Le maillon faible de la zone euro : Italie ou Espagne ?

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Mariano Rajoy, Premier ministre espagnol/Copyright Reuters
Mariano Rajoy, Premier ministre espagnol/Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
L'Italie et l'Espagne ont vu leurs taux respectifs se tendre sur le marché obligataire. Signe que le risque de contagion de la crise dans la zone euro plane toujours, surtout sur l'Espagne, qui politiquement et financièrement reste la plus exposée.

A la fin du mois de mars, le Premier ministre italien, Mario Monti, s?était publiquement inquiété de l?état des finances publiques espagnoles. S?il saluait les efforts en matière de réformes structurelles, il pointait le risque réel de dérive du déficit public. "Il ne faudrait pas grand-chose pour provoquer une nouvelle contagion qui nous concernerait", avait alors souligné l?ancien commissaire européen.

Le gouvernement de Mariano Rajoy, il est vrai, après avoir tergiversé, a indiqué qu?il ne pourrait pas atteindre l?objectif de 4,4% de déficit public cette année, en raison de la dérive de celui de 2011, qui, prévu à 6%, a dépassé les 8%. Devant ce pari impossible, Bruxelles a concédé à Madrid pour cette année un objectif de 5,3%, dont les marchés doutent qu?ils puisse être d?ailleurs atteint.

Nécessaire solidarité de la zone euro

Aussi Mariano Rajoy n?a-t-il pas répondu aux propos peu amènes de son homologue italien ? lequel a, par la suite, affirmé qu?il avait été mal compris -, insistant davantage sur la nécessaire solidarité des membres de le la zone euro face à la crise. Pour autant, ces remarques de Rome anticipaient les difficultés qu?a rencontrées la semaine dernière Madrid pour placer quelque 2,6 milliards d?euros de bons du trésor auprès des investisseurs, l?écart entre les taux espagnol et allemand à 10 ans s?établissant à leur plus haut niveau depuis 4 mois. Ce mardi, il en a été de même, les taux espagnols mais aussi italiens, mais aussi français, ont atteint de nouveaux seuils inédits depuis des mois. Le spectre d?une contagion à l?ensemble de la zone euro reste donc plus que jamais d?actualité, et ce pour deux raisons.

Les facilités de prêts accordées par la BCE

La première est la prochaine fin des facilités de prêts à un taux de 1% de 1.000 milliards d?euros - le fameux LTRO (Longer-term refinancing operation) - accordés par la Banque centrale européenne (BCE) aux banques européennes durant le premier trimestre. Ces facilités devaient favoriser les crédits accordés aux entreprises et aux particuliers, c'est-à-dire à l?économie réelle. En réalité, elles ont permis aux banques européennes d'acheter des obligations d'Etat des pays comme l'Espagne ou l'talie et ainsi de réduire les taux payés par ces Etats. Mais la semaine dernière, le président de la BCE, Mario Draghi, a d?ailleurs rappelé que « les deux LTRO sont une fenêtre d?opportunité pour les gouvernements pour engager une consolidation budgétaire et des réformes structurelles », tout en ajoutant que « les gouvernements nationaux doivent assurer pleinement leur responsabilités ». Autrement dit, il s'agissait d'offrir aux Etats un peu de calme pour accélérer la consolidation. Ce moment est sur le point de s'achever.

La deuxième raison est que l?Espagne et l?Italie doivent encore lever beaucoup d'argent pour honorer des engagements au deuxième trimestre. La première doit rembourser 44,3 milliards d?euros et la deuxième doit trouver 87,8 milliards d?euros, selon les calculs de l?agence Bloomberg. En outre, si l?Espagne a déjà levé 44% de ses besoins pour 2012, l?Italie n?en est qu?à 28%.

Le risque politique

Enfin, il y a la perception politique. Si le Premier ministre italien, avec son profil de technocrate, a pu faire l?unanimité sur sa politique de changements et de rigueur, même la délicate réforme du marché du travail est en bonne marche, il n?en est pas de même pour le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. Les tergiversations depuis plusieurs semaines, au motif de remporter les élections en Andalousie, et qui au final lui échappe, ainsi que les annonces intempestives ont fait naître le doute sur la capacité des conservateurs a véritablement redresser la situation. On a a vu l'illustration par la façon dont les marchés financiers ont répondu - en envoyant les taux à dix ans espagnols à 6% ce mardi -  à l?annonce lundi de 10 milliards d?euros de coupes supplémentaires qui viennent s?ajouter aux 27 milliards d?euros déjà prévus. En effet, les secteurs concernés, l?éducation et la santé, sont en large part gérées par les régions, qui restent le point faible de l?Espagne.
 

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Commentaires
a écrit le 12/04/2012 à 6:22 :
La Tribune est-elle au service de la Propagande Allemande?
On peut se poser la question.
a écrit le 11/04/2012 à 16:43 :
L'Espagne et l'Italie ont eu le courage de mettre à leur tête des gouvernements sérieux, responsables et crédibles. Le maillon très faible de l'Europe risque bien d'être la France si un gouvernement de naîfs de gauche se met en place prochainement. Gare à nos économies qui seront considérées comme de l'argent volé bon a financer les aberrations qui sont en perspective !
a écrit le 11/04/2012 à 16:18 :
Si je comprends bien la BCE prête aux Banques privées 1000 milliards d'euros à 1% que ces banques se dépêchent de prêter aux Etats endettés (Grèce, Espagne Italie...) à 4, 5 ou 6%.
Cherchez l'erreur...
a écrit le 11/04/2012 à 13:47 :
L'espagne a été trompée avec la complaisance des son gouvernement socialiste. La page est tellement lourde à tourner qu'il faudra que le pays vende pour le moins sa compagnie pétrolière : c'est ce que nous voulions. On se posera la question de ces "pièges" européens tendus ici et là auxquels la Pologne a su résister ...mais à quel prix !
L'Italie est dans une situation nettement plus favorable. Heureusement.
a écrit le 11/04/2012 à 10:27 :
et dire qu il y en a qui vont voter hollande...... francaise francais, attaché bien votre ceinture, soyer sans crainte, nous allons tout droit......dans le mur.........
a écrit le 11/04/2012 à 9:50 :
Comme déjà dit, tout cela nous ramène à faire bientôt comme la Grêce, c'est-à-dire "restructurer" toutes les dettes européennes. Nous remboursons tous de l'ancienne dette avec de la nouvelle. Il y a comme un souci, je dirais.
a écrit le 11/04/2012 à 8:35 :
La semaine dernière j'ai planté des arbres fruitiers, j'enlève tout ce qui ne se mange pas.
Réponse de le 11/04/2012 à 9:05 :
J'ai herite d'un terrain agricole de mon grand pere, j'y plante des poireaux, tomates, choux, radis, framboises, patates ... Il ne me reste plus qu'a installer une solide cloture et des barbeles car dans quelques mois la pauvrete va ravager la France et mon tresor risque d'etre piller par les ventres vides
Réponse de le 11/04/2012 à 9:24 :
Il faut aussi partager c'est mieux.
Réponse de le 11/04/2012 à 11:31 :
partager, c'est bien. mais en période de pénurie, l'instinct de survie ne vous invite pas à être très partageur.
a écrit le 11/04/2012 à 8:34 :
Il n'y a pas de "MAILLON FAIBLE" ou de "COUPABLES" si l'Europe se vante depuis 10 années avec une monnaie que l'on a adapté en une nuit c'est grace à ces mêmes pays que l'on juge aujourd'hui. Comment Airbus, Bouygues, Télécom, Banques ... on fait pour vendre en Europe ! Comment a t'on pu acheter des appartements bord de mer ! ... C'est simplement le système qui arrive à son terme et il n'aura fallu QUE 10 années et surtout l'EURO pour permettre de faire ça si simplement. Maintenant cela va se détruire tout seul, pas de quoi en faire un fromage et c'était prévisible et évidement il y aura des conséquences.
a écrit le 11/04/2012 à 8:21 :
Les maillons faibles :les pays qui depuis de décénies n'ont présenté que des budgets négatifs :voilà la vérité .Nous sommes pas mal placé ,non !
a écrit le 11/04/2012 à 2:21 :
Les bourses se sont une fois de plus écroulées ce mardi, au prétexte de "mauvais indicateurs outre-Atlantique" ! En fait, la vraie raison est ici : La grande peur de voit la zone euro se planter, définitivement. Attention à la casse ! Tout le monde, à tous les niveaux, des plus grands aux plus petits, des Etats aux individus risquent gros !
a écrit le 10/04/2012 à 19:55 :
Le maillon faible ou plutot les maillons faibles,ce sont les technocrates de bruxelles.Tout ces guignols qui ne representent que les interets des lobbys et le neo liberalisme. La solidaritee,la culture,l'harmonisation fiscale,economique,tout ce qu'on nous a promis a la creation de l'ue,on attend toujours,on s'est bien fait baiser. Bienvenue en U(E)RSS
Réponse de le 10/04/2012 à 21:41 :
Donc, d'après rb, l'URSS était néo-libérale. Quel éclair de génie !
Réponse de le 11/04/2012 à 9:51 :
Non mais le fonctionnement politique europeen qui tient a l'ecart les citoyens,ou on nous vend du reve pour que seulement une minoritee s'enrichissent, ca ressemble a l'URSS. Sur le fonctionnement non democratique mais ca vous l'aviez comprit
a écrit le 10/04/2012 à 19:52 :
et le maillon faible il doit degager, surtout si c'est la france ...
a écrit le 10/04/2012 à 19:51 :
et si c'etait la france, qui ne veut rien faire car elle a une ' exception culturelle', que l'univers est prie de respecter ( c'est a dire ' de financer' )
a écrit le 10/04/2012 à 19:25 :
Et si le maillon faible c'était la France?
a écrit le 10/04/2012 à 19:12 :
Après les élections; lorsque l'on aura fini de nous cacher certaines réalités; on s'apercevra que la France est aussi dans un piteux état. Actuellement nous sommes dans le nuage de la fourberie, du spectacle et de la communication. Cela risque de faire mal !!! Jean-Claude Meslin
Réponse de le 10/04/2012 à 22:21 :
A JCM - Nous avons un budget 2012 qui a été voté avec un déficit de 4.4% pour une croissance de 0.7%. Dans ce cadre, les marchés n'attaquent pas la dette française. Si demain,ce budget n'est pas strictement appliqué, Sarko ou pas Sarko, notre dette sera attaquée. Rien n'est caché la dessus!
Réponse de le 11/04/2012 à 13:22 :
lucifer. Je suis désolé mais je ne crois pas ces chiffres et j'admets que ce n'est pas facile d'avoir les bons (Je ne les ai pas plus que vous)...Jean-Claude Meslin

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