Catherine Trautmann, la politique à la force du poignet

 |   |  382  mots
DR
DR (Crédits : latribune)
Outsider, la responsable de la délégation socialiste française au parlement de Strasbourg mène campagne pour la présidence du groupe S&D (socialiste). Elle pilote aussi les affaires européennes dans l'équipe du candidat François Hollande. Portrait.

"On me regarde avec curiosité, cela m'amuse, j?aime bien ça". Il est 9 heures et demi du matin. Dans son bureau du parlement à Strasbourg, Catherine Trautmann vient à peine de se maquiller, après plusieurs rendez-vous téléphoniques, le café pas encore pris.

La parlementaire européenne, chef de la délégation des socialistes français au parlement européen, s?est mise en tête de s?emparer du groupe des sociaux-démocrates (S&D) pour remplacer l?allemand Martin Schulz, président programmé de l?assemblée strasbourgeoise.

Oustider

Opposée au poulain du sortant, l?autrichien Hannes Swoboda, favori, et au britannique Stephen Hugues, la française, protestante et besogneuse, est candidate "quasiment depuis sa réélection en 2009" au parlement européen, explique sur son blog Yannick Laude, ancien journaliste et porte-parole du groupe ADLE (libéral).

"Gagner n?est jamais impossible", assure Catherine Trautmann, le regard bleu tenace. Et pour cause. Elle n?en est pas à sa première audace. Après avoir surpris son monde en devenant "par effraction" députée du Bas-Rhin en 1986, près de dix ans après son entrée en politique, elle fait coup double en arrachant la mairie de Strasbourg trois ans plus tard. Le PS réticent, l?ex-chercheuse en théologie, qui a dû faire son trou face aux énarques parisiens, n?avait pas hésité à demander directement l?aide de François Mitterrand.

Aujourd?hui encore, ils sont peu nombreux à parier sur la victoire au groupe socialiste de celle qui est entrée en politique pour défendre la cause des femmes. Après le PPE et les Verts, elle serait la troisième française chef de groupe dans un parlement qui prône la diversité des pays représentés. "Elle n'a aucune chance", dit-on d'ailleurs dans l'entourage du président du chef des députés PPE, Joseph Daul, un des compatriotes alsaciens de l'ancienne ministre de la Culture de Lionel Jospin. Même scepticisme chez les libéraux de l'ADLE.

"Pas de cadeau"

Les socialistes européens, eux-mêmes, ne sont sûrs de vouloir être dirigés par une Française.

Lire la suite de l'article Catherine Trautmann, la politique à la force du poignet

Retrouvez toute l'actualité européenne, avec...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :