Une nouvelle alliance eurosceptique prend forme

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Les conservateurs britanniques, tchèques et polonais ont formé une nouvelle alliance eurosceptique le 30 mai. Ils veulent constituer un groupe au sein du futur parlement européen.

Un nouveau groupe anti-fédéraliste a été constitué le 30 mai à Varsovie. Il regroupe les conservateurs britanniques de David Cameron, le Parti démocratique civique tchèque (ODS) de l?ancien Premier ministre Mirek Topolanek, et le parti Droit et Justice (PiS) de l?ancien Premier ministre polonais, Jaroslaw Kaczynski.

Ce nouveau groupe politique est supposé ébranler le Parti populaire européen (PPE), la formation de centre droit dominante au parlement européen, jusqu'à maintenant largement favorite pour remporter les élections européennes, qui se dérouleront du 4 au 7 juin.

Près de 60 eurodéputés du groupe PPE-DE pourraient rejoindre la nouvelle formation dans le prochain parlement européen. De ce fait, le PPE-DE pourrait ne plus être le parti politique le plus important du parlement, laissant les rênes au Parti socialiste européen (PSE).

La décision du dirigeant des conservateurs britanniques, David Cameron d?établir ce nouveau groupe a été critiquée par les principaux médias de la presse britannique. David Cameron domine les sondages au Royaume-Uni, où il est largement pressenti comme futur Premier ministre, mais il a été condamné pour avoir fraternisé avec le PiS, parti jugé ultraconservateur et homophobe.

Le chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, qui vit toujours chez sa mère et a refusé pendant de nombreuses années d?ouvrir un compte en banque, s?est forgé lui-même une réputation de semeur de discorde en maintenant la Pologne en-dehors du processus de modernisaton.

Le nom de Mirek Topolanek, chef de l?ODS et ancien Premier ministre tchèque a, dans le même temps, été cité dans un autre scandale. Dans la presse tchèque, Mirek Topolanek apparaît nu, en compagnie d?une femme, sur des photos prises dans la villa de Silvio Berlusconi en Sardaigne. Alors que le Premier ministre italien est lui-même au centre d?un scandale du même ordre que l?affaire Lewinsky (EurActiv.com 26/05/09), ses avocats ont fait interdire la publication des photos par la presse italienne sur la base de la protection de la vie privée d?un responsable politique étranger.

The Guardian, quotidien britannique de centre gauche, a qualifié la manoeuvre du dirigeant des Tories (conservateurs) de ?tragique? et ?imprudente?. Lord Kerr of Kinlochard, un ancien chef du ministère des Affaires étrangères, ambassadeur britannique auprès de l?UE lors des négociations du traité de Maastricht en 1991, a déclaré ne pas comprendre "un tel engagement rigide, voué à l?impuissance, ni en quoi les partis tchèques et polonais formant le nouveau groupe avec les Tories étaient préférables à la chancelière allemande, Angela Merkel, ou au président français, Nicolas Sarkozy". Il a ajouté qu?il ne comprenait pas non plus pourquoi les Tories envisageaient "cette voie comme la meilleure pour exercer une influence en Europe".

Pour le président français du groupe PPE au parlement, Joseph Daul, les conservateurs britanniques "sont déjà en train de payer cher" leur décision de quitter le PPE, a-t-il confié à EurActiv.fr.

Caroline Jackson, eurodéputée conservatrice pro-européenne, qui ne s?est pas représentée pour ces élections a déclaré, selon The Independent, que "David Cameron regretterait amèrement cette décision de se retirer du PPE".

Martin Bursik, dirigeant du parti Vert tchèque et ancien membre de la coalition avec l?ODS, a déploré la décision de la création de ce nouveau groupe politique, s'avouant "vraiment surpris et contrarié par cette déclaration". Selon lui, "l?ODS revient à ses racines fondamentalistes et eurosceptiques. Ce parti se présente comme pro-européen, mais les déclarations de ses dirigeants et tout particulièrement le choix de ses partenaires politiques suggèrent plutôt que c?est un parti qui cherche à s?isoler en Europe", a-t-il déclaré à Radio Prague.

Selon the Guardian, Chris Patten, ancien commissaire européen qui a également été gouverneur de Hong-Kong, a lui aussi émis des critiques sur cette manoeuvre : "c?est une décision maladroite qui va réduire l?influence des conservateurs britanniques au parlement européen", a-t-il déclaré.

Du 4 au 7 juin, 375 millions de citoyens sont appelés à voter pour les 736 eurodéputés qui vont les représenter au parlement européen jusqu?en 2014. Un sondage récent, commandé par le cabinet d?affaires publiques Burson Marsteller (EurActiv 08/04/09), prévoit que le groupe de centre-droit PPE-DE aurait l'effectif le plus important de la prochaine législature, avec approximativement 249 sièges, alors que le groupe socialiste devrait difficilement obtenir 209 sièges, augmentant légèrement sa position de 27% à 28% dans la nouvelle assemblée.

Cependant, le sondage annonce que la nouvelle donne parlementaire pourrait résulter de la décision des Tories britanniques de quitter le PPE et de créer un nouveau groupe conservateur européen avec les conservateurs tchèques de l?ODS et d?autres partis dont la sensibilité est à droite.

 

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