Les faibles dépenses des Vingt-Sept en R&D menacent la compétitivité de l'UE

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L'espace européen de la recherche devient plus attrayant, mais l'intensité de l'activité de recherche et développement a stagné dans l'UE en 2008, selon un rapport de la Commission européenne. Les dépenses pour la science et la recherche seraient toujours beaucoup trop faibles par rapport aux Etats-Unis ou au Japon.

Entre 2000 et 2006, dix-sept Etats membres, principalement ceux qui sont en retard dans leurs dépenses dans les secteurs de la recherche et du développement (R&D), ont augmenté leurs budgets de recherche. Mais les dix autres les ont diminués, laissant les dépenses en matière de recherche s'enliser à 1,84% du PIB depuis 2005 dans l'UE, loin derrière les Etats-Unis (2,6% du PIB), le Japon et la Corée du Sud.

C'est ce qu'a souligné le commissaire à la Recherche, Janez Potocnik, lors de la présentation du rapport sur les progrès de l'UE dans le domaine de la R&D et de l'innovation en 2008, le 22 janvier. "Vu le contexte de la crise actuelle, ce n'est pas le moment de relâcher l'effort d'investissement dans la recherche et l'innovation. C'est vital si l'Europe veut sortir plus forte de la crise économique et relever les défis du changement climatique et de la mondialisation", a-t-il déclaré.

En adoptant la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi (voir le dossier d'EurActiv.com), les dirigeants de l'UE se sont fixés pour but d'augmenter les dépenses de R&D de 3% du PIB afin de faire de l'Europe la société de la connaissance la plus compétitive au monde. "Si je devais évaluer l'Europe, je dirais que sa performance est moyenne, a déclaré Janez Potocnik le 22 janvier. Il a en outre souligné que l'UE a un bon potentiel mais qu'elle peut faire mieux."

Selon le commissaire, ce constat "déprimant" résulte de la diminution des investissements privés dans l'UE, au moment où ils ont substantiellement augmenté aux Etats-Unis, au Japon ou en Chine. Pékin a en effet vu son secteur de la R&D croître de 50% entre 2000 et 2006.

Janez Potocnik a appelé à plus d'investissements du secteur privé et plus d'implication de la part des industriels dans le domaine de la haute technologie. "Pour le moment, le secteur de la haute technologie représente 12% du PIB de l'UE, alors qu'aux Etats-Unis, ce chiffre s'élève à 18%. Les gouvernements doivent créer des conditions favorables pour des marchés à croissance rapide et propices à l'innovation et permettre un accès moins onéreux au système européen de brevets", a-t-il indiqué.

Selon une enquête récente, les citoyens européens seraient favorables à l'augmentation des budgets de R&D et craignent que la crise économique ne conduise les Etats à faire des coupes sévères dans ce domaine dans leurs budgets nationaux.

En France, le gouvernement à lancé une réflexion pour une "stratégie nationale de recherche et d'innovation" (SNRI), fin août 2008. Ce projet a pour but de définir les priorités de la recherche française pour 2009-2012 et ainsi d'améliorer les piètres performances de la France dans ce domaine.

En 2006, l'effort de R&D en France a représenté 2,09% du produit intérieur brut (PIB), le privé assurant 54,9% de ces dépenses. "Qui peut sérieusement penser que la France peut prétendre gagner aujourd'hui la bataille de l'intelligence avec une organisation et des outils datant de plus d'un demi-siècle?", a lancé le président français Nicolas Sarkozy aux responsables de la recherche française et à des dirigeants d'entreprises, jeudi 22 janvier, à l'Elysée. Avant d'ajouter: "Nous devons profiter de ces moments de crise pour accélérer la modernisation des structures obsolètes et changer les mentalités qui nous ont conduits là où nous sommes." En décembre 2008, la ministre française de la recherche avait souligné la nécessité en faveur d'un décloisonnement des activités de recherche (lire EurActiv.fr, 01/12/2008)

"Les Européens ont également fait part de leur soutien pour un espace européen coordonné de la recherche qui, selon Janez Potocnik, a commencé à donner des résultats encourageants." "L'UE s'est ouverte au monde et devient de plus en plus attractive pour les investissements étrangers, les étudiants et les chercheurs", a-t-il relevé.

Des chiffres montrent que le nombre de chercheurs augmente deux fois plus rapidement dans l'UE qu'aux Etats-Unis et au Japon depuis 2000, même si la part de chercheurs dans la force de travail de l'UE est toujours plus faible, comparée à ses principaux concurrents.

 


L'espace européen de la recherche lancé en 2000
La Commission européenne a proposé pour la première fois en 2000 la création d'un espace européen de la recherche (EER, cf. le dossier d'EurActiv.com). Depuis, elle a présenté plusieurs textes pour lever les principaux obstacles susceptibles de gêner les chercheurs en Europe. Principal défi: attirer des scientifiques compétents des pays tiers et faciliter leur libre circulation au sein de l'UE.

 

 

 

Site d'EurActiv.fr

 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
ABSENCE DE VISION LONG TERME, nos gouvernants et nos parlementaires sont conseillers par des ENARQUES IGNORANT tout des mécanismes de l'innovation...dans les industries. RESULTAT, OSEO fait le banquier de service pour les tresorerie et les fonds de roulement,et ne reponds pas (ou extrêmement marginalement)aux PME qui innovent. LEUR DEDAIN EST AFFLIGEANT et mène l'économie vers un DECLIN CERTAIN.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il faudrait utiliser l'argent pour la recherche fondammentale et la recherche appliquée au lieu d'accueillir plein de monde et de construire des logements sociaux à ne plus en finir

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