Italie, Allemagne, France... l'improbable ménage à trois

 |   |  575  mots
La Tribune infographie
La Tribune infographie
Alors que le sommet de Strasbourg a confirmé la divergence franco-allemande, Rome, revenue au coeur des discussions, a la tâche difficile d'ouvrir la voie à un compromis.

Ceux qui attendaient du sommet tripartite de Strasbourg, qui réunissait ce jeudi Nicolas Sarkozy, Mario Monti et Angela Merkel, des annonces fortes en auront été - encore une fois - pour leurs frais. Certes, le président français a promis à nouveau que les trois pays étaient « déterminés à tout faire pour garantir la pérennité de l'euro ». Certes, la chancelière allemande a affirmé que « France et Allemagne allaient travailler conjointement pour modifier les traités » et « faire un pas vers une union budgétaire ». Certes, l'hôte de l'Élysée, qui s'adressera aux Français le 1er décembre à Toulon (souvenir de son discours de septembre 2008 sur la crise financière) a promis que ces mesures seront « annoncées avant le 9 décembre », date du prochain sommet européen de Bruxelles. Mais on n'aura là rien appris de nouveau. Et encore une fois, ces vagues engagements pourraient surtout cacher des divergences profondes qui empêchent de présenter des solutions concrètes.

Symbole de ce fossé : le débat sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE). Les discussions entre la France et l'Allemagne semblent toujours au point mort. Angela Merkel a ainsi insisté encore sur l'immuabilité de la mission de la BCE. « Il y aura des propositions, mais elles n'auront rien à voir avec la BCE », a-t-elle martelé. Une position qui continue de gêner ouvertement Nicolas Sarkozy. Le président français s'est contenté de dire qu'il « n'avait rien à ajouter concernant la BCE » et que la France s'abstiendrait de tout commentaire, « positif ou négatif » sur son action. Mais Paris ne semble pas avoir abandonné l'idée de faire de l'institution de Francfort un prêteur de dernier ressort à la manière de la Fed, comme l'affirmait jeudi matin le ministre français des Affaires européennes, Jean Leonetti. Autre point de friction qui demeure en suspens, les obligations européennes. Angela Merkel a répété que la création de tels titres seraient un « mauvais signal ». C'est donc là aussi un « nein » clair de Berlin à une proposition de Bruxelles que l'on sait soutenue par Paris.

L'échec patent de l'adjudication de dette allemande mercredi n'a donc pas - encore - modifié la fermeté de l'Allemagne sur ces deux sujets cruciaux pour les marchés. En revanche, son idée de durcir les traités européens semble progresser. Mario Monti, le nouveau président du Conseil italien, a poli sa stature de sérieux en soutenant cette idée, particulièrement celle de l'automaticité des sanctions pour les mauvais élèves. Reste à savoir si ce type d'initiative répond à l'urgence de la situation et est réellement capable de rassurer les marchés.

Prochain rendez-vous à Rome

En réalité, ce sommet de Strasbourg aura surtout scellé l'entrée dans le jeu européen de l'Italie. C'est du reste à Rome que se tiendront les prochaines négociations. Dans une configuration où les relations franco-allemandes semblent patiner, l'ancien commissaire européen fait désormais figure d'arbitre. Difficile pourtant de savoir si l'Italie penchera plus du côté allemand que du côté français. Une BCE prêteur de dernier ressort lui permettrait de détendre la pression sur ses taux, mais se démarquer d'Angela Merkel pourrait accroître la défiance des investisseurs. Son seul chemin possible semble désormais de tenter de trouver une voix moyenne. Une tâche lourde et bien difficile.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/12/2011 à 3:11 :
Comment sortir d'une situation aussi inextricable ? Partout en Europe et surtout en France, la survie est devenue la règle. Le pays s'enfonce dans la misère. "Quand des millions de personnes se rendront compte que l'on ne peut plus vivre comme par le passé, la Révolution sera logique et inévitable" (livre vérités "les corps indécents") Plus de perspectives et plus d'avenir pour la jeunesse condamnée à l'exil ou à la pauvreté. Des troubles sociaux, peut-être même des émeutes sont à venir.
a écrit le 25/11/2011 à 20:52 :
article très intéressant..que je disserterais avec délice..a plus tard
a écrit le 25/11/2011 à 17:19 :
Quoi qu'on fasse ou qu'on dise, la réalité sera la même.
Croire qu'il suffit de monétiser la dette apres l'avoir "européisée" est stupide; La seule façon de régler la dette est de la rembourser ou... faire défaut. Comment des états qui se sont endettés depuis des dizaines d'années pourraient-ils soudain rembourser ?
Je parie sur la fin de l'euro et une cascade de défauts.
a écrit le 25/11/2011 à 14:58 :
Parce que l'Euro Monnaie Unique a été imposée par l'Allemagne (monnaie trop chère de 30 % pour les pays du Sud) crée une concurrence déloyale entre les pays européens au détriment essentiellement des pays européens du Sud.
Et pourquoi, tout simplement parce que l'Allemagne a voulu l'Euro à l'identique du Deutsch Mark pour des raisons historiques, traité de Versailles (voir Wikipedia) ! Nous avons une monnaie trop chère et nous ne pouvons pas la dévaluer.

D'autre part les pays d'Europe du Nord ont leur croissance basée sur une industrie forte, les pays d'Europe du Sud ont peu d'industrie et compte sur leur tourisme (Euro trop cher, plus de tourisme) et leur consommation intérieure (TVA qui rapporte beaucoup à l'état).

Avec la rigueur infligée aux peuples du Sud, non seulement ils ne pourront plus consommer et faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'état mais aussi ils ne pourront plus payer les intérêts de leurs dettes, ni leurs dettes.

Avant, l'Europe avait comme Monnaie Unique l'ECU et comme Monnaie Commune" nos Monnaies Nationales qui pouvaient flotter à l'intérieur de la zone euro" et cela fonctionnait, c'est à ce modèle qu'il faut revenir.

La France a un déficit de sa balance commerciale de 7 Milliards d'euros tous les jours à cause de l'euro trop cher ! Sa balance commerciale qui était positive en 2000 est aujourd'hui déficitaire de 74 Milliards d'euros ! Cela aussi fait partie de la dette !


a écrit le 25/11/2011 à 14:40 :


dans une situation aussi grave le president conforte sa reelection
a écrit le 25/11/2011 à 14:03 :
L'annee 2012 sera une annee tres difficile. Des dizaine de milliards d'obligation d'etat arrivent a echeance (ex: pour le seul mois de fevrier, l'Etat italien devra trouver 80 milliards d'euro...). Je prédis que la BCE est en train d'attendre le bon moment (elle n'aura de toute facon pas le choix) mais les liquidites en plus ne serviront qu'a payer les taux d'interets faramineux que notre cher marché (traite europeen...arf) nous envoit dans la gueule. Il n'y aura plus que des cendres, une énorme recession, du chomage a gogo (dans tous les pays), des retraites en moins, des etats moins fort. Ca va mal finir.... Tres mal finir.... La les politiques faut qu'il se bouge ou il y aura un gros malaise social (remember 1789???)
a écrit le 25/11/2011 à 13:26 :
à ceux qui pour beaucoup l'ignorent, berlu 'sétait fait réélire en annonçant la suppression de taxes foncières sur 'l habitation principale. nombre de personnes ont voté pour lui pour cette unique raison, on voit ou cela méne de supprimer des impôts.
une dette qui n'a cessé d'augmenter! c.f. la TVA offert aux restaurateurs, les réductions d'impôts des niches fiscales, le bouclier fiscal, ...
la 3 ème fortune de Frrançe, "planquant" ses comptes dans les paradis fiscaux mais l'état lui rendait quand même des millions d'euros.
Réponse de le 25/11/2011 à 14:26 :
et c'est normal de pas payer cette taxe... t'achetes, tu paies v'la les interets, et tu pays une taxe pour habiter la où tu es alors que tu paies deja pleins de choses. . .
faut arreter . . . . trop de taxes ! !
Réponse de le 25/11/2011 à 14:26 :
surtout
Réponse de le 25/11/2011 à 14:26 :
surtout mal redistribuées...
a écrit le 25/11/2011 à 12:18 :
Il y avait une fois la civilisation, après il y eu des invasions barbares. C'était les Allemands.
a écrit le 25/11/2011 à 10:55 :
La zone EURO est un échec ; la BCE est une grosse machine sans pouvoirs et nos dirigeants actuels ne sont pas volontaristes, recroquevillés qu'ils sont sur leurs égos nationaux. A Merkel qui dirige l' Europe à la façon d'une ménagère son foyer ne peut
occulter le fait que l'Allemagne ne peut faire cavalier seul et reste elle aussi très endettée.Sans alternative ni compromis, c'en est fait de l'Euro.
a écrit le 25/11/2011 à 9:23 :
J.P. Chevènement dans son livre "La France est-elle finie" nous indique que le Traité de Luxembourg était assorti d?une clause d?harmonisation fiscale.
En 1989 lors de la réunification de l'Allemagne de l'Est, celle-ci sauta sous la pression de Helmut Kohl, malgré l?opposition de son ministre des Finances, Gerhrard Stoltenberg, qui dut démissionner.
a écrit le 25/11/2011 à 8:23 :
Youpi ! "La Tribune" est en redressement judiciaire. Et pan, ça fait quoi de se prendre l'efficace, la juste, la vénérable main invisible du marché dans la tronche ?
Réponse de le 25/11/2011 à 9:43 :
si c est vrai je vois rien de réjouissant là dedans ! je ne suis pas toujours d accord avec les visions de la Tribune sur les banques ou le marché financiers mais dans sa grande majorité c est une sorte d information fiable et qui sait rester plus ou moins neutre politiquement et qui en plus à le mérite de laisser une tribune ouverte aux gens lambdas comme vous et moi
Réponse de le 25/11/2011 à 10:57 :
La Tribune reste heureusement libre pour tous et c'est très bien comme ça!
a écrit le 25/11/2011 à 7:07 :
Ce qui est surprenant c'est que personne ne parle du vrai problème: le déséquilibre des balances commerciales entre les pays de la Zone Euro du aux divergences économiques grandissantes depuis l'introduction de l'Euro.
Les économies, puisque divergentes, deviennent de plus en plus difficiles à coordonner.
Tant que des mesures adéquates ne seront pas décidées et appliquées ces divergences iront en s'aggravant.
Une des conséquences de ces divergences est le cour de change de l'Euro qui pour l'Allemagne devrait tourner autour de 1,70 pour le $-US alors que pour l'Italie et la France ce serait autour de 1,20,- Et je ne parle même pas de la Grèce et du Portugal.
Ce manque de convergences économiques nous conduira à une forme de Zone de libre échanges avec des républiques bananières (Wikipedia: Une république bananière désigne un pays peu développé, dont l'industrie repose typiquement sur la seule production de bananes (Olives dans nôtre cas), et dirigé par une petite ploutocratie autoritaire sujette à renversement.) C'est déjà le cas en Grèce et l'Italie s'y dirige à grand pas. Puisque ces deux pays ne sont plus dirigés par des gouvernements élus.
Ce n'était certainement pas le but de l'UE! En tout cas pas le but avoué, mais c'est le but de l'Allemagne qui a pourtant longtemps été soutenue par une France complice parce-que croyant pouvoir profiter du système!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :