Hervé Ladsous, Ambassadeur de France en Chine depuis 2006

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Les relations franco-chinoises ont traversé une période difficile. Quel bilan tirez-vous aujourd?hui ?

Il est vrai que nous avons connu une période de turbulences liées à certaines incompréhensions de part et d?autre. Mais ce qui compte, c?est que nous soyons retombés d?accord en avril sur l?importance de notre relation, et ce au plus haut niveau. Aujourd?hui, nous sommes sur une séquence très balisée, avec deux visites d?état croisées prévues l?an prochain. A l?avenir, je crois qu?il faudra toujours se parler franchement des problèmes et continuer à se voir souvent.

La France est-elle désormais interdite de voir le Dalai Lama ?

La question ne se pose pas, puisque nous avons réaffirmé très clairement notre position le 1er avril. La France considère que le Tibet fait partie intégrante de la Chine. Que le Dalai Lama, en tant que leader religieux et spirituel, visite régulièrement une série de pays, je crois que c?est dans l?ordre des choses.

Les Chinois considèrent-ils encore les relations franco-chinoises comme des relations privilégiées?

Oui, et cette relation est pionnière dans beaucoup de domaines. C?est avec la Chine que la France a par exemple développé il y a douze ans le concept de partenariat global stratégique. Aujourd?hui certains dossiers nous rapprochent par ailleurs, comme le fait d?être membres permanents du Conseil de Sécurité de l?ONU.

Que faites-vous pour promouvoir l?image de la France en Chine ?

Contrairement à 5 ou 10 ans, il est plus facile d?avoir une politique de communication dans la Chine actuelle. Il faut saisir toutes les occasions pour parler aux médias chinois, et marquer des événements grands publics comme par exemple le lancement d?un nouveau modèle Citroën. Il est aussi très important de travailler en profondeur dans les provinces, dont la population peut facilement dépasser celle de la France.

Quels conseils pourriez-vous donner aux entreprises françaises afin qu?elles améliorent leurs performances en Chine ?

Les qualités que les Chinois privilégient dans leurs rapports avec leurs partenaires économiques sont la continuité et la patience. Il ne faut pas venir en Chine avec l?idée de vouloir faire un coup. Aujourd?hui, la relation doit être, dans beaucoup de domaines, une relation de partenariat à long terme.

Quelles pistes de collaboration vous paraissent fructueuses pour l?avenir ?

Nous avons historiquement des secteurs très forts, comme l?aéronautique. La Chine prépare aujourd?hui un programme très ambitieux d?avions de 150-200 places, et j?espère que très vite nos spécialistes français pourront s?y associer. L?autre secteur c?est évidemment le nucléaire, avec le constat d?une coopération réussie, depuis 25 ans, sur les centrales Framatome de la région de Canton, mais aussi le démarrage des chantiers de réacteurs EPR 3ème génération.Propos recueillis par
 

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