Anne-Marie Idrac est "très pessimiste" sur l'avenir de Doha

 |   |  384  mots
S'exprimant au cours d'une conférence coorganisée par l'Ifri et le Cepii, la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur a fait part de son scepticisme sur l'aboutissement des négociations internationales.

Les négociations du cycle du Doha, menées sous l?égide de l?Organisation mondiale du commerce (OMC), sont mal engagées. C?est du moins ce qu?a laissé entendre la secrétaire d?Etat au Commerce extérieur, au cours d?une conférence donnée à l?Ifri, ce mercredi 30 septembre, à Paris. "Je suis très pessimiste sur l?avenir du cycle de Doha", a-t-elle dit. Elle a notamment évoqué la "frilosité" des Etats-Unis, mais aussi de l?Europe. Elle a estimé qu?il était "un peu trop tard" pour conclure un accord commercial sur le développement.

"Je suis très pessimiste, notamment à cause des Etats-Unis", a-t-elle ajouté. De retour de Washington, Anne-Marie Idrac a expliqué qu?outre-Atlantique, le nombre des partisans de la libéralisation économique se réduisait, au profit de certaines formes de protectionnisme.

Anne-Marie Idrac a également évoqué la croissance des "nationalismes économiques", qu?elle a imputée à des "raisons politiques". "Il est impossible d?expliquer que l?argent du contribuable va servir à créer des emplois autres que le sien, s?il n?y a pas de contrepartie", a-t-elle affirmé.

"Je suis moins pessimiste que la secrétaire d?Etat, même si je comprends son approche", commente le chercheur Jacques Mistral. "Aux Etats-Unis, la situation à Washington est très embouteillée par deux dossiers épineux : la santé et l?environnement." Et les Européens ? "Ils sont un peu au bord du chemin. Ils ne sont ni les moteurs ni les freins de la négociation", répond-il.

Ouvert en 2001, le cycle de Doha, ou "programme de Doha pour le développement" porte sur la "libéralisation du commerce international", avec pour objectif spécifique le "développement" des pays qui appartenaient alors au "Tiers monde". Mais ce programme de travail, qui comprend 21 points, prend du retard. Un premier délai pour clore les négociations avait été fixé au 1er janvier 2005, puis fin 2006. Mais tous deux ont été dépassés. Début septembre, une réunion de 30 ministres du Commerce organisée à New Dehli, et une réunion de hauts responsables à Genève a mis au point un programme de travail pour les prochains mois. Objectif : achever le cycle de négociations en 2010.

Retrouvez toute l'actualité européenne, avec notre partenaire EurActiv.fr

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :