La place financière parisienne vent debout contre l'idée d'une taxe limitée à la France

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Paris Europlace dénonce un projet qui "affaiblirait l'économie française".

Le projet d'instauration d'une taxe sur les transactions financières, inspiré des travaux du prix Nobel d'économie américain James Tobin en 1972 et qui pourrait être présenté au Parlement dès février, fait grand bruit tant auprès de la classe politique qu'au sein de la communauté financière. L'association Paris Europlace, chargée de promouvoir l'attractivité de la place financière parisienne et présidée par Gérard Mestrallet, s'est aussitôt fendue d'un communiqué pour manifester sa vive désapprobation.

L'organisme a fait part de « son opposition à la mise en place d'une taxe sur les transactions financières qui, si elle n'était pas européenne, affaiblirait l'économie française ». Une telle mesure représenterait ainsi « un coût très lourd pour les banques françaises, les sociétés de gestion, comme pour les sociétés d'assurance » et s'ajouterait au « coût déjà élevé des nouvelles régulations financières mises en place (Bâle 3, Solvency 2) ».

Par ailleurs, cette taxe « entrainerait inéluctablement une délocalisation des activités concernées des banques, sociétés d'assurance et sociétés de gestion, au profit des grandes places financières mondiales ».

Déjà, à l'échelle européenne, l'idée d'une taxe « façon » Tobin - l'économiste avait, il y a quarante ans, proposé de prélever les transactions monétaires et non financières au sens large pour enrayer la spéculation -, fait débat depuis sa remise au goût du jour par José Manuel Barroso fin septembre. Le président de la Commission européenne avait soumis un projet de directive dans ce sens, estimant les retombées à environ 50 milliards d'euros par an. Sachant que le taux de prélèvement retenu pourrait atteindre 0,1 % pour les actions et les obligations et 0,01 % pour les autres types de produits financiers échangés à l'intérieur des frontières de l'Union.

Mais comme le souligne Paris Europlace, « une taxe, dont l'assiette serait trop générale présenterait des risques de distorsions importantes » dans la mesure où elle ne toucherait pas seulement les spéculateurs mais aussi « les autres transactions réalisées par les investisseurs privés, les entreprises et les investisseurs institutionnels ».

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