La voix des eurosceptiques est de moins en moins ignorée

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Les contempteurs de la première heure voient leurs pronostics étayés par la crise actuelle.

Les Européens sont des gens ouverts. Il y a quelques mois, quand le Conseil européen du risque systémique, le nouvel organe de surveillance macroéconomique rattaché à la Banque centrale européenne, a dû compléter le tour de table de son conseil scientifique, il s'agissait de trouver un remplaçant à l'économiste allemand Stefan Gerlach, parti pour devenir vice-gouverneur de la banque centrale d'Irlande. Exemple d'ouverture, le Conseil est allé chercher Charles Calomiris.

Cet économiste américain présente pourtant la particularité d'annoncer avec une grande constance - depuis plus de dix ans - « l'effondrement imminent de l'union monétaire », pour reprendre le titre d'un article publié en 1999 par le « Cato Journal », publication du Cato Institute, un « think tank » américain de tendance libertarienne. Celui qui pariait, il y a douze ans, sur une monétisation massive de la dette et une chute de la valeur de l'euro face au dollar annonçait « l'euro est mort » pour cette année et prévoyait la sortie des pays du Sud de la zone euro. On aimerait savoir de quelle sorte de conseils il gratifie en ce moment les autorités monétaires et financières européennes.

« On va tous finir dans un trou noir »

Il n'est pas le seul à se montrer sceptique. Auteur de « la Fin de l'euro », Christian Saint-Étienne fait lui aussi preuve d'une remarquable constance dans sa critique, sans toutefois manifester l'ignorance de son confrère américain pour le jeu politique européen. Le renforcement de la discipline budgétaire, au centre des propositions discutées au sommet de cette semaine, « ne suffira pas », dit-il. « Il suffit de comparer aux États-Unis pour comprendre ce qui manque : nous n'avons dans ces propositions ni gouvernement fédéral, ni budget fédéral, ni coordination fiscale et sociale », constate-t-il. Pire : « si tout le monde fait » ce qui est proposé, à savoir un assainissement budgétaire brutal et coordonné, « on va tous finir dans un trou noir ». Le problème de la zone euro est que personne n'est en charge d'une politique de la demande.

L'ancien patron des patrons allemands, Hans-Olaf Henkel, et le Néerlandais Frits Bolkestein, ancien commissaire européen aux Services, plaident, eux, pour la création d'une zone monétaire du nord de l'Europe autour d'un « neuro » à réinventer. Leur voix est marginale mais elle n'est plus ignorée.

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Commentaires
a écrit le 10/12/2011 à 8:29 :
Misère! Misère!
Je connais un autre type qui prédit la fin de l'Euro depuis le début c'es Le Pen... Est-ce que maintenant on va voir en lui un visionnaire? ça ne risque pas! Pas plus que ces gugus dont il est fait mention dans cet article.
Réponse de le 10/12/2011 à 11:03 :
Mat : l'euro ne tient qu'à un fil et il est loin d'être sauvé puisque rien n'a changé
a écrit le 09/12/2011 à 23:23 :
Si on ne veut pas assister à une piteuse dislocation de l'euro, il faut aider/pousser les allemands à créer un nouvel euro (le "neuro").

Le "vieil" euro restera propriété des pays du sud (dont la France).

une Europe : deux euros
a écrit le 09/12/2011 à 20:57 :
Dans un sondage publié aujourd'hui par le quotidien financier suédois DAGENS INDUSTRI l'opinion suéodois en faveur d'une adhésion à l'euro n'a janmais ét´+e aussi bas. En huit ans depuis le reférendum national l'opinion favorable à chuté de 47% à seulement 9,7%. Ils ont tous vu comment les plus grands pays de l'euro n'ont pas respecté les conditions requises par le traité de Maastricht, alors pourquoi faire confiance à ces gouvernement quand ils proclament des nouvelles règles? Ils ne sont pas cons, les suédois.
a écrit le 09/12/2011 à 11:21 :
Christian Saint-Étienne a raison. Si l'Allemagne continue de se montrer égoïste et non solidaire, l'euro mourra dans peu de temps, probablement dans une panique indescriptible. Soit on copie le modèle de la FED, soit on revient aux monnaies nationales. A ne pas vouloir choisir, on va se retrouvrer tous à terre.
a écrit le 09/12/2011 à 9:54 :
L´Euro va ressortir renforcé de toutes ces attaques, et oiseaux de malheur qui essayent de profitter de la situation.
a écrit le 09/12/2011 à 9:41 :
Dans le grand "think tank" on peut proposer un premier cercle avec l' Allemagne en chef de file accompagnée de quelques pays du nord dits vertueux (justice fiscale)pour un euro fort,et un deuxième cercle avec pour chef de file la France(?)avec tous les pays du sud dits dispendieux(corruption) pour un euro faible. Il est fort possible que la consommation et la production s'en trouve justement rééquilibrée.

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