Michel Barnier réussit son audition devant le parlement européen

Commissaire désigné au Marché intérieur et aux services financiers, le français Michel Barnier a présenté un programme politique et tenté de convaincre son auditoire de son indépendance vis-à-vis des Etats membres.

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Opération séduction réussie pour Michel Barnier. Mercredi 13 janvier, les députés européens des commissions Marché intérieur et Affaires économiques sont ressortis plutôt convaincus du grand oral de trois heures auquel ils ont soumis le candidat commissaire. "Je me présente à vous comme un homme politique", a-t-il attaqué, d?emblée, avant de passer en revue tous les sujets relevant de son double portefeuille (Marché intérieur et services financiers).

Il a souligné à plusieurs reprises l?importance du volet social des initiatives prises dans le cadre du marché intérieur. Michel Barnier a notamment évoqué le lancement d?un "Social business act", qui reviendrait à "redonner une dimension humaine et sociale aux politiques du marché intérieur". "Je n?ai pas l?intention d?attacher mon nom et mon action à ce qui pourrait constituer des régressions sociales", a-t-il insisté.

Le nouveau commissaire candidat a créé la surprise en se montrant favorable à la mise en place d?une "clause de progrès social", évoquée pendant l?audition par la parlementaire allemande Evelyne Gebhardt (socialiste). Il accède ainsi à une vieille revendication des syndicats et de la gauche européenne. "(J?y suis favorable) s?il s?agit d?une clause d?impact social. Le marché intérieur va avec le progrès social", a-t-il expliqué.

Initiatives pour les PME

Autre question épineuse: la directive Services, dont Michel Barnier devra surveiller la transposition par les Etats membres. Le commissaire devra également démêler la difficile question de la directive-cadre sur les services publics. Une initiative que les socialistes européens réclament à corps et à cris. "Faut-il une directive cadre ou faut-il des directives secteur par secteur ?, s?est interrogé le commissaire désigné. Avant d?ajouter: "je suis ouvert, je ne ferme pas la porte. Mais je ne suis pas sûr de la réponse". "Mais cela fait partie des ambiguïtés à lever", a-t-il souligné.

"Je vais passer beaucoup de temps à expliquer que ce n?est pas l?Union européenne qui oblige à la privation des services publics", a-t-il ajouté. Une critique récurrente, particulièrement en France, lors des changements de statut des entreprises publiques.

Il a également annoncé plusieurs initiatives pour les petites et moyennes entreprises. "Je veux réduire de 7 milliards les dépenses des PME dûes à des charges administratives trop lourdes", a-t-il déclaré. Michel Barnier a notamment évoqué la possibilité d?alléger certaines obligations légales très contraignantes pour les PME, comme la publication régulière des comptes.

L?ancien ministre de l?Agriculture a également été interrogé sur sa méthode de travail. Il a précisé qu?il se rendrait "une fois par semaine" dans une région européenne, afin de rencontrer "ceux qui mettent en ?uvre le marché intérieur". "Je veux réunir régulièrement les acteurs du marché intérieur sous la forme d?un forum du marché intérieur", a-t-il ajouté.

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Commentaire 1
à écrit le 14/01/2010 à 12:29
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Vous écrivez : "à corps et à cris" Le corps n'a rien à voir dans cette affaire ; il s'agit du cor (instrument de musique).

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