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ÉconomieUnion européenne

L'initiative "Merkozy" critiquée par la droite européenne

Yann-Antony Noghès, à Bruxelles

Publié le 08 décembre 2011 à 06:01 - Mis à jour le 08 décembre 2011 à 06:02

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Les eurodéputés du Parti populaire européen fustigent le cavalier seul franco-allemand accusé d'aggraver la crise.

Avant de rejoindre Bruxelles pour un nouveau « sommet crucial » qui doit s'ouvrir ce jeudi après-midi, les chefs d'Etat et de gouvernement membres du Parti populaire européen (PPE) déjeuneront ensemble à Marseille dans le cadre du congrès PPE. L'ambiance à table pourrait être pesante tant le diktat franco-allemand commence à irriter. En effet, c'est le plus allemand des Français, le patron des 272 eurodéputés Joseph Daul, qui a sonné la charge dès mercredi soir contre la méthode intergouvernementale d'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. « L'agriculteur que je suis sait bien que le temps de la semence est le plus critique. Plantez la mauvaise graine, ou plantez la bonne mais sans le faire dans les règles de l'art, et la moisson sera décevante », a déclaré l'élu devant les délégués PPE de toute l'Europe.

« Réussir ou diviser »

La famille PPE, qui s'enorgueillit souvent de diriger 17 pays sur 27 et de détenir la présidence du Conseil européen, de la Commission et du Parlement, considère qu'il est de son « devoir » de présenter « un plan de sortie de crise crédible ». Pour Joseph Daul, « selon que nos plans seront inclusifs, c'est-à-dire aussi respectueux des petits que des grands États, ou dirigistes, nous réussirons ou nous nous diviserons. ». Et l'Alsacien d'ajouter : « Selon que nous privilégierons la méthode intergouvernementale sur la méthode communautaire, autrement dit le rapport de forces sur la cohésion, nous sortirons par le haut de la crise, ou nous nous y enfoncerons encore plus. »

Un autre participant précise même : « On peut avoir l'impression que prendre des décisions à 27 ou même à 17, c'est trop long et cela ne marche pas. » Or, selon lui, « si « Merkozy » continue ainsi, les autres dirigeants vont se rebeller et on va devoir fermer boutique. » Au Parlement européen, ce mécontentement est partagé par les socialistes, les libéraux et les verts, qui parlent d'une tentative de « coup d'État » franco-allemand.

Yann-Antony Noghès, à Bruxelles

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