Commissaires européens : le jeu des chaises musicales commence

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Lors du Conseil européen qui s'ouvre à Bruxelles ce jeudi, les Etats membres devraient soutenir la candidature de José Manuel Barroso pour un second mandat à la tête de la Commission. De son côté, la Pologne a dévoilé le nom de son prochain commissaire. Dans les autres pays, le jeu des pronostics commence. Les partenaires du réseau EurActiv ont participé à cet article.

Si José Manuel Barroso rempile à la tête de la Commission, le prochain collège pourrait compter près de vingt nouveaux venus (

EurActiv 28/01/09

).

Réélu député européen (PPE-DE) le 7 juin, le polonais Janusz Lewandowski a été choisi par le Premier ministre Donald Tusk pour remplacer Danuta Hübner, l?actuelle commissaire à la Politique régionale. Fraîchement élue députée européenne, Danuta Hübner quitte donc la Commission pour le parlement.

Janusz Lewandowski espère obtenir un portefeuille différent au sein du collège, qui devrait être nommé cet automne. La Pologne cherche à s?assurer les Affaires économiques et monétaires, le Marché intérieur ou l?Industrie. Mais les difficultés causées par le pays lors des négociations sur le traité de Lisbonne et la difficile ratification qui a suivi pourraient faire obstacle à ses ambitions.

Conseiller économique du mouvement Solidarnosc dans les années 1980, Janusz Lewandowski a occupé deux fois le poste de ministre en charge de la Privatisation (1990-1991 et 1992-1993). Il est en outre l?un des pères de la Bourse de Varsovie.

Eurodéputé lors de la législature précédente, Janusz Lewandowski a présidé la commission parlementaire du budget les deux premières années et demi. Il a dû quitter son poste lorsqu?un autre Polonais, Jacek Saryusz-Wolski, est arrivée à la tête de la commission des Affaires étrangères.

La République tchèque veut attendre

D?autres Etats membres ont déjà mis en avant le nom de candidats potentiels au poste de commissaire. Malgré le désir de l?actuel gouvernement tchèque de nommer un nouveau commissaire tchèque dès que possible, les dirigeants des deux plus importants partis - l?ODS (centre-droit) et le CSSD (socio-démocrates de centre-gauche) - ont annoncé leur intention d?attendre la tenue des élections nationales, en octobre.

Cette décision a été critiquée par le Premier ministre, Jan Fischer, et d?autres membres du cabinet. Interrogé par les journalistes le 15 juin pour savoir s?il n?avait pas peur que tous les portefeuilles importants soient pris au moment où le nouveau gouvernement tchèque se formerait, Jan Fischer a déclaré qu?il partageait les inquiétudes des journalistes.

Les spéculations sur le futur commissaire tchèque vont donc bon train. Les sociaux-démocrates ont proposé quelques noms tels que celui de l?actuel commissaire à l?Energie, Vladimir Spidla. L'ancien candidat malheureux à la présidentielle (professeur et économiste à l?Université du Michigan) Jan Svejnar et l'ancien commissaire et négociateur des discussions de pré-adhésion avec l?UE, Pavel Telicka, ont également été évoqués. Mais les Démocrates civiques (ODS) sont indécis et affirment que leur principale priorité concerne la nature du portefeuille. Les personnes devraient donc être désignées en fonction de ce choix, ont-ils expliqué.

Les médias spéculent aussi largement sur le dirigeant de l?ODS, Mirek Topolanek, qui pourrait être intéressé par le poste, même s?il a toujours rejeté cette hypothèse.

Michel Barnier tient la corde

En France, alors que le commissaire à la Justice et aux affaires intérieures, Jacques Barrot, a exprimé le souhait de rester à la Commission, le président Nicolas Sarkozy semble soutenir le ministre de l?Agriculture et eurodéputé fraîchement élu Michel Barnier (PPE). Ce dernier a été commissaire à la politique régionale entre 1999 et 2004. Il a coordonné la campagne de l?UMP pour les élections européennes. "Il est clair qu?il est en haut de la liste des candidats potentiels", a affirmé le président français le 11 juin (EurActiv.fr 12/06/2009).

Mais certains observateurs ont aussi mentionné le nom de l?ancien secrétaire d?Etat aux Affaires européennes, Jean-Pïerre Jouyet, qui préside actuellement l?Autorité des marchés financiers. Le désir de la France de se saisir du portefeuille du Marché intérieur actuellement détenu par l?Irlandais, Charlie McCreevy n'étant pas vraiment un secret. Ce portefeuille stratégique couvre notamment les questions de régulation des marchés financiers, chères au président français.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a apporté son soutien à son collègue chrétien-démocrate, le ministre de l?Intérieur Wolfgang Schäuble. Mais d?autres responsables politiques de la CDU ont également été pressentis pour le poste, par le passé, à l?instar de Friedrich Merz, Peter Hintze et Elmar Brok.

Après deux mandats, la commissaire suédoise Margot Wallström se retire. Entres autres noms, circule celui de Gunilla Carlsson, ministre de la Coopération internationale au développement, qui pourrait devenir commissaire au développement.

Jan Figel ne devrait pas rester le commissaire slovaque, son parti politique ayant quitté le gouvernement. Le nom de l?ambassadeur slovaque auprès de l?UE, Maros ?efcovic, revient régulièrement.

En Roumanie, les deux partis rivaux de la coalition gouvernementale, le PSD (socio-démocrates) et le PD-L (démocrates libéraux) réclament tous deux le droit de désigner le prochain commissaire. Ils se disputent pour savoir qui a vraiment gagné l?élection. Ils vont en effet avoir le même nombre de députés (11), Elena Basescu, la fille du président, étant retournée au PD-L après une campagne indépendante réussie.

Une source du PD-L affirme que le président a gagné le soutien de la France et de la Grèce pour un portefeuille d?importance, comme l?Agriculture. L?ancien ministre Dacian Ciolos pourrait également être nommé à ce poste. Dacian Ciolos a obtenu son diplôme à l?Ecole nationale supérieure agronomique à Montpellier. L?ancienne ministre de la Justice, Monica Macovei, est une autre candidate potentielle. Elle est soutenue par le PD-L de centre-droit.

Dans le camp socialiste, les noms de l?eurodéputé Adrian Severin et de Vasile Puscas, chef du département roumain des Affaires européennes, circulent.

Au Luxembourg, Viviane Reding devrait assumer un troisième mandat et espère conserver le portefeuille de la Société de l?information pour cinq années de plus.

 

Le futur président du parlement pourrait être polonais
Le Premier ministre polonais doit rencontrer le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, le 18 juin, en amont du sommet européen, pour le convaincre que Mario Mauro, candidat italien pour le poste de président du parlement européen, n?a aucune chance d?être soutenu par les plus grands pays européens (EurActiv.com 09/06/09). Le député européen polonais, Jerzy Buzek, est pressenti pour être élu à la tête de l?assemblée parlementaire. Il deviendrait président pour deux ans et demi, puisque les chrétiens-démocrates partagent généralement le mandat de cinq ans avec les socialistes. La commissaire sortante Danuta Hübner peut espérer diriger l?une des commissions parlementaires, probablement celle sur la politique régionale. En conséquence, Jacek Saryusz-Wolski ne présidera probablement pas la commission des Affaires étrangères. Mais l?ancien ministre polonais présidera toujours la délégation polonaise du groupe PPE au parlement, ont déjà confirmé certaines sources au parlement.

 

Le calendrier
Du 14 au 16 juillet 2009 : première session plénière du nouveau parlement européen.
Automne 2009 : nomination de la nouvelle Commission européenne.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
et commissaire à l'agriculture ? toujours aux Danois ?

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