La présidence française de l'UE en toile de fond du programme de l'UMP

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Alors que les listes sont désormais bouclées, Euractiv.fr se penche sur le détail du programme de la majorité présidentielle.

Pour une Europe "réactive, indépendante et solidaire". Ces trois adjectifs résument la trentaine de propositions portées par l?UMP et présentées, jeudi 7 mai à l'Assemblée nationale, par le ministre de l'Agriculture et tête de liste pour l'Ile-de-France, Michel Barnier.

Le contexte de crise influence sans conteste le contenu du programme du parti de la majorité, lequel s?inscrit dans le prolongement des initiatives lancées pendant la présidence française de l?UE. Outre le déploiement coordonné au niveau européen des plans de relance, l?UMP souhaite accroître l?effort financier en direction des bassins industriels. A ce titre, il serait notamment question de doter la coopération territoriale d?un nouveau volet dénommé "Interreg Industrie", de manière à soutenir les entreprises confrontées à des problématiques communes à l?échelle transnationale.

La moralisation du capitalisme financier, chère à Nicolas Sarkozy, fait également l?objet de propositions héritées du G20. On notera ainsi la volonté d?encadrer l?ensemble de la finance, des fonds spéciaux aux paradis fiscaux en passant par les rémunérations des opérateurs financiers.

Placées "au c?ur de la relance européenne", les PME doivent pouvoir libérer leur potentiel d?innovation, selon l?UMP. Il s?agirait notamment de développer une "politique européenne de sécurité financière des PME" qui améliorerait leur accès au crédit.

Les effets de la crise comportent des risques importants en matière de cohésion sociale. Ainsi, l?UMP met avant tout l?accent sur la sauvegarde des modèles sociaux nationaux, des services publics et des mesures anti-dumping. L?Europe ne saurait suppléer aux Etats en matière de prestations sociales, son rôle devant se cantonner à la construction d?un dialogue européen vecteur de progrès en matière de normes sociales.

Le programme mise sur d?autres orientations stratégiques. L?UMP fait de "l?éco-croissance" le fil rouge du progrès économique et souhaite favoriser les emprunts communautaires de manière à "bâtir ensemble des projets forts". Placée au service du "financement à long terme de l?économie", une Caisse des dépôts pourrait être créée dans le but de centraliser l?épargne des citoyens.

Alors qu?une politique industrielle commune peine à voir le jour, l?UMP met en exergue l?importance de "l?Europe des projets et de l?industrie", guidée par un "certain patriotisme industriel" que la majorité présidentielle revendique. Appelant de ses v?ux le lancement de chantiers industriels continentaux innovants, l?UMP soutient par exemple la création d?un réseau européen de bornes de rechargement pour les voitures électriques, qui allie innovation et respect de l?environnement.

Ce domaine fait justement l?objet d?une attention particulière. Outre la volonté de parvenir à l?exécution des mesures adoptées sous présidence française, un "Stockholm de l?environnement" est proposé, alors que la présidence suédoise se profile. Décrite comme le pendant du grenelle français de l?environnement, l?initiative permettrait d?engager l?Europe dans un débat axé sur la problématique du développement durable.

Conçue comme le gage de la sécurité alimentaire de l?Europe, la PAC est également perçue comme un facteur de dynamisme territorial. Ses principes fondateurs, tels la traçabilité et la qualité des produits, doivent donc être appliqués de manière réciproque par les partenaires commerciaux de l?UE.

Le litige russo-ukrainien ayant renforcé les velléités d?indépendance énergétique de l?Europe (Euractiv 10/09/2008), l?UMP plaide pour la constitution d?un véritable marché intérieur de l?énergie et se prononce en faveur d?une centrale européenne d?achat du gaz.

Le programme recouvre également d?autres thématiques telles que la culture avec la création d?une Université européenne des arts, ou la jeunesse, qui se verrait gratifiée d?un Pass?Europe (fonctionnant comme les chèques-vacances) et d?un accès élargi aux dispositifs qui leur sont destinés, à l?instar du Service volontaire européen.

 

Jacques Toubon, "l?oublié" des européennes

Dans une interview accordée au Parisien le 11 mai, Jacques Toubon, ancien ministre de la justice et eurodéputé sortant, s?est estimé "oublié" des listes de l?UMP. Aucune place éligible ne lui a en effet été accordée. Il présentait pourtant des atouts certains, ayant été élu il y a cinq ans sur la liste francilienne. Susceptible de figurer en deuxième position de la liste du Sud-Est, il se fera finalement souffler la place par Damien Abad, président des Jeunes centristes. La situation résulte, selon lui, du mode d?investiture des candidats qui ne se fait pas "en fonction de l?efficacité [?] mais des nécessités électorales", l?UMP s?étant résolue à réserver des places au Nouveau Centre.

 

 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
JE NE VAIS PAS voter pour un parti,l'UMP qui à créé la loi Hadopi et qui va la mettre en fontionnement ! !
Je ne suis pas maso.
Et pourtant j'ai voté Sarkozy à la présidentielle,comme quoi on peut changer d'avis,l'important dans la vie c'est de ne pas faire la même erreur deux fois.

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