La Commission veut faire profiter les jeunes entrepreneurs des bienfaits d'Erasmus

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Le programme "Erasmus pour jeunes entrepreneurs" lancé par la Commission européenne devrait permettre la mobilité de 570 jeunes entrepreneurs en Europe d'ici fin 2010.

Permettre à des jeunes entrepreneurs d'un pays membre de l'UE de passer entre un et six mois aux cotés d'entrepreneurs expérimentés d'un autre Etat de l'UE est l'objectif du nouveau programme Erasmus.

Après le succès du programme Erasmus pour la mobilité des étudiants, la Commission européenne a lancé l'"Erasmus pour jeunes entrepreneurs", vendredi 19 février.

Il encourage le départ de nouveaux entrepreneurs expérimentés, à la tête d'une entreprise depuis moins de trois ans, ou sur le point d'en créer une. L'objectif est qu'ils soient accueillis par "un entrepreneur chevronné", selon la Commission européenne.

La mise en relation se fera par l'intermédiaire d'organisations affiliées à la réalisation du programme dans chacun des vingt-et-un Etats membres y participant. Plus de cent organisations intermédiaires (OI) ont été désignées et leur travail est coordonné par Eurochambre, l'association des chambres de commerces européennes. En France, il s'agit par exemple, de la Chambre de commerce et de l'industrie de Paris (CCIP) ou de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

Pour bénéficier du programme, l'entrepreneur devra remplir un formulaire en ligne, puis le transmettre à l'une des OI de son pays. Une fois sélectionné, son profil sera ajouté à une base de données à laquelle auront accès les entrepreneurs "chevronnés" et les OI des autres Etats membres, qui pourront alors procéder au choix ou aider à la rencontre.

Outre la base de données générale à laquelle l'ensemble des OI auront accès, la responsable du programme à la CCIP, Marie Azuelos, a indiqué à EurActiv.fr que la chambre faisait partie d'un consortium regroupant des chambres de commerces d'autres Etats membres. Présidé par un partenaire allemand, ce consortium compte trois autres chambres partenaires: une bulgare, une italienne, et une autrichienne.

Le but de ce regroupement est d'accélérer la mobilité des jeunes entrepreneurs. La CCIP a déjà sélectionné les établissements parisiens HEC, ESCP et Advancia, ainsi que la pépinière d'entreprises Paris Soleillet. Ces structures peuvent lui proposer des candidats qui pourront alors partir dans l'une des entreprises agrées par les autres partenaires du consortium.

La Chambre régionale de commerce et de l'industrie d'Auvergne (CRCI Auvergne) fait également partie d'un consortium regroupant la Belgique, l'Italie et l'Espagne, selon Michèle Bernard, responsable du programme.

Ce programme attire-t-il déjà des candidats? Selon la CCIP, "beaucoup de monde est intéressé. Les rapprochements se feront au mois de mars avril pour que les premières mobilités aient lieu fin avril début mai".

A la CRCI Auverge, on consent qu'il sera "relativement difficile" pour quelqu'un qui vient de monter son entreprise de partir dans un autre Etat membre. Au contraire, pour une personne "en phase de maturation de son projet d'entreprise ou en formation, le programme devrait être utile."

Des aides financières à la mobilité des entrepreneurs sont prévues afin de couvrir les frais de voyages et de séjour. Le financement des dépenses tient compte du coût de la vie et varie entre 560 euros en Lettonie et 1 100 euros au Danemark. Mais les entrepreneurs qui souhaitent profiter du système devront apporter un financement supplémentaire et démontrer qu'ils ont un plan de développement viable (Euractiv.com 20/02/2008).

La directrice pour la promotion de la compétitivité des PME à la Commission Mme Rute, estime que le projet n'aura pas de mal à trouver des entrepreneurs chevronnés pour accueillir les candidats à la mobilité, contrairement aux critiques formulées. La Commission rappelle en effet que l'Europe compte 23 millions de PME. 870 étant seulement nécessaires pour faire fonctionner le projet. (Euractiv.com 20/02/2008).

Un programme dans le cadre du "Small business act" européen
Quelque 51% des jeunes européens seraient désireux de créer leur propre entreprise. Seulement 8% des PME utilisent le marché intérieur pour exporter leurs biens et services dans d'autres Etats membres, selon la Commission européenne. Selon le communiqué de presse de la Commission, "l'Erasmus pour jeunes entrepreneurs vise à renforcer les liens et la compréhension entre les citoyens de l'UE. Il encourage l'esprit d'entreprise en Europe et contribue à la multiplication et au renforcement des entreprises - un atout essentiel pour lutter contre la crise économique actuelle".

Ce programme s'inscrit dans le cadre du "Small Business Act" (SBA) de la Commission européenne de juin 2008, qui cherche notamment à "créer un environnement au sein duquel les entrepreneurs peuvent s'épanouir et où l'esprit d'entreprise est récompensé" selon la Commission européenne. Le SBA vise à libérer pleinement le potentiel de croissance et de création d'emplois des PME, dans la perspective de l'agenda de Lisbonne : "faire de l'Europe l'économie la plus compétitive du monde".

 

Le site Euractiv.com

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