Nicolas-Jean Bréhon : "le Royaume-Uni reçoit davantage des Etats membres que de l'UE"

 |   |  287  mots
Dans une étude pour la Fondation Robert Schuman, l'économiste Nicolas-Jean Brehon, enseignant de finances publiques à Paris I, soulève les enjeux de la prochaine négociation budgétaire de l'Union européenne, qui commencera fin 2010. Il souligne notamment l'"absurdité" du rabais britannique.

La crise économique et financière a à nouveau souligné la faiblesse du budget européen. Cela va-t-il peser sur la négociation de son montant pour le prochain cadre financier 2014-2020 ?

Ce problème est bien connu des Etats qui souhaitent voir l'Union européenne s'imposer une discipline budgétaire qu'eux-mêmes s'imposent au niveau national, d'autant plus en temps de crise. Beaucoup de personnes prônent aujourd'hui une augmentation du budget ? des économistes, des parlementaires européens, des politiques ? et la nouveauté de mon étude est de chiffrer cette ambition. Depuis dix ans, le budget européen est de l'ordre de 1% du produit national brut (PNB) communautaire. Il faut réaliser qu?une augmentation invisible pour le public de 0,1% (en part de ce PNB), absolument insignifiante médiatiquement, représenterait une dépense supplémentaire de 2 et 2,4 milliards d?euros pour la France et l?Allemagne. Sommes-nous prêts à mettre une telle somme pour quelque chose de médiatiquement et politiquement nul ? Le coût est donc réel, voire énorme et aucun Etat n?est prêt à mettre cet argent.

Vous qualifiez la correction britannique, dont la France assure désormais seule 27% du montant,"d'anomalie budgétaire". Pourquoi ?

C'est un sujet débattu depuis trente ans et les arguments ne sont pas nouveaux. Je montre dans cette étude que le Royaume-Uni reçoit davantage de ce chèque des autres Etats membres que de l'Union européenne, ce qui est complètement absurde. Les autres Etats, en particulier la France, doivent changer leur argumentation et souligner cette anomalie budgétaire.

Lire la suite de l'article Nicolas-Jean Bréhon : "le Royaume-Uni reçoit davantage des Etats membres que de l'UE"

Retrouvez toute l'actualité européenne, avec...

Euractiv

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :