La BCE veut donner au temps au temps

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Ce jeudi, la Banque Centrale Européenne a laissé inchangé à 1% son principal taux directeur, le taux de refinancement. Son président, Mario Draghi, entend examiner scrupuleusement l'évolution du marché du crédit.

Certes, les signaux d'une stabilisation de l'activité économique en zone euro se font plus nombreux. Encore qu'à un niveau très faible. Mais pas question pour Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), de se déclarer confiant à ce stade. « Les perspectives économiques restent sujettes à une forte incertitude et à des risques à la baisse », a-t-il répété ce jeudi lors de la traditionnelle conférence de presse qui suit le Conseil des gouverneurs et après avoir appuyé la faiblesse de l'activité au quatrième trimestre. La faible croissance de la demande mondiale, les tensions persistantes sur les marchés de dette souveraine et leurs impacts potentiels sur l'économie réelle sont autant de freins. Pour l'heure, la

BCE espère une « reprise très progressive » dans le courant de l'année 2012.
Pour autant, la banque centrale n'a pas opté, ce jeudi, pour une nouvelle baisse de son taux de refinancement, fixé depuis décembre au plancher de 1%. De fait, sa décision n'aura pas été une réelle surprise,  la majorité des économistes tablant sur le statu quo. Mais nombre d'entre eux pariaient sur un geste en mars. Feront-ils toujours cette prédiction demain ? Selon Mario Draghi, il n'a même pas été question, lors du conseil des gouverneurs, de modifier les taux. La BCE semble se donner du temps. Et plus particulièrement pour suivre l'évolution du marché du crédit.

Vigilance sur le marché du crédit

Dans son discours d'introduction, « Super Mario » a souligné la décrue des taux de croissance des prêts aux entreprises non financières et aux ménages et le resserrement des conditions de crédit qui a affecté l'offre de crédit dans certains pays de la zone euro fin 2011. Pour la BCE, « il est trop tôt pour en tirer des conclusions solides ».
Les effets de la première opération de prêts à trois ans à un taux de 1%, réalisée le 21 décembre dernier et qui a permis d'injecter 489 milliards d'euros dans le système financier, ne sont pas encore visibles dans les enquêtes sur le marché du crédit. En outre, une deuxième opération à trois ans sera menée le 29 février prochain. Se refusant à l'exercice de la prédiction, Mario Draghi a simplement indiqué que les spécialistes s'attendaient à un succès d'une ampleur comparable.

Faciliter l'accès des banques aux liquidités

Enfin, une autre mesure n'a pas encore porté ses fruits. Le 8 décembre dernier, la BCE avait annoncé sa décision d'élargir ses critères d'éligibilité des actifs acceptés en dépôt de garantie (collatéral) lors de ses opérations de refinancement. Une manière de s'assurer que non seulement les grandes banques, mais aussi les établissements de taille moindre, puissent profiter de cette facilité. « Les petites banques ne viennent pas forcément aux opérations de refinancement de la BCE, mais peuvent obtenir des liquidités lorsque leur marché interbancaire fonctionne. Mais dans certains pays, ce n'est pas le cas », a expliqué Mario Draghi . La BCE a ainsi précisé que des critères nationaux spécifiques pour l'acceptation temporaire de créances privées supplémentaires avaient été approuvés ce jeudi pour sept pays (France, Espagne, Irlande, Italie, Chypre, Autriche et Portugal).

Pour Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC, « une prochaine baisse des taux reste possible, mais sans doute pas dès le mois prochain. Il sera alors, en effet, trop tôt pour juger de l'impact de la deuxième opération de refinancement à trois ans et de l'élargissement du collatéral, censé faciliter l'octroi de crédits des banques aux PME ». L'équipe de RBS maintient sa prévision d'une baisse des taux dès mars. Face à une faible demande de crédits, découragée par des conditions durcies, une baisse des taux pourrait avoir un effet favorable.

Evolution des anticipations

Le sondage réalisé par Reuters à l'issue de la conférence de presse de Mario Draghi témoigne d'une évolution des anticipations. Sur les 57 économistes interrogés jeudi, seuls 14 estiment que la BCE abaissera son taux ce refinancement le mois prochain. La semaine dernière, ils étaient 41 sur 71 à estimer que la banque centrale baisserait ses taux avant la fin du trimestre. Et l'enquête montre que la probabilité d'une baisse des taux d'intérêt d'ici la fin de l'année est très faible aux yeux des économistes.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2012 à 18:51 :
Oui, donc, baratin de la part d'un banquier. Presque quasiment pas étonnant. Sinon, l'argent quasi gratuit est quasiment une bonne nouvelle pour les banques. Elles sont quasiment en presque forme. A quand la mention : "ni fleurs, ni couronnes"...?
a écrit le 09/02/2012 à 18:26 :
Il y a une fuite en avant de la BCE. Il faudra traduire, le moment venu, après un audit de la Cour des comptes européennes, son Président et les membres du Conseil devant la Cour de Justice européenne car ils font de la cavalerie financière, qui est un délit dans tous les Etats membres, en violation des Traités européens.

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