Les nominations des hauts responsables de l'UE ne passionnent pas les Européens

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A l'occasion d'un Conseil européen extraordinaire qui se tient ce jeudi 19 novembre à Bruxelles, les chefs d'Etat et de gouvernement vont nommer le premier président stable de l'UE et le premier Haut-représentant pour les Affaires étrangères. Cet article réalisé par les dix publications du réseau EurActiv montre cependant le peu d'intérêt des citoyens pour le sujet.

Outre-Rhin, dans le plus grand Etat de l'Union européenne, les médias et le grand public estiment que les représentants des petits Etats obtiendront les principaux postes récemment créés, selon EurActiv Allemagne.

Berlin et Paris soutiendraient Jean-Claude Juncker

Les Allemands pensent en outre que les chances pour un candidat britannique d'accéder à l'un des postes sont également nulles. Le refus du Royaume-Uni d'adopter la monnaie unique leur apparaît rédhibitoire. En outre, ils seraient favorables à la candidature de deux germanophones : le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, et l'ancien chancelier autrichien, Wolfang Schüssel.

Quant aux Français, la décision du président Nicolas Sarkozy de nommer Michel Barnier commissaire européen a mis fin aux bruits concernant l'entrée en lice d'un socialiste pour le poste de Haut-représentant. La rumeur citait Hubert Vedrine et Elisabeth Guigou.

De fait, l'élection à ces nouveaux postes européens semble peu intéresser les Français. Seule l'attribution potentielle de la présidence à une femme suscite encore quelques curiosités. La Fondation Robert Schuman, "think tank" sur les affaires européennes, a même lancé une campagne pour soutenir la candidature de l'ancienne présidente lettone Vaira Vike-Freiberga au poste de présidente du Conseil européen.

L'Allemagne et la France ont indiqué qu'ils soutiendraient des candidats communs. Or, l'Allemagne semble soutenir le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker au poste de président.

Herman Van Rampuy laisse la Belgique perplexe

La course aux postes en vue a passionné la Belgique, au moment où son Premier ministre, Herman Van Rompuy, était désigné comme le "candidat le plus consensuel" (EurActiv.com 02/11/09). Mais le silence et l'immobilité d'Herman Van Rompuy, en dehors d'un dîner organisé à Bruxelles avec le très secret groupe Bilderberg, ont conduit de nombreux Belges à hésiter : peut-être serait-il dans l'intérêt du pays qu'il reste dans sa position actuelle?

Herman Van Rompuy a la réputation d'un habile médiateur, auquel les problèmes ne résistent pas. Cette aura repose sur son action dans le contexte politique difficile entre les communautés belges. Cependant, il n'a toujours pas achevé la réforme de la Constitution, ni le rééquilibrage des pouvoirs censé éviter l'aggravation des tensions entre Flamands et Wallons, voire la partition de la Belgique.

Le dîner avec le groupe Bilderberg a fait mauvaise impression sur une partie des citoyens belges. Certains y ont lu que ce groupe, composé de plusieurs PDG de multinationales, choisissait finalement le dirigeant de l'Europe.

Blair divise l'opinion britannique

Au Royaume-Uni, le nom de Blair a été un catalyseur formidable de l'intérêt des Britanniques. Le paradoxe est que la plupart d'entre ne veulent pas qu'il obtienne le poste. A en juger par les blogs et autres forums Internet, deux catégories des ennemis de Blair semblent avoir uni leurs forces : d'un côté les eurosceptiques, de l'autre les militants contre la guerre en Irak.

La candidature potentielle du secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, David Miliband, à la fonction de Haut-représentant a stimulé l'engouement pour la campagne, avant qu'il ne décline cette possibilité. Mais ce regain d'intérêt était uniquement fondé sur son départ éventuel de la scène politique nationale.

En Irlande, l'intérêt mitigé pour la course à ces nouvelles fonctions a été analysé comme la réponse au battage exercé lors du second référendum sur le traité de Lisbonne. Les thèmes relatifs à l'UE ont été largement couverts pendant la campagne. Aujourd'hui, même si les grands d'excellence ont manifesté quelque intérêt pour la présidence européenne, la presse populaire a très peu relayé le sujet.

Désintérêt à l'Est

En Europe de l'Est les nominations des commissaires nationaux ont suscité un intérêt. Mais l'élection des nouveaux représentants de l'UE n'a pas passionné, selon les informations du réseau EurActiv.

Aucun débat n'a eu lieu dans les médias à ce sujet en République tchèque, le dernier Etat membre à avoir ratifié le traité de Lisbonne. Seuls les dépêches d'agences étrangères ont été traduites. Prague n'a pas non plus fait de déclarations officielles sur ce thème.

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