Le chômage s'envole au Portugal sur fond de récession

Avec 14 % au dernier trimestre de 2011, le taux de chômage a atteint un record. Mais le gouvernement entend poursuivre la route tracée par la Troïka. Pour le moment, avec l'appui de la population.

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Après l?annonce d?un chômage record en Grèce vendredi dernier, c?est au tour du Portugal d?afficher ce jeudi ses mauvais chiffres de l?emploi. Le taux de chômage au pays de Camoens a bondi au quatrième trimestre de 2011 à 14 % contre 12,4 % au cours du troisième trimestre. Le chiffre a constitué une très mauvaise surprise pour les économistes, mais aussi pour le gouvernement qui avait tablé dans ses prévisions sur un taux de chômage de 13,7 %. Mais évidemment, l?ampleur de la récession que traverse actuellement le pays, dans le sillage des différents plans d?austérité, devait frapper inéluctablement le marché de l?emploi. Mercredi, on avait appris que le PIB portugais avait reculé de 1,3 % sur le seul dernier trimestre 2011. Il s?agissait de la cinquième baisse trimestrielle consécutive de la richesse nationale et certains économistes, comme ceux de BNP Paribas, annonce déjà une contraction de 4,5 % du PIB après 2,7 % en 2011.

Réforme du marché du travail

Dans ces conditions, le gouvernement de centre-droit de Lisbonne n?a plus d?autre espoir pour relancer le marché du travail que de compter sur un prompt effet de ses réformes de flexibilité adoptées récemment. Ces réformes réduisent notamment assez considérablement les indemnités de licenciement. Mais, comme le souligne Joao Cesar das Neves, économiste à l?Université catholique de Lisbonne interrogé par Reuters, « avec la récession, il est peu probable que le chômage soit réduit uniquement par la réforme du travail ». Mais alors, le chômage continuant à comprimer les revenus et la consommation, le Portugal va peiner à trouver une porte de sortie à la crise, sauf à connaître une vive reprise du côté des exportations, ce qui est difficile dans l?immédiat compte tenu de la difficulté du principal partenaire du pays, l?Espagne.

L'Allemagne satisfaite
Cette mauvaise nouvelle intervient alors que la Troïka, composée des représentants du FMI, de la BCE et de la Commission européenne, est arrivée mercredi dans le pays pour inspecter les efforts réalisés par le pays dans le cadre du prêt de 78 milliards d?euros accordé par le FESF et le FMI. Malgré les difficultés du pays, le ton de l?UE envers Lisbonne reste pour le moment des plus cordiaux, notamment en raison de cette réforme du marché du travail. Le président du Bundestag allemand, Norbert Lammert, a adressé ce week-end un satisfecit au gouvernement portugais pour la « mise en ?uvre des accords, ce qui n?est pas le cas partout ». Il faut dire que, contrairement à la Grèce, et malgré les récentes mobilisations sociales, les Portugais soutiennent plutôt les plans d?austérité gouvernementaux. Un sondage publié ce jeudi par l?Institut européen de la faculté de droit de Lisbonne prétend ainsi que 47 % des Portugais pensent que le programme de la Troïka va pouvoir sortir le pays de la crise, contre seulement 34,7 % qui sont de l?avis contraire. Une grève générale a cependant été convoquée pour le 22 mars prochain. Ce sera alors un test pour mesurer l'accord du pays.
 

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Commentaire 1
à écrit le 17/02/2012 à 12:16
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Recession ou pas, la troicka est en route et on va s'occuper de vous, amis Portuguais. Ein, zwei, drei, tout le monde au pas

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