Premières impressions et projets de cinq nouveaux députés européens français

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A l'occasion de la première session plénière du Parlement européen, EurActiv.fr a recueilli auprès de cinq députés français leurs premières impressions de parlementaires européens. Ils ont également évoqué les dossiers sur lesquels ils souhaitent s'investir pour la prochaine mandature.

Ces interviews ont été réalisées séparément

Comment percevez-vous vos premiers pas de députés européens ?

Corinne Lepage (ADLE, MoDem): J'ai eu une vraie émotion hier quand l'hymne européen a retenti et que le président du Parlement européen a rappelé que nous représentions un demi milliards de gens. C'était du même ordre que lorsque je suis entrée pour la première fois dans la salle du conseil des ministres.

On sent malgré tout l'immense difficulté de travailler dans 23 langues avec des cultures et des histoires très différentes.

Il y aussi beaucoup de temps perdu. Le fait d'avoir tout le temps des réunions, des débats, est un peu étonnant.

José Bové (Les Verts, Europe Ecologie): Nous sommes au travail depuis le 10 juin à Bruxelles. La première session plénière est un peu formelle mais le travail concret va commencer (...) puisqu'on va entrer dans les débats par la crise du lait.

Philippe Juvin (PPE, UMP): Nous sommes à Bruxelles depuis trois semaines avec le sentiment très agréable qu'il n'y a pas de manichéisme comme dans la politique française mais une volonté commune de faire avancer l'intérêt général.

Ma toute première impression quand je suis entrée dans l'hémicycle était l'absence de solennité. Et puis en entendant l'hymne européen et en voyant tous ces députés parler des langues différentes, l'atmosphère m'a tout d'un coup semblé magique.

Parmi les difficultés, on peut peut-être évoquer le grand formalisme dans le travail. Mais c'est une conséquence obligatoire pour parvenir à trouver des compromis.

Gilles Pargneaux (S&D, PS) : J'ai été assistant parlementaire à l'Assemblée nationale, donc la vie parlementaire en tant que telle ne m'est pas inconnue, même si le fonctionnement du Parlement européen est incomparable.

Et puis il y a 23 langues et des cultures très différentes. L'une des différences notables est également les liens que nous avons avec d'autres Français PPE ou Verts. Cette reconnaissance liée au fait que nous sommes français pourrait s'apparenter à celle que nous avons en France au sein d'un même groupe politique.

Il y a une richesse humaine incroyable au Parlement européen avec toutes ces nationalités qui se côtoient. Mais ceci complique aussi le travail parlementaire. D'où cette méthode unique d'élaboration des lois européennes.

Dominique Riquet (PPE, UMP) : Le Parlement européen est l'endroit de la négociation permanente. C'est l'entité proportionnelle absolue. Avec 27 nationalités, toutes les données se croisent. Personne n'impose rien en force, contrairement à la France où le système est majoritaire. Tout se négocie et il faut prendre en compte plusieurs couches : politiques, nationales, culturelles...

Quels sont les dossiers sur lesquels vous allez vous engager dans cette prochaine mandature ?

Corinne Lepage (ADLE, MoDem) : Je serai vice-présidente de la commission Environnement.

Parmi les grands dossiers à venir il y a évidemment la lutte contre le changement climatique et la conférence de Copenhague en décembre prochain. Mais je veux m'investir aussi dans la démocratie environnementale, tout ce qui touche à l'information, l'expertise, l'action des consommateurs.

La politique de l'eau, la biodiversité figurent également parmi les dossiers importants.

José Bové (Verts/ALE, Europe Ecologie) : Nous vivons la plus grosse crise laitière jamais vue. Et c'est normal car nous sommes en train de démanteler les outils de maîtrise de production. Le Conseil de l'UE s'est complètement trompé en voulant supprimer les quotas et c'est de la responsabilité du Parlement européen de faire en sorte que des mesures soient prises pour y remédier. (...)

Tout le problème est de savoir de quelle PAC nous avons besoin. Si c'est une agriculture qui protège l'environnement et emploie des paysans nombreux répartis sur tout le territoire, les nouveaux outils s'imposeront d'eux-mêmes. Le marché mondial n'est pas une réponse à l'alimentation (Lire l'interview de José Bové dans son intégralité).

Philippe Juvin (PPE, UMP) : Je serai titulaire en commission Marché intérieur et Droit des femmes et suppléant en Environnement. Je suis très intéressé par cette idée de créer un corps de protection civile européenne.

Gilles Pargneaux (S&D, PS) : J'ai posé ma première question écrite lors de cette première session sur l'instauration d'une taxe carbone aux frontières de l'UE. Je compte également très prochainement m'intéresser au rapport de Frédéric Ries sur les champs électromagnétiques, notamment parce que les problématiques d'antennes-relais sont très présentes dans ma circonscription.

Dominique Riquet (PPE, UMP) : Je serai vice-président de la commission Transport dans laquelle je suis suppléant. Avec 40% de l'industrie ferroviaire française dans ma ville, il était exclu que je ne siège pas dans cette commission. Il faut faire progresser la coordination et l'intermodalité à l'échelle de l'Europe.


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