Les Etats du Sud attendent toujours le milliard d'euros promis par l'UE

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Annoncé en grande pompe par la Commission européenne, le fonds destiné à aider les Etats en développement pour lutter contre la crise alimentaire fait l'objet d'un blocage de la part de certains Etats membres.

Un milliard d?euros. C?est la somme promise par la Commission européenne en juillet pour aider les pays en voie de développement à lutter contre la crise alimentaire. Mais les choses vont moins vite que prévu. Nombre d?Etats membres s?opposent au déblocage de cette somme, qui devait pourtant être attribuée au mois de novembre 2008.

Tout était pourtant très bien parti. Au mois de juin le Conseil européen demande à l?UE d?agir contre la crise alimentaire. Début juillet, le président de la Commission, José Manuel Barroso, en personne, annonce au sommet du G8 de Toyako que la Commission va proposer la création d?une "facilité de réponse rapide à la flambée des prix alimentaires dans les pays en voie de développement". Le 14 juillet, le commissaire chargé du Développement, Louis Michel, confirme la nouvelle au parlement européen.

Quatre jours plus tard, le collège des Commissaires se prononce en faveur de cette initiative. Il propose que ce fonds, qui devra être "plus rapide et plus efficace" que d?autres dispositifs existants, soit doté d?un milliard d?euros répartis sur deux ans: 750 millions d?euros en 2008, et les 250 millions restant en 2009. La somme, issue du budget destiné à l?agriculture, était initialement prévue pour compenser une trop grande fluctuation des prix alimentaires à la consommation en 2008. Or, il n?ont pas bougé au cous de l'année qui s'achève. Louis Michel a donc proposé de redéployer ces crédits inutilisés.

Mais les Etats membres tardent à débloquer l'argent. L?Allemagne est par exemple particulièrement réticente à donner le feu vert à la création de ce fonds. Aucun accord n?est sorti de la réunion des ministres européens chargés du développement avec Louis Michel, les 10 et 11 novembre. Devant ce blocage, la Commission européenne enrage. "A l?origine, ce plan était destiné aux récoltes 2008-2009, explique-t-on à la direction générale Développement. Pour cette période-là, il est déjà trop tard. Désormais, l?aide concernera la période 2009-2010." "Il faut que les Etats membres aient le courage de leurs promesses. Un milliard d?euros, ça correspond au nombre de personnes qui souffrent de la faim dans le monde", a lancé Louis Michel aux Journées du développement, organisée à Strasbourg le 16 novembre.

La Commission n?est pas la seule à faire part de son impatience. "Il faut que nous puissions compter sur cette enveloppe", jugeait Hervé Lejeune, directeur de cabinet de Jacques Diouf, directeur général de l?Organisation des nations unies pour l?alimentation et l?agriculture (FAO), lors d?un colloque organisé mi-novembre à Paris. Et Hervé Lejeune de poursuivre: "tous les projets sont prêts. Cette aide est perçue comme un signe d?amour de l?Union européenne envers les pays en développement. Ce signe d?amour est très attendu!"

La présidence française, de son côté, défend, par la voix du secrétaire d?Etat chargé de la Coopération, Alain Joyandet, la "spécificité de l?agriculture". "Nous revendiquons une exception alimentaire dans le cadre des discussions internationales de l?OMC", a-t-il argué à Strasbourg, reprenant un des leitmotiv du ministre français de l?Agriculture, Michel Barnier. Il s?est également dit favorable à la coopération entre régions du Nord et celles du Sud. Une solution proche de celle défendue par plusieurs associations de régions européennes.

Le parlement européen, qui doit également donner son accord pour la création de ce fonds, devrait examiner le texte lors de la plénière du mois de décembre. Avant cela, des réunions auront lieu à Bruxelles dans les jours à venir pour tenter d?arracher un accord aux Etats membres sur l'attribution de ce milliard tant attendu.

AGENDA
8-9 décembre : Conférence internationale sur la relance de l?agriculture vivrière et familiale en Afrique, Paris.

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