Adoption d'une mini-réforme de la politique agricole commune

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Les ministres de l'Agriculture de l'Union européenne ont conclu ce jeudi un accord qui relève de 1% pendant cinq ans les quotas laitiers. Les subventions à la production seront réduites pour financer à la place des projets de protection de l'environnement ou de revitalisation des campagnes.

Les ministres de l'Agriculture de l'Union européenne ont conclu ce jeudi, après d'âpres discussions, un accord pour réaménager la Politique agricole commune (PAC) via un relèvement progressif des quotas laitiers et une baisse des subventions à la production.

"Nous serons assez bien équipés pour l'avenir" avec cette mini-réforme de la PAC, en attendant la "grande" pour l'après-2013, qui décidera de son futur budget, a déclaré la commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel.

Selon un diplomate, seule la Lettonie a refusé d'endosser le compromis car elle réclamait un rééquilibrage supplémentaire des aides agricoles de l'UE en faveur des "nouveaux" Etats membres dont elle fait partie.

Les ministres se sont entendus pour relever de 1% pendant cinq ans les quotas laitiers, en attendant leur disparition en 2015, déjà acquise. Introduits en 1984 pour lutter contre la surproduction, ces quotas cristallisent la colère des producteurs de lait qui doivent faire face, dans certains pays, dont la France, à la baisse des prix depuis plusieurs mois, après leur pic de l'automne 2007. Le compromis octroie un régime préférentiel à Rome, qui militait pour leur disparition immédiate : la possibilité d'augmenter de 5% en une fois son quota dès 2009.

Par ailleurs, les subventions à la production agricole ("aides directes") vont être réduites pour pouvoir financer à la place des projets de protection de l'environnement ou de revitalisation des campagnes (le "développement rural" de la PAC). Actuellement, l'UE ponctionne 5% des aides directes pour ces projets; ce taux a été relevé à 10%.

Pour la première fois, les très grandes exploitations, qui perçoivent plus de 300.000 euros par an de subvention, verront leurs aides diminuer proportionnellement davantage que les petites. "Je suis contente de voir que le principe selon lequel on peut demander davantage aux gros qu'aux petits est accepté", a souligné Mariann Fischer Boel.

Le transfert des subventions vers l'environnement posait aussi problème aux Etats, qui ont l'obligation de cofinancer ces nouveaux projets en apportant 50% des investissements nécessaires. Cette proportion a été ramenée à 25% dans le compromis, voire 10% pour les pays les plus pauvres de l'UE.

Enfin, des aides de compensation sont prévues pour les éleveurs des zones fragiles de montagne, car l'Allemagne, la France et l'Autriche redoutent que l'ouverture des vannes de la production ne fasse chuter les prix et ne menace leur existence.

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il demeure toujours anormal que certaines exploitations reçoivent une subvention dépassant 300000 ?.Comme nous le voyons le maintien voir la baisse du prix d'achat du lait offert par les syndicats laitiers aux exploitants favorise les grandes exploitation qui peuvent encaisser ces baisses.Indirectement la politique agricole commune détruit un certain ecosystème qui permettait de nous assurer le servce de "jardiniers" dans les ampagnes françaises.Terres en friches en Beauce (parcelles mortes car plus de culture et érosion),forêts non entretenues (en charente par exemple), terres non irriguées, ni asséchées (La Sologne redevient le marais qu'elle était au XIXe). Nos experts n'ont pas compris qu'ils malmènent les jardiniers de nos campagnes qui disparaissent... dernière génération.

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