Les libertés fondamentales, talon d'Achille de la Turquie pour l'adhésion, selon l'UE

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La Commission européenne reconnaît les efforts de la Turquie pour se conformer aux critères d'adhésion mais reste intraitable sur la question chypriote et les droits de l'homme. Les autres pays candidats ont aussi des progrès à faire.

A l'Est, ... presque rien de nouveau. La Commission européenne estime dans son rapport de stratégie d'élargissement que la Turquie ne remplit pas pleinement les conditions d'adhésion à l'UE. Cette évaluation, publiée le 14 octobre 2009, établit sans surprise que des efforts demeurent nécessaires pour poursuivre les négociations, notamment dans le domaine des libertés fondamentales et des "relations de voisinage", un aspect jugé capital pour tous les pays candidats.

Le commissaire à l'Elargissement, Olli Rehn, a exprimé les inquiétudes de la Commission face aux violations des libertés de culte, d'association, syndicale et au défaut de protection des enfants et des minorités. "Nous appelons le gouvernement turc à régler le problème de la liberté d'expression", a-t-il ajouté. Il a évoqué une "préoccupation majeure" de l'UE à ce sujet, compte tenu de la définition même des critères de Copenhague.

"Mur de Berlin" à Chypre

Le commissaire a également insisté sur le respect "complet et non-discriminatoire" du protocole d'Ankara. Ce texte suppose l'association de la Turquie et de l'Union européenne dans une union douanière comprenant tous les Etats membres, y compris Chypre, alors que la Turquie lui dénie toujours le statut d'Etat (EurActiv.fr 07/04/2009). Le refus du ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, d'ouvrir les ports et aéroports de son pays aux Chypriotes grecs, début octobre, illustre ces tensions. Olli Rehn a donc encouragé la Turquie à s'engager dans un processus de confiance. L'occasion d'inviter les deux communautés chypriotes à faire de même, après avoir souligné l'incongruité de ce "mur de Berlin" dans un Etat membre d'une Union "où la paix doit régner".

Si l'adhésion turque prendra du temps, la Commission souligne malgré tout certains progrès. Le rapport salue notamment la réforme judiciaire, ainsi que l'ouverture des consultations pour la question kurde, et surtout la normalisation des relations avec l'Arménie, "un tournant historique", selon Olli Rehn. Le procès Ergenekon [cinquante-six personnes, dont deux généraux à la retraite et des journalistes, sont accusées de complot contre le gouvernement turc, ndlr] est également une opportunité selon lui. Il permettrait au pays de démontrer sa capacité à "affronter son passé récent et des pratiques réputées non démocratiques".

Les défis ne manquent pas pour les deux autres pays candidats officiels à l'adhésion. La Croatie est appelée à intensifier ses réformes, notamment pour lutter contre la corruption et le crime organisé. La Macédoine doit absolument régler le problème de sa dénomination. Ses efforts ont toutefois convaincu la Commission européenne de recommander l'ouverture des négociations.

Outre cette nouvelle étape pour l'ex-République yougoslave, l'évaluation 2009 de la Commission ne tranche pas vraiment avec celle de 2008. "Le train de l'élargissement n'avance pas à grande vitesse, mais il est toujours sur les rails", rassure Olli Rehn. La députée européenne Hélène Flautre (Europe Ecologie), présidente du groupe d'amitié UE-Turquie, déplore tout de même "une frilosité du rapport". Un manque de radicalisme attribuable, selon elle, au renouvellement prochain de la Commission.

 

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