Pas de nouvelle baisse des taux de la BCE avant l'été

 |   |  946  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les économistes sont divisés sur l'évolution de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Selon une enquête Reuters, une courte majorité d'entre eux mise sur une baisse des taux d'un quart de point au premier semestre, mais à en croire le consensus, cet hypothétique assouplissement serait tout sauf imminent.

De l'avis d'une large majorité d'économistes sondés par Reuters, la Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir ses taux d'intérêt inchangés cette semaine. La perspective d'une nouvelle baisse des taux dans les six prochains mois n'est toutefois pas totalement exclue. Une (très) courte majorité d'économistes dit s'attendre à une baisse de 25 points de base d'ici fin juin. Ce nouvel assouplissement de la politique monétaire ne serait cependant pas décidé dans les tous premiers mois de l'année, à en croire ces analystes. A un horizon de trois mois, une majorité des sondés - 38 des 73 personnes interrogées - table sur un statu quo.

Les économistes divisés sur les prochaines décisions de la BCE

Les analystes sont divisés. D'un côté, certains estiment que les risques d'une nouvelle aggravation de la récession en zone euro - la BCE prévoit désormais une contraction du PIB de la zone euro de 0,3 % en 2013 - justifieraient une nouvelle baisse des taux, même si ceux-ci sont déjà très bas. Nombre d'économistes objectent cependant qu'une telle mesure aurait des effets extrêmement limités compte tenu des niveaux déjà atteints. Le principal taux directeur de la BCE (le "refi") campe à 0,75 % depuis juillet et le taux de dépôt est à 0 %. De plus, à ce jour Mario Draghi n'a donné aucune indication permettant de penser que la BCE se dirige vers une telle décision. Pour les économistes d'Aurel bgc, "Aucune annonce particulière n'est attendue cette semaine. Si les anticipations d'une détente des taux directeurs au premier trimestre 2013 sont fortes, ce mouvement est loin d'être acquis et Mario Draghi pourrait doucher les espoirs des investisseurs cette semaine. La conférence de presse sera importante pour affiner le calendrier d'une prochaine baisse des taux directeurs." Selon eux, "la banque centrale dispose sans doute de marge pour réduire le taux de ses opérations principales de refinancement et le taux des prêts marginaux, mais les conditions pour " brûler ses dernières cartouches " ne sont pas réunies : il faudra notamment de surveiller la réaction des taux de marché au remboursement anticipé d'une partie des fonds empruntés par les banques européennes pour trois ans à la fin de l'année dernière".

Attentisme de la BCE

En décembre, Mario Draghi avait reconnu qu'une baisse des taux avait été discutée. "Pour finir, le consensus a conduit à laisser les taux inchangés", avait-il déclaré lors de sa conférence de presse. "Depuis la dernière réunion, les indicateurs économiques se sont légèrement améliorés et la situation s'est améliorée sur les marchés financiers, ce qui devrait convaincre la BCE de rester attentiste", estime Marco Valli, économiste en chef pour la zone euro chez UniCredit. De fait, sur les marchés financiers, les rendements des emprunts souverains espagnols et italiens ont continué à se détendre et les CDS des banques des pays périphériques se replient. Autres facteurs de nature à rassurer la BCE : les dépôts bancaires repartent à la hausse et les banques ont moins de difficulté à se refinancer.

La BCE pourrait vouloir attendre d'être rassurée sur la situation de liquidité des banques

Les économistes du Crédit Agricole misent sur une baisse d'un quart de point du taux de refinancement à 0,50 % en mars, mais pour eux, le Conseil des Gouverneurs a plusieurs raisons d'attendre avant d'agir. "Les membres les plus hawkish ["faucons", durs, ndlr] de la BCE pourraient considérer qu'un assouplissement supplémentaire se justifie davantage une fois que la transmission de la politique monétaire commencera à s'améliorer de manière plus nette, une meilleure transmission permettant d'optimiser les bénéfices de la baisse du Refi, ce qui nécessitera notamment davantage de flux de capitaux vers la périphérie", expliquent-ils dans une note. De plus, la BCE pourrait vouloir attendre d'être rassurée sur la situation de liquidité des banques. " La première fenêtre de remboursement de la LTRO [opération de refinancement à long terme, ndlr] à trois ans sera ouverte fin janvier et donnera une première indication sur la situation de liquidité sous-jacente des banques. Il est possible que cet argument soit un prétexte invoqué par la BCE pour gagner du temps", estiment les économiqtes du Crédit Agricole. 

Des perspectives économiques incertaines

"Le Conseil [des gouverneurs de la BCE] est divisé, les perspectives sont incertaines", résume Alan Clarke, économiste chez Scotiabank, cité par Reuters. Pour lui, la BCE ne réagira que si la situation se dégrade de manière spectaculaire. L'économie de la zone euro s'est contractée au cours des trois premiers trimestres de 2012, avec un produit intérieur brut (PIB) en recul de 0,6 % sur un an en juillet-septembre. L'estimation flash du quatrième trimestre est attendue le 14 février.

Première fenêtre de remboursement des opérations de refinancement à long terme fin janvier

Selon une autre enquête Reuters publiée lundi, les traders s'attendent à ce que les banques remboursent à la BCE jusqu'à 100 milliards d'euros de crédits à trois ans dès qu'elles en auront l'opportunité, le 30 janvier. Pour mémoire, la BCE a lancé deux grandes opérations de prêts à trois ans aux banques, en décembre 2011 et février 2012, pour un montant total supérieur à mille milliards d'euros. Les banques ont jusqu'à décembre 2014 et février 2015 pour rembourser ces crédits, mais elles pourront commencer à le faire dès le 30 janvier et les traders estiment qu'elles saisiront cette occasion en mettant à profit les liquidités importantes dont elles disposent.
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/02/2013 à 6:12 :
Tant que le BCE sera obligée de passer par les banques pour prêter de l'argent aux entreprises une nouvelle baisse des taux ne servirait à rien, cette baisse n'étant pas répercutée à ceux qui auraient besoin de ces crédits, mais à ceux qui n'en ont pas besoin (entreprises allemandes en l?occurrence).
Et comme par hasard, c'est précisément l'Allemagne qui s'oppose à ce que la BCE prête directement aux entreprises ou aux États de l'Union Monétaire.
a écrit le 31/01/2013 à 12:56 :
La BCE prête (notre argent) aux banques à ...0,75% et cet argent sert à jouer en spéculant sur les marchés, presque rien ne va plus à l'économie réelle . Mais surtout ces banques reprêtent aux états en faisant une culbute invraisemblable ,à 2% ,% voire plus. Il s'agit de la plus grosse martingale jamains inventée dans l'histoire de la finance ,dénoncée dès le début par Maurice allais prix Nobel d'économie qui parlait d'hold up du siècle ! Cela assèche le crédit et bloque l'économie réelle ,la seule qui existe vraiment . L'hyper inflation va bientôt se déclencher (au Japon en premier?) et personne ne pourra l'arrêter : arrêtons ce délire néolibéral qui n'a rien à voir avec le libéralisme, c'est du pillage pur et simple (de 12 000 à 60 000 milliards volés dorment dans les "paradis fiscaux!) Ecoutez Delamarche sur ..BFM
a écrit le 08/01/2013 à 7:20 :
Mieux qu'une baisse des taux serait d'autoriser les pays déficitaires de l'Union Monétaire a introduire une TVA différentielle, élevé pour les produits importés (25%) et réduite pour les produits locaux (15%), ceci devrait non seulement freiner les importations en provenance de pays excédentaires comme la Chine, l'Allemagne et autres mais aussi encourager les entreprises à investir dans les pays déficitaires afin de pouvoir continuer à vendre leurs produits avec une TVA à taux réduit. Cette TVA différentielle ne serait autorisée que tant qu'il y a déficit de la balance commerciale. Il n'y a aucune raison pour que la voiture de luxe du directeur de banque madrilène soit construite en Allemagne par des Allemands et non pas en Espagne par des Espagnols. Grâce à cette règle de la TVA différentielle et les investissement qui en suivraient le chômage (plus de 50%) et l'exode des jeunes qu'il cause devraient être rapidement réduits dans les pays en crise actuellement.
Inconvénient : l'Allemagne ne pourrait plus se permettre de jeter l'argent par les fenêtres pour des projets tel que le BER Berlin-Brandenburg ou Stuttgart 21. (pour les connaisseurs de la grande Allemagne) qui a souvent eu dans le passé les yeux plus gros que le ventre.
a écrit le 07/01/2013 à 19:28 :
Une nouvelle baisse des taux de la BCE ne servirait plus à grand chose, vu qu'elle n'est pas répercute par les banques aux entreprises qui en auraient besoin.
Elle sert uniquement aux banques à se gaver. Essayez d'obtenir un crédit en Italie et estimez vous heureux si vous l'obtenez, un taux de 5% à 6% est à considérer comme une faveur, la différence (6% - 0,75%) va à la banque. - - Maintenant si la BCE octroyait les crédits directement aux entreprises, à taux égal avec les taux que payent les banques, cela pourrait vraiment aider les entreprises et ainsi faire baisser le chômage !
Parce-que la différence d?intérêts que vont payer une entreprise allemande et une entreprise italienne sur le même prêt n'a aucune raison d'être et ne favorise que celui qui n'a pas besoin d'être aidé.
Réponse de le 08/01/2013 à 3:52 :
Oui, très bien dit
Réponse de le 08/01/2013 à 11:33 :
Les banques créent des crises, sont aidés pendant la crises et gagnent ensuite de la crise...
Les contribuables sont des des bien farcies...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :