Michel Barnier, un régulateur au marché intérieur

Michel Barnier est de retour. Cinq ans après avoir occupé le poste de commissaire en charge de la politique régionale, l'ancien ministre français de l'Agriculture rejoint le deuxième collège de José Manuel Barroso. Après des négociations ardues, la France a finalement obtenu pour lui le portefeuille du marché intérieur, complété par le stratégique dossier des services financiers.

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Avec le marché intérieur et les services financiers, la charge du commissaire français est considérable. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, n'a d'ailleurs pas caché son agacement après un entretien accordé au journal Le Monde par Michel Barnier. "Comme tous les autres commissaires, Barroso l'a prié de ne plus s'exprimer dans la presse et de se mettre au travail", rapporte un diplomate européen.

Ceux qui l'ont côtoyé au ministère de l'Agriculture le décrivent comme un travailleur acharné. Et parmi les ONG, on dépeint un homme plutôt ouvert au dialogue et à la consultation, même si on souligne que les principes de gouvernance agricole n'ont pas été renouvelés pour autant au ministère. L'ancien ministre de l'Agriculture les a ainsi reçus dans son bureau à cinq reprises en deux ans pour faire le point sur les différents chantiers.

Dans l'ensemble, le commissaire français n'a pas d'expérience particulière dans le secteur du marché intérieur ou des services financiers. "Les commissaires européens ne doivent pas être de supers techniciens, mais plutôt avoir une vision globale", estime Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, "think tank" français proche du PPE. "Un Français à ce poste a une vision plus politique", ajoute-t-il, en précisant qu'un Britannique au marché intérieur aurait risqué d'être attaché à la City.

Mais le Français ne risque-t-il pas d'être trop lié à Nicolas Sarkozy ? "Il a été commissaire, il connaît parfaitement les usages", répond Jean-Dominique Giuliani. De fait, son expérience lui permet de très bien connaître les rouages de la Commission, du parlement et du Conseil, dans lesquels il a siégé tour à tour.

Trois priorités

Les réponses adressées par Michel Barnier aux questions écrites du parlement européen donnent une idée de l'étendue du travail qui l'attend. "On ne tombe pas amoureux du marché intérieur", précise le Français, en citant l'ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors. Avant d'ajouter: "mais pourtant, ces questions sont au c?ur de la vie de nous tous, européens".

Evoquant ses "trois priorités", l'ancien ministre français cite, premièrement, la relance du marché unique, deuxièmement la sortie de crise et troisièmement la construction d'une économie "fondée sur la connaissance".

Tout d'abord, Michel Barnier dit vouloir "évaluer le marché unique en profondeur" pour renforcer la position de l'UE dans le monde. Le commissaire compte commander des "études sur le fonctionnement des marchés", pour lancer de nouvelles initiatives.

Sur le plan de la régulation, le commissaire français devra mener à terme les réformes lancées par son prédécesseur, Charlie McCreevy. Michel Barnier plaide en faveur d'une régulation "efficace" des marchés, tout en évitant de créer des entraves excessives.

Enfin, le nouveau commissaire veut adapter la stratégie européenne sur les droits de propriété intellectuelle "aux nouveaux défis", dont la numérisation. Il souligne notamment la nécessité de mener à bien les négociations sur le brevet communautaire et le système unifié de règlement des litiges en matière de brevets.

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