Mariano Rajoy place l'Education et la Santé publique sur la sellette

 |   |  570  mots
Copyright AFP
Copyright AFP
Le Gouvernement espagnol devra convaincre les régions d'appliquer dix milliards dans deux secteurs clé de leur politique sociale.

Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy a annoncé Lundi des économies supplémentaires de 10 milliards d?euros dans la Santé et l?Education. Ces coupes viennent s?ajouter aux réductions de dépenses de 27 milliards d?euros prévues au budget 2012 présenté il y a dix jours. Il s?agit d?aplanir la voie vers un déficit de 3% en 2013, alors qu?il était de 8,51% en 2011 et devra atteindre 5,3% cette année. Le Gouvernement nie que cette décision soit liée au redoublement des pressions des marchés sur l?Espagne. Toutefois, l?annonce intervient alors que la dette espagnole se vend à des taux proches de 6% sur le marché secondaire. Et alors que le spectre d?une intervention européenne gagne en consistance?

Le système de santé très touchée

 

Concrètement, la Santé publique se verra amputer de 7 milliards d?euros et l?Education de 3 milliards. Le ministre du Budget, Cristobal Montoro, compte présenter une réforme du système de Santé au cours de deux prochaines semaines. Parmi les options étudiées par le Gouvernement, figure la participation aux frais de santé en fonction des revenus des patients. Actuellement, l?accès aux soins (mais pas aux médicaments) est gratuit. Certaines prestations pourraient disparaître de la liste de services minimum offerts dans le public. Dans l?Education, les heures de cours des professeurs pourraient augmenter? Ces changements, notamment dans la Santé, seront concertés avec les régions, car ce sont elles qui détiennent les compétences de la Santé et de l?Education.

Convaincre ou contraindre les Communautés autonomes

 

Or c?est là que le bât blesse. Certes, Rajoy dispose du soutien de la majorité des gouvernements régionaux, contrôlés par son Parti Populaire (PP). Mais certaines régions puissantes comme la Catalogne et l?Andalousie ont d?ores et déjà exprimé leurs réticences quant à la réduction des dépenses annoncée. Or les régions gèrent librement leur budget. Face à elles, le Gouvernement dispose d?une arme inédite. La loi de Stabilité Budgétaire qui entera en vigueur en mai obligera les régions à observer une stricte rigueur sous peine de sanctions, voire d?intervention de l?Etat dans leurs comptes. « Libres à elles de ne pas faire d?économies en Education et dans la Santé. Mais la loi impose la stabilité budgétaire. Il faudra donc bien qu?elles fassent des coupes quelque part », explique un porte-parole du Ministère du budget. Or, l?Education et la Santé pèsent pour 80% dans le budget régionaux? Difficile donc d?éluder les baisses de dépenses dans ces postes, alors que l?objectif de déficit régional est de 1,5% du PIB en 2012.

Mesures déjà prises dans les régions

 

De fait, sommées de retrouver l?équilibre, les régions n?ont pas attendu le Gouvernement pour réduire leurs dépenses en matière de Santé et d?Education. En Catalogne, pionnière en matière de coupes franches dans le système de santé, le paiement d?un euro par ordonnance médicale a été imposé aux patients. En Education, les professeurs de certaines régions, comme Madrid, doivent déjà travailler plus d?heures qu?auparavant? Le plan annoncé devrait conduire à la généralisation dans toute l?Espagne de ce genre de mesures.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/08/2012 à 16:55 :
L'Espagne vit au- dessus de ses moyens depuis des decennies.C'est normal car la crise est la et ca saigne maintenant,la rigueur a ete decide par leur gouvernement il faut assumer.Recette aussi valable pour la France .
a écrit le 10/04/2012 à 21:13 :
Quel visionnaire!
Bravo pour la stratégie du choc et de l'effroi.
a écrit le 10/04/2012 à 19:54 :
j'ai plus simple, il suffit de dire ' on ne vous finance plus vos deficits, demerdez vous', et la ca rentre tout seul dans l'ordre .......
Réponse de le 11/04/2012 à 6:10 :
encore plus simple:diminuer le nombre d'espagnols qui pèsent sur les comptes publics en favorisant leur immigration.après tout ,c'est bien les chiffres qui sont le plus important,non?
Réponse de le 23/04/2012 à 18:47 :
Encore plus fort, on raye l'Espagne de l'Europe.
Réponse de le 23/04/2012 à 18:47 :
Encore plus fort, on raye l'Espagne de l'Europe.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :