Les eurosceptiques dans l'euphorie des médias sociaux

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L'Union européenne doit améliorer drastiquement ses stratégies de communication pour contrer l'euroscepticisme. C'est ce qu'on pouvait entendre, lundi 27 avril, lors d'un séminaire accueilli par la fondation Konrad Adenauer.

"Un quart des Allemands pense que l'Allemagne ne sort pas gagnante de son appartenance à l'Europe", a déclaré le conseiller de la Commission européenne Jonas Condomines Béraud devant l'assemblée réunie à la Fondation Konrad Adenauer, lundi 27 avril à Bruxelles. De leur côté, 33% des citoyens britanniques sont "fermement opposés à l'Union européenne", a-t-il ajouté.

Mickael Hager, un membre du cabinet de la vice-présidente de la Commission européenne Margot Wallström, a noté que les partis eurosceptiques, bien que disposant de "ressources limitées", étaient composés d' "esprits créatifs" qui utilisaient les nouveaux médias comme des leviers pour diffuser leur message.

C'est le cas du britannique Daniel Hannan, député conservateur, dont le récent discours au Parlement européen a rencontré un grand succès sur YouTube. La vidéo a ainsi été vue plus de deux millions de fois sur le site de partage de vidéos, après avoir été diffusé par le biais des blogs.

En France, le CPNT et le MPF, regroupés sous la bannière de Libertas-France, sont également très actifs sur ce terrain. Le parti a notamment diffusé trois vidéos eurosceptiques, dont l'une d'entre elles a été visionnée plus de 60 000 fois. Si Libertas se défend pour l'instant d'être lié directement à ces vidéos, certains estiment que le parti les a directement commandées à une agence de communication. Les partisans de Philippe de Villiers et Frédéric Nihous sont également très actifs sur les réseaux sociaux Facebook et sur Twitter.

"C'est une stratégie commune aux groupes eurosceptiques, a expliqué Mickael Hager, mais l'exécutif européen et les partis établis sont au contraire trop lents pour réagir face aux nouveaux médias".

L'Europe "a besoin d'être plus visible"

Le "Piratpartiet", parti suédois dont le programme concerne les droits d'auteurs, illustre aussi la souplesse des petits partis ciblés sur une seule thématique. La condamnation du site The Pirate Bay par une cour de justice suédoise a déclenché un vaste mouvement d'adhésion au parti, qui est passé de 10 000 à plus de 38 000 membres en quelques jours (EurActiv .com, 22/04/09).

Dietmar Halper, directeur de la revue autrichienne Politische Akademie der ÖVP, a expliqué qu'en Autriche, l'Union européenne souffre de "mauvaise presse" dans les médias traditionnels. Le Kronen Zeitung, qui diffuse à plus de trois millions d'exemplaires par jour, a une position si dure contre l'UE "qu'à côté, le Daily Mail passe pour un journal modéré", estime-t-il.

Les partis polonais eurosceptiques bénéficient également du soutien de groupes de presse influents, a de son côté noté Pawel Swieboda, directeur du centre DemosEuropa pour une stratégie européenne en Pologne. Radio Maryja, soutenue par l'Eglise catholique «traditionnellement eurosceptique», compte "plus de cinq millions d'auditeurs" et "exerce un pouvoir non-négligeable" sur la politique, a-t-il ajouté.

Le professeur Paul Taggert, qui enseigne à l'Université du Sussex, a souligné que l'Europe "a besoin d'être plus visible". Le seul moyen pour que les opinions évoluent, "c'est que les personnalités politiques conduisent l'opinion publique, et pas seulement qu'elles réagissent contre l'Europe".

Thomas Bernard Stehling, directeur de la Fondation Konrad Adenauer de Londres, a ajouté que l'euroscepticisme des personnalités européennes était renforcé par le choix des représentations permanentes de la Commission de ne pas être "plus agressives dans leur façon de promouvoir l'Europe".

Le site d'EurActiv.fr

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ce qui dessert la cause européiste, en tout cas en France, c'est surtout l'euroscepticisme de principaux médias et journalistes français: je pense à Duhamel sur France culture, Christine Ockrents, JM Apathie, le fraichement nommé JL Hess sur Radio France qui a même affiché ouvertement pour convaincre le CSA son attachement à la cause européiste, les rédaction de France télévision, TF1, le Tribune, Le Figaro, les Echos, Libé, l'obs et bien sûr, le plus emblématiques de tous les eurobéats, j'ai cité le Monde. Avec autant de contradicteurs, pas étonnant que la cause européiste ait du mal à faire un tabac.!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
LOL --> "c'est surtout l'euroscepticisme de principaux médias et journalistes français:"
J'en rigole encore !!!! Mais je rêve.... il suffit de repenser au référendum sur la constitution européenne... 95 % des médias soutenaient (et soutiennent encore ce traité). Il n'y avait pas de place pour le camp du non. On n'entendait que les ouiouiste et les eurobeats....



a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Un élément de réponse parmi tant d'autres : peut-être que si les fervents partisans des institutions européennes font preuve de moins d'imagination que les détracteurs des dites institutions pour faire passer leur message, c'est parce qu'ils manquent de conviction. Qu'en pensez-vous ?

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