus malins et des heritiers .Puis l'argent apparu dont la premiere fonction était de remplacer le troc .Ce fut donc au debut un simple moyen d'échange .Puis comme le reste il s'accumula dans certaines mains .Ca forma quoi ,des capitaux ,donc le capitalisme était né .La capitalisme est l'accumulation des capitaux mais de maniere considéré comme injuste car uniquement dans les memes mains .Or l'accumulation est un processus qui ne fait que gonfler les quantités,créant ainsi des disproportions enormes entre ceux qui en ont beaucoup et ce qui on ont peu ou pas .Ce capitalisme s'appropria les biens de productions là ou se crée la richesse,le capitalisme moderne était né .A partir de quelle possession d'argent peut on etre considéré comme capitaliste !Beaucoup de français ont des patrimoines de plusieurs centaines de milliers d'€!L'épargne salariale ,les FCPE c'est actuellement plus de 100 milliards d'€ en grande part placé en bourse !Le capitalisme a fait des petits et qui ne reve pas quand on a rien de posseder beaucoup ? Inhérent à la nature humaine il presente des aspect de partage comme ces entreprises privés ou pas qui pratiquent la regle des trois tiers au niveau des benefices ,un tiers pour l'entreprise (ses fonds propres ) un tiers pour les actionnaires et un tiers pour les salariés !Notons aussi que la richesse presentée par certains est toute relative !Quand la bourse est au plus haut la richesse et le nombre de riches sont impressionnant ,certains comme Pikety on font leur choux gras ,mais quand la bourse plonge on ne parle jamais de ce que perde les riches du nombre de milliardaires et du nombre de millionnaires qui diminuent !Certes il leur en reste beaucoup ........On pourra aussi representer le communisme comme un capitalisme d'état car c'est lui a ce moment là le propriétaire des moyens de production des banques bref de la richesse capitaliste du pays ,mais il échoua car justement l'absence totale d'émulation et de possibilité d'enrichissement personnel ,brisa la dynamique inventive et la volonté d'implication propre au systeme capitaliste, qui sait toujours mettre une carotte devant le nez de chacun pour le faire avancer .......
a écrit le 15/10/2014 à 11:56 :
Rien de cruel si ce n'est la nature humaine elle-même. Chacun a ses propres intérêts et n'ésitera pas, s'il en a les moyens, pour anéantir l'autre. La lute des classes n'est pas un mythe, mais une réalité pour survivre :-)
Réponse de le 15/10/2014 à 12:35 :
Point de vue qui n'engage que vous. Meme s'il existe des gens malfaisants, le fait de vouloir généraliser toute progression légitime des individus économiquement ou autre et un mensonge et une justification pour spoiler ceux qui produisent et ainsi se donnent des emplois uniquement payés par les contribuables ou les entrepreneurs.
Vive la liberté individuelle !
a écrit le 15/10/2014 à 11:39 :
C'est la même apprehension que pour l'atome, qui n'est ni bon ni mauvais en soi et qui pourtant suscite une haine stupide.
En assimilant sans le dire l'organisation de la production appelée abusivement "capitalisme" et le détournement de cette organisation a des fins malhonnetes ont en revient toujours par des voies détournées au marxisme. Si les religions ont un dieu, le marxisme ou en tout cas ses fidèles ont un diable dont la détestation occupe la totalité de l'esprit fut il intelligent et renommé.
Il existera toujours une organisation de la production et il existera toujours des assoiffés de pouvoir, combattre ces derniers n'e devrait pas signifier detruire la production
L'obsession, la theorie du complot, le combat ideologique (pas tres different du jihad)sont fréquents chez des gens pourtant intelligents. Le capitalisme en réalité n'existe pas tel qu'on nous le présente, c'est un fantasme de la méchanceté globalisée qu'on appelait autrefois le diable.
Réponse de le 15/10/2014 à 12:32 :
+ 1 oui et j'ajouterai que la prospérité économique comme humaine n'est accessible uniquement par la création de richesse due à l'entreprise privée et au profit de tous car la richesse c'est aussi des emplois, des meilleurs salaires, des entreprises qui croissent et qui apportent des produits et des services que les gens choisissent librement. Tous les profiteurs étatiques et les politiques veulent sans arrét faire main basse sur les richesses crées par ceux qui prennent tous les risques, ce n'est pas nouveau, avec bien sur des arguments fallacieux altruistes, mais avec l'argent des autres. Le libéralisme c'est la liberté pour tous de vivre légitiment de ce que l'on crée, les conservateurs et les collectivistes (UMPS en France) veulent spoiler un maximum sous prétexte d'arguments abusifs pour soi disant le bien de tous, alors que tout s'équilibre naturellement, comme dans la nature ou la vie cherche à se développement partout ou elle est présente. Je vous conseille la lecture des ouvrages de Frederique Bastiat, le libéral humaniste français du 19 eme siècle. Il n'est pas nécessaire d'écraser l'autre pour progresser comme le prétende les anti libéraux.

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