L'UE en quête d'une position commune sur le soutien aux pôles de compétitivité

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Le 14 novembre, les ministres de l'UE en charge des politiques d'innovation et de compétitivité se sont retrouvés à Paris pour faire le point sur une position commune sur le soutien aux pôles de compétitivité, "clusters", qui doit être présentée en décembre.

L?UE peine à faire émerger des "clusters" de dimension mondiale en mesure de rivaliser avec les pôles de compétitivité américains ou japonais. "On compte environ 2.000 clusters en Europe, mais seulement 10% d?entre eux sont de taille mondiale", indique Françoise Le Bail, directrice adjointe de la DG Entreprise et Energie de la Commission européenne, en marge de la rencontre ministérielle du 14 novembre.

Depuis 2006 et la publication d?une communication sur la stratégie d?innovation dans l?UE, l?exécutif européen met en évidence l?importance des "clusters" pour la croissance et l?emploi. Les pôles de compétitivité existent déjà dans la plupart des Etats membres. Pour autant, la Commission estime qu?il est nécessaire de renforcer la gestion des clusters au niveau européen. Cet objectif figure ainsi parmi les neufs priorités stratégiques dégagées lors du Conseil compétitivité du 4 décembre 2006.

L?agenda politique de la Commission européenne entend établir un cadre européen de soutien aux pôles de compétitivité. Il propose ainsi de renforcer les liens entre les "clusters" européens de taille mondiale et d?améliorer la gouvernance publique ? européenne, nationale, locale ? des "clusters". L?échange européen de bonnes pratiques, l?ouverture aux PME ? en liaison avec le "Small Business Act" européen ? et un meilleur accès aux programmes de financements communautaires sont également prévus.

Conformément au principe de subsidiarité, les investissements à destination des pôles industriels et scientifiques sont en premier lieu de compétence nationale. "Il ne s?agit pas de coordonner les pôles de compétitivité à un échelon communautaire, ni de créer des clusters européens, ces décisions reviennent aux Etats", précise Françoise Le Bail. "La Commission souhaite plutôt intervenir en complément, notamment au niveau du management et de la participation des PME", ajoute la directrice adjointe de la DG Entreprise et Energie.

A l?occasion du quatrième forum des pôles de compétitivité, Günter Verheugen, le vice-président de la Commission européenne en charge des entreprises et de l?industrie, a quant à lui déclaré que la Commission n?avait pas "l?ambition de dicter aux Etats membres où investir et dans quels domaines. Elle souhaite simplement les conseiller dans leur politique de soutien aux clusters et d?aider les Etats membres à utiliser au mieux les instruments communautaires."

La Commission européenne souligne avec insistance que les Etats membres et les régions doivent promouvoir des clusters puissants. Il n?existe pas pour autant de solution miracle ni de modèle unique de développement des pôles de compétitivité.

Pour l?exécutif européen, la réalisation des potentiels économiques et scientifiques des pôles de compétitivité sera dynamisée par une plus forte coopération transnationale. A ce titre, l?Observatoire européen des clusters propose par exemple aux décideurs politiques des informations sur les forces relatives des clusters dans l?UE.

La faiblesse européenne en matière de "clusters" de rang mondial est liée au problème plus global de sous investissement des Etats membres en matière de recherche et développement. A titre d?exemple, la Stratégie de Lisbonne, qui visait à bâtir l?économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d'ici à 2010, n?a pas offert tous les résultats escomptés. Afin de sensibiliser à nouveau les citoyens et les Etats membres à ces thématiques, 2009 sera l?année européenne de la créativité et de l?innovation.

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