L'Italie en tête des présidences de commissions au Parlement européen

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Les eurodéputés ont élu les présidents et vice-présidents de 12 commissions parlementaires le 16 juillet. Le vote prend fin lundi 20 juillet avec la nomination des dix commissions restantes.

L'Italie s'est vue attribuer le contrôle du plus grand nombre de commissions, ce qui peut être vu comme un compromis pour la perte de la présidence du Parlement et son statut de seconde délégation la plus importante dans le Parti populaire européen de centre droit (PPE), la famille politique qui a gagné les élections de juin.

Elle est suivie par la France et l'Allemagne. Un grand nombre de vice-présidences sont aussi italiennes, avec notamment la nomination de la protégée de M. Berlusconi, Barbara Matera, élue vice-présidente de la commission sur les droits des femmes et l'égalité des genres.

Le centre droit s'arroge tous les portefeuilles économiques clefs

Les commissions économiques ont glissé vers le centre droit. Le troisième groupe plus important du Parlement, l'Alliance des Démocrates et Libéraux pour l'Europe (ADLE), a réussi à conserver le contrôle de deux commissions parlementaires, qui seront essentielles pour gérer les crises économique et financière.

L'eurodéputé libéral allemand Wolf Klinz présidera une commission spéciale sur la crise, tandis que l'eurodéputée britannique Sharon Bowles présidera la commission des affaires économiques et monétaires (ECON).

Le groupe politique principal, le Parti populaire européen (PPE), dirigera les deux autres commissions en relation avec l'économie européenne : l'eurodéputé conservateur britannique Malcolm Harbour prend la tête de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO) et le chrétien démocrate allemand Herbert Reul celle de la commission de l'industrie (ITRE).

La commission du budget tombe également dans l'escarcelle du PPE. Elle sera présidée par le Français Alain Lamassoure tandis que la commission du contrôle budgétaire sera confiée à l'eurodéputé italien de l'ADLE Luigi de Magistris.

A la dernière minute, l'eurodéputé Mario Mauro, qui était le candidat favori pour diriger la commission des affaires étrangères (AFET) depuis son retrait de la course à la présidence du PE, a décidé de se retirer. Il présidera la délégation italienne. L'Italien a sans doute souhaité conserver toute latitude pour devenir le prochain commissaire italien, selon des sources à Strasbourg.

L'Italie a toutefois conservé le siège de président de la commission AFET. La présidence revient à Gabriele Albertini, ancienne maire de Milan. La commission des affaires étrangères, qui est l'un des postes les plus prestigieux de l'institution, a cependant des pouvoirs limités dans le cadre des traités.

Les sociaux-démocrates se sont assurés des portefeuilles traditionnellement de centre gauche, comme l'environnement, les affaires sociales et les libertés civiles. La socialiste française Pervenche Berès dirigera la commission de l'emploi et des affaires sociales (EMPL), tandis que l'eurodéputé allemand Jo Leinen (S&D) a été élu président de la commission environnement (ENVI).

Présidents élus ou en passe de l'être lundi (ceux signalés par *) dans le tableau figurant dans l'article d'EurActiv.

Un eurodéputé italien appelle à la création d'un comité contre la mafia

L'eurodéputé italien nouvellement élu Rosario Crocetta, maire de la ville de Gela en Sicile, qui vit sous stricte protection policière en Italie et à l'étranger depuis 2002, a demandé au président du Parlement de mettre en place une nouvelle commission pour combattre les mafias en Europe.

Les eurodéputés S&D ont déclaré qu'aujourd'hui il y avait tellement de criminels et groupes mafieux formés dans d'autres pays européens que leurs interconnexions avec les milieux financiers et politiques devaient être examinées.

POSITIONS :

S'exprimant après son élection à la présidence de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs, l'eurodéputé britannique conservateur Malcolm Harbour a affirmé qu'il "continuerait à travailler à la réalisation du marché unique et à sa promesse de croissance économique et d'opportunités pour les entreprises".

Membre du Parlement européen depuis 1999 et coordinateur PPE de cette commission lors de la dernière législature, M. Harbour est réputé pour respecter tant le monde des affaires que le consommateur. "Je travaillerai également sur la bonne information et la protection des consommateurs, et pour qu'ils puissent profiter des avantages d'un marché dynamique et concurrentiel", a-t-il expliqué. "Ainsi, on peut voir que, après avoir formé un nouveau groupe, les conservateurs au Parlement européen montrent que malgré leur poids léger, ils jouent dans la catégorie supérieure et peuvent peser sur des législations européennes importantes", a-t-il ajouté.

L'eurodéputée socialiste française Pervenche Berès, ex-présidente de la commission des affaires économiques et monétaires, jouera toujours un rôle important, en tant que présidente de la commission de l'Emploi et des affaires sociales. Elle a déclaré vouloir "lancer un pont entre les deux commissions, au moment où elles peuvent jouer un rôle de premier plan en s'attaquant à la crise financière et économique". "Notre première priorité sera de réduire le chômage", a-t-elle déclaré, observant que sa commission devra se charger de l'initiative sur la microfinance et d'une proposition visant à modifier les règles du Fonds social européen.

L'eurodéputée suédoise Eva-Britt Svensson (GUE/NGL), nommée présidente de la commission sur les droits de la femme, a déclaré qu'il s'agissait d'un poste clé pour la gauche où elle pourra avoir un rôle dans la définition de l'agenda et travailler pour des engagement forts pour l'égalité des sexes au niveau européen.

Parmi ses priorités à la présidence de la commission parlementaire, Eva-Britt Svensson a cité la nomination d'un commissaire européen responsable de l'égalité des sexes, le développement d'un nouveau plan d'action européen sur l'égalité des sexes (avec comme objectif les conclusions du Programme d'action de Pékin des Nations unies sur l'amélioration de la condition de la femme dans le monde), des politiques européennes de lutte contre la violence contre les femmes, et la protection des droits de la procréation de la femme.

"Nous affrontons bon nombre de défis, et notre point de vue féminin sera important dans la recherche et la définition des réponses politiques à la crise économique et financière, à la crise du climat et à la construction d'une Europe plus sociale", a-t-elle dit, ajoutant que l'agenda de l'égalité des sexes était un élément central - et non isolé - de toute solution aux problèmes majeurs.

 

Le site d'EurActiv.fr
 

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