La France a dépensé 175 millions d'euros pour sa présidence de l'UE

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Dans un rapport rendu public le 20 octobre, la Cour des comptes pointe notamment une programmation d'événements "excessivement touffue".

Présidence française de l'Union européenne 2008, suite et fin. Une ultime audition a réuni les protagonistes de la présidence française (PFUE), autour du président de la commission des Affaires économiques du Sénat, mardi 20 octobre. Ce jour là, les sages de la Cour des comptes ont rendu leur rapport sur les six mois que Paris a passé à la tête du Conseil européen.

Pour les six mois de présidence, 151 millions d'euros ont été dépensés, révèle le rapport. Somme à laquelle il faut ajouter entre 20 à 25 millions d'euros, si l'on comprend les dépenses supportées par les budgets de chaque ministère, la contribution en nature des collectivités territoriales, les déductions fiscales opérées par les mécènes des événements de la PFUE et les dépenses directes et indirectes induites par les services de sécurité. Soit 175 millions au total.

Même avec cette somme importante, la France est tout de même en dessous de ses prévisions. Au moment d'élaborer son budget, Paris avait en effet prévu de dépenser près de 190 millions d'euros pour sa présidence. "La dotation budgétaire avait été calculée de façon large et confortable", a expliqué le président de la quatrième chambre de la Cour des comptes, Alain Pichon.

Trois événements par jour

Il n'empêche. La présidence cuvée 2008 a été parmi les plus coûteuses des présidences tournantes de l'Union européenne. Avec ses 180 millions d'euros, la présidence allemande, au premier semestre 2007, faisait office de référence. Contrairement à l'Autriche, la Finlande, le Portugal ou la Slovénie, qui avaient dépensé entre 70 et 80 millions d'euros lorsqu'ils étaient à la tête de l'UE, la France a donc choisi de suivre le chemin des "grands pays". Comprendre : ceux qui dépensent beaucoup.

Il faut dire qu'avec plus de 550 événements labellisés "PFUE" répartis sur six mois, Paris a vu grand, très grand, trop grand. Sur ces 550 manifestations, 489 ont retenu un "soutien financier" de la part de la France, allant des quatre Conseils européens organisés de juillet à décembre 2008, aux 294 séminaires, réunions ou manifestations de niveau d'experts. Soit plus de trois événements par jour.

"La programmation des événements peut apparaître excessivement touffue", souligne le rapport. Un trop grand nombre d'événements "peu lisibles", "trop rapprochés", "mal identifiables", a fustigé pour sa part Alain Pichon devant les sénateurs. Avant d'ajouter: "parfois, quand on fait beaucoup, on fait trop."

"Nous avions l'obligation (...) d'être exhaustifs", a répliqué le secrétaire général de la présidence française de l'UE, Claude Blanchemaison. "Il a été décidé de ne pas décourager l'initiative", a-t-il poursuivi, en arguant que "toutes les réunions ne sont pas de la même nature", et donc pas à mettre sur le même plan.

Quelque 16 millions d'euros pour l'Union pour la Méditerranée

"Il faut relativiser !", a défendu le président (UMP) de la commission des Affaires européennes du Sénat, Hubert Haenel. "Le foisonnement d'événements était absolument nécessaire", a-t-il poursuivi. Avant d'ajouter: "nous ne pouvons pas nous comparer aux Slovènes ou aux Luxembourgeois."

Mais si le rapport de la Cour des Comptes admet "un réel effort de programmation", il souligne que "trop d'évènements ont été organisés dans l'urgence".

Et en termes d'urgence, l'organisation du sommet pour l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet 2008, a battu tous les records. La réunion de 43 chefs d'Etat de tout le pourtour méditerranéen au Grand Palais, avec un dispositif de sécurité impressionnant, a coûté à lui seul la bagatelle de 16,6 millions d'euros. C'est, sans conteste, la réunion la plus onéreuse organisée par Paris pendant ses six mois de présidence.

A lui seul, l'aménagement du Grand Palais en salle plénière a coûté plus de 780.000 euros. Quant au traiteur, il a vu arriver, trois jours avant le sommet, un coquet bon de commande de ... 599.000 euros HT, soit 716.519 euros TTC.

Mais au-delà de la somme, le reproche adressé à la PFUE est ailleurs. Les 16 millions d'euros dépensés pour le 13 juillet l'ont été en pure perte. Ni l'Etat ni le Grand Palais n'ont profité, par la suite, des aménagements faits à l'occasion de la réunion des 43 chefs d'Etat. Tout a été démonté dans les heures qui ont suivi.

Pour Pierre Sellal, ancien représentant permanent de la France auprès de l'UE, et actuel secrétaire général du Quai-d'Orsay, la France paye surtout l'absence, sur son territoire, de centres de conférences internationales. "Il était impossible d'accueillir 43 chefs d'Etat et 1.900 journalistes au Centre de conférences Kleber, quasiment vétuste", a-t-il ajouté.

L'examen du budget de la présidence française de l'UE de l'an 2000 avait abouti à un référé, déposé en 2004. Une situation à attribuer au "relatif désordre budgétaire" régnant à l'époque dans les comptes de la présidence française. Cette dernière présidence avait coûté à la France 57 millions d'euros. En 1995, la précédente avait généré des dépenses à hauteur de ... 14 millions d'euros. Reste à savoir combien coûtera la prochaine présidence française de l'UE, programmée pour ... 2022.

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a écrit le 28/10/2009 à 20:24 :
Inadmissible, nos gouvernants continuent de nous prendre pour des Mickeys.
La France accuse un déficit budgétaire historique, et ils n'ont même pas le respect de nos deniers .
Pas de panique, je propose à tous les contribuables de déduire le montant de notre contribution à cette beuverie de nos impôts 2010 avec courrier circonstancié
D'après mes calculs cela doit représenter au minimum 10 Euros par contribuable ( et non par foyer fiscal).
C'est symbolique, mais ça soulage!! A quand un président adepte de Gandhi, coûtait rien à l'état cet homme là !
a écrit le 28/10/2009 à 7:07 :
Si Sarko depense autant, c'est pour MONTRER l'EXEMPLE et RE-LANCER LA MODE de la dépense des ménages !! sauf que les ménages gagnent l'argent EN TRAVAILLANT et non pas grace (à cause..) à de nouvelles TAXES ou IMPOTS. C'est facile de dépenser l'argent QUE L'ON A PAS GAGNE SOIT MEME.
a écrit le 21/10/2009 à 12:59 :
il était bon les petits fours?
vivement que l'on nous augmente les impots !
a écrit le 21/10/2009 à 11:42 :
qu'on les foute dehors, et vive la révolution
a écrit le 21/10/2009 à 10:36 :
Hé! Ho! Je n'ai jamais dépensé tout ça! Au moins, qu'on me montre les factures; plus d'un milliard de Francs, je m'en serais apperçu...
a écrit le 21/10/2009 à 9:59 :
un coup de pied au derriere à tous ces gros VERREUX!!!
a écrit le 21/10/2009 à 8:34 :
Les suites de ce rapport seront à comparer au dossier de la SPA.
Le seul problème, on ne punit pas les politiques qui s'amusent sur notre dos.
a écrit le 21/10/2009 à 8:21 :
Voilà comment l'Etat français fait une dépense raisonnée des deniers publics, il les jette par les fenêtres, pour ses petits fours et ses fanfarons, alors que le peuple paie presque 60 centimes sur 1 franc à l'état, continuez comme cela, l'Etat français est proche de la faillite, il suffirait que les banques centrales relève leur taux et le plongeon sera divin.
a écrit le 21/10/2009 à 8:18 :
C'est fou le pognon dépensé pour faire rayonner les rayons de la politique française, astiquer les Politiques et embellir la feraille de la machine franco européenne Il fut un temps ou j'ai cru comprendre que l'Etat français ( à sec ) désirait réduire la voilure diplomatique de leur prétention dans le monde ( semble t'il la deuxième apres les Usa ce qui est un comble ) en supprimant Consultats et autres Représenations !! Que du Pipo et encore du Pipo tout au bénéfice des fonctionnaires français.
a écrit le 21/10/2009 à 7:16 :
EU est un gouffre a poignon,175 millions pour faire quoi,creer des lobbies.

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